L'Oise Agricole 21 mai 2020 à 10h00 | Par D.

Canny-sur-Matz devient la petite Italie

Marie Delignières, agricultrice à Canny-sur-Martz, s’est lancée dans la confection de pâtes fraîches avec ses propres blés. Une aventure qui sent bon l’Italie.

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Marie Delignières et sa famille vous attendent à la Ferme de Canny pour vous faire goûter un produit pas comme les autres.
Marie Delignières et sa famille vous attendent à la Ferme de Canny pour vous faire goûter un produit pas comme les autres. - © D.

Coquillettes, rigatonis, fusillis, gemellis, radiatori, et gnocchetti à la tomate, au sarrasin… Marie Delignières va vous faire goûter les spécialités de la petite bottine à la ferme de Canny-sur-Matz dans l’Oise. C’est l’histoire d’une graine qui va s’engager dans une jolie aventure ! Cette graine à 39 ans et elle est agricultrice. Cette jeune femme est de bonne pâte car elle a décidé de reprendre une activité professionnelle pas comme les autres et de redonner un plus à l’exploitation céréalière de son mari Olivier Delignières. «J’ai attendu que mes enfants soient tous à l’école, de là j’avais l’ambition d’avoir une activité agricole» explique cette mère de quatre enfants.

Elle même fille d’agriculteur, Marie Delignières a toujours voulu créer un produit de A à Z. «J’ai pensé à l’élevage avec la confection de produits laitiers mais nous sommes une exploitation céréalière, il fallait que je trouve une diversification avec les céréales. Qui plus est, nous sommes des gourmands dans la famille» s’amuse-t-elle. Dès lors, l’idée des pâtes est venue. Après avoir passé sa formation de meunière et de fabricante de pâtes, elle s’est acquis une parcelle de 10 hectares non loin de l’exploitation familiale.

«Dès que j’ai eu ma parcelle en juillet 2019, tout s’est enchainés assez vite. J’ai reçu mes machines en octobre et je me suis lancée.» souligne-t-elle. La marque Joli Grain est alors en course. Dans sa parcelle, elle cultive du blé dur, une céréale propice pour la confection des pâtes. «C’est une culture que l’on trouve très peu dans notre coin. Et c’est assez surprenant, j’ai eu une très bonne récolte avec un bon taux de protéines.» dit-elle. En effet, pour avoir de succulentes pâtes fraîches, il faut que le taux de protéines oscille autour de 14 pour qu’il puisse tenir la cuisson. «Contrairement aux industriels, on n’ajoute pas de gluten. Nos pâtes sont plus rassasiantes et faciles à digérer. Tout est naturel. On mise sur le bio, nos terres sont en conversion, et sur le local. Nos emballages seront également 100 % recyclables» affirme-t-elle. Mais la confection n’est pas une chose aisée. Fin janvier, Marie Delignières a ouvert sa boutique dans l’ancienne étable de la ferme familiale qu’elle s’est réappropriée. «Cela m’a pris du temps et des tests pour pouvoir trouver la bonne recette. Dorénavant, je produis 12 kilos de farine à l’heure. À chaque fabrication, 200 kg de pâtes sortent de la machine. J’ai déjà produit 1,5 t de mes différentes variétés de pâtes. Normalement en début de semaine, je trie les grains, les moud pour en faire de la farine et fabrique les pâtes. Le jeudi et le vendredi sont consacrés pour la préparation des commandes et la livraison. Je livre dans un rayon de 30 kilomètres, on est vraiment dans le principe du circuit court.» Et cela ravit les consommateurs, les retours sont très positifs. Marie Delignières pense même que le moulin tournera 24 heures sur 24.

Ses pâtes à la farine fermière sont disponibles dans plusieurs points de vente, dont celui de sa ferme, la Ferme de la petite Solle à Mortemer, en vrac au Petit primeur de Clermont «Les pâtes «déclassées», qui n’ont pas le calibre qu’il faut, nous les donnons aux épiceries sociales du secteur.» ajoute-t-elle.

Même si le début de l’aventure vient de commencer, Marie Delignières déborde d’idées à moyen et long termes. «quand on commence, on veut que l’affaire tourne donc on a plein d’objectifs en tête, les idées ne manquent pas» rit-elle. «L’objectif est d’enrichir mes produits avec de nouvelles pâtes et de nouvelles recettes. Trouver de nouveaux revendeurs pour écouler mes produits. À la moisson, je vais également récolter des petits épeautres, du seigle et des lentilles, cela va me permettre d’expérimenter sur la création de nouvelles pâtes et de nouvelles farines.» poursuit-elle. Depuis la crise de 2016, les agriculteurs ont cherché à trouver des marchés de niche pour se diversifier afin de se sentir à l’aise dans son système pour apporter de la valeur ajoutée dans l’exploitation. Pour Marie, les pâtes fraîches lui ont permis sur une petite surface de créer un emploi et donc un salaire. «Je suis vraiment très épanouie et si cela marche, il y aura de la création d’emplois. Il faut vivre avec nos campagnes, les personnes veulent de la proximité et connaître les origines des produits. On a de très bons retours donc c’est très valorisant et nous devons continuer sur cette voie là.» conclut-elle en souriant.

Informations

  • Joli Grain, Ferme de Canny, magasin ouvert tous les samedis de 9 h à 12 h.
  • Tarif : 2,60 € (sachet de 350 g) et 3,50 € (500 g).

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