L'Oise Agricole 27 juin 2019 à 09h00 | Par Dorian Alinaghi

BVD, tuberculose, prophylaxie... le GDS sur tous les fronts

Le 19 juin, le GDS de l'Oise a organisé son assemblée générale. Près d'une quarantaine d'éleveurs ont assisté au rendez-vous pour faire le point sur l'actualité sanitaire.

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Quarante éleveurs sont venus assister à cette assemblée générale.
Quarante éleveurs sont venus assister à cette assemblée générale. - © Dorian Alinaghi

David Demarcy, président du GDS de l’Oise, a voulu rassurer ses adhérents, notamment sur le point de la BVD qui occupe les esprits depuis quelques années. «L’arrété ministériel est imminent pour l’éradication de la BVD.»

De quoi il s’agit ? Au fur et à mesure des naissances, il s’agira de définir un statut à l’animal : non IPI ou IPI. Du statut de l’animal découlera un statut de cheptel : non infecté ou infecté. Les règles de prophylaxie seront donc différentes selon le statut du troupeau.

Dans un élevage non infecté, l’éleveur devra dépister uniquement ses veaux au fur et à mesure des naissances. Dans un élevage infecté, il faudra en plus dépister rapidement le reste du troupeau, afin de définir un statut à chaque bovin. Tous les mouvements d’animaux devront également faire l’objet d’une recherche BVD. Les bovins reconnus IPI, donc malades et contagieux, devront être éliminés sous 15 jours (abattoir ou euthanasie). Cette prophylaxie se déroulera en 3 étapes : phase active d’éradication s’appuyant sur le dépistage des veaux à la naissance (durée environ 4 ans), phase de début de surveillance à l’aide de recherches d’anticorps sur une partie du troupeau, puis une phase de surveillance en vue du maintien du statut d’une zone.

Les mesures prévues visent à faire chuter rapidement le nombre de bovins IPI, qualifier l’intégralité des bovins avec la garantie «bovin non IPI» et éviter les contaminations entre élevages. Le président du GDS reste tout de même méfiant car les règles ne sont pas les mêmes pour tout le monde.

«Si les grandes lignes de ce texte sont validées, il reste tout de mêm des points à trancher. En effet, tout le département de l’Oise n’est pas au même stade et n’utilise pas les mêmes outils. De plus, ce texte doit être compatible avec la loi de santé animale européenne en passe d’être promulguée, ce qui compliquera les choses. Nous attendons tous ces textes avec impatience car cela va nous permettre d’être plus clairs et d’avoir les mêmes règles sans ambiguité. Le front commun des GDS du Nord et du Grand-Est a fortement joué dans ces décisions. Dans notre région, c’est presque 50 % des éleveurs qui se sont engagés dans le protocole de contrôle des veaux à la naissance.» explique le président.

La prévention donne de bons résultats

Au niveau de l’Oise, en cette fin de printemps, 70 % des éleveurs du département pratiquent le dépistage auriculaire et ces élevages représentent près de 90 % du potentiel annuel des naissances. Ce fort engagement se traduit notamment par la baisse déjà perceptible du nombre de veaux IPI détectés, qui s’établit autour de 0,6 %.

Autre chiffre à souligner, aujourd’hui, environ 50 % des bovins sont reconnus non IPI. «On peut donc dire que l’assainissent du département est en marche. Il reste bien sur quelques récalcitrants. Il sera difficile de les convaincre sans base réglementée. Nous n’avons pas hésité à casser la tirelire ! Ainsi, entre 2017 et 2018, avec le fonds de mutualisation des GDS, nous avons soutenu le programme de dépistage des veaux à hauteur de 70.000 euros. Je précise que la participation de 2018 sera déduite de la cotisation de 2019.» souligne-t’il.

Le GDS a repris le contrat postal de retour du prélèvement des laboratoires, ce qui fera 70 centimes en moins pour les échantillons. À cela se retranche une baisse du taux de l’analyse consenti par le laboratoire départemental de la Somme, soit 35 centimes, et encore quelques centimes en moins sur le matériel. C’est au total 1 euro et 10 centimes en moins par veau dépisté.

«De plus, depuis plusieurs années, une autre mission nous demande un fort investissement de notre part, il s’agit de la gestion de la prophylaxie. Cette tache nécessite une mobilisation permanente sur la période qui court sur tout le premier semestre. Ainsi, la collaboration historique avec le GDS de la Somme a permis d’envisager une mise en commun de moyens centralises à Amiens. Depuis l’automne dernier, les prophylaxies des deux départements sont gérées conjointement.

Concernant la tuberculose les résultats sont très satisfaisants, seuls certains élevages restent encore sous contrôle. Même si nous sommes épargnés pour le moment, il s’agit d’un sujet majeur. L’actualité sanitaire est dominée par la menace de la peste porcine africaine à la frontière belge. Une véritable épée de Damoclès qui pourrait mettre fin à la filière porcine. Nous sommes sûrement à l’ère d’une nouvelle crise sanitaire grave qui nous rappelle que dans notre métier, rien n’est jamais acquis. Ce risque peut être transposable aux ruminants et place la bio-sécurité au centre des bémols. De plus, nous faisons également attention au retour du virus catarrhal (sérotype 8). Son pouvoir pathogène a évolué et se traduit par des avortements et des mortalités à la naissance. Nous sommes également confrontés au virus Schmallenberg. Ce dernier, transmis par des moucherons, est à l’origine des malformations chez les agneaux et veaux nouveaux nés.» affirme David Demarcy.

Les vétérinaires en voies d’extinction ?

Les éleveurs se comptent par milliers dans l’Oise. Le désert médical ne concerne pas que les médecins généralistes dans le département mais aussi les vétérinaires. 4 cabinets s’occupent de plus de 80 % des éleveurs de l’Oise selon la Direction départementale de la protection des populations (qui regroupe les services vétérinaires)… Les vétos fuient la région ou se concentrent sur les soins aux animaux de compagnies, une activité plus tranquille et lucrative. Durant hiver, la clinique Héliovet à Crévecœur-le-Grand a abandonné plus d’une cinquantaine d’éleveurs, estimant ne plus être en capacité d’effectuer les actes de prophylaxie obligatoires pour la qualification des cheptels. Ce cabinet n’était pas parvenu à recruter des spécialistes de l’élevage. Beaucoup d’éleveurs n’ont aucune solution. Une vingtaine d’autres n’ont toujours pas signalé de changement de vétérinaire. Cinq n’ont pas effectué leur campagne de prophylaxie bovine pour laquelle un délai supplémentaire avait été accordé jusqu’au 27 juin.

L’une des solutions, à laquelle le GDS de l’Oise a déjà réfléchi, est l’accentuation des formations des éleveurs. Mais la réglementation leur interdit par exemple d’effectuer une césarienne.

 

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