L'Oise Agricole 18 juin 2020 à 14h00 | Par AJ

Ces entreprises qui veulent une relance par la compétitivité

Bien qu’ayant maintenu tout ou partie de leurs activités pendant le confinement, les coopératives sortent affaiblies de l’épidémie de Covid-19. Leurs résultats pourraient être divisés de moitié. Pour redresser la barre, la Coopération agricole propose un plan de relance basé sur la compétitivité.

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La coopération agricole, qui estime avoir souffert pendant la crise du Covid-19, demande elle aussi un plan de relance.
La coopération agricole, qui estime avoir souffert pendant la crise du Covid-19, demande elle aussi un plan de relance. - © Pixabay

«La chaîne alimentaire a tenu bon, mais les coopératives ont souffert pendant cette crise», a résumé Dominique Chargé, président de la Coopération agricole, le 4 juin. D’après un sondage réalisé auprès de 318 coopératives, sur les mois de mars, avril et mai, les coopératives ont subi une perte moyenne de chiffre d’affaires (CA) de 28 %, du fait de l’épidémie de Covid-19. Parmi les coopératives interrogées, 62 % chiffrent leurs pertes à plus de 20 %, 27 % à plus de 50 % et 5% des coopératives estiment leurs pertes supérieures à 80 %. Les disparités sont importantes selon les filières. En effet, la grande majorité des coopératives ayant subi une baisse une perte de CA de plus de moitié opèrent dans les filières viticoles.

Surcoût et conséquences

Autre enseignement de ce sondage : les surcoûts liés à la mise en place des dispositions sanitaires sont estimés à 0,7 % du CA des coopératives. Ils sont principalement dus aux équipements de protection individuelle (masques, gel hydroalcoolique, protection en plexiglas...), aux coûts de stockage supplémentaires des produits en raison de la baisse des débouchés en RHD et à l’export et aux dépenses de prestations de maintenance et de nettoyage. «Plus l’entreprise est petite en taille, plus le poids relatif aux surcoûts est important», continue le président de la Coopération agricole. Pour les très petites entreprises, les surcoûts montent à 2 % du CA. In fine, les résultats d’exploitation des coopératives pourraient être réduits de moitié et leur capacité d’investissement obérée. «Pour les très petites entreprises, il y a un risque d’annulation des bénéfices», déplore-t-il. Cette «crise économique» ne sera pas sans conséquence sur «les marchés des matières premières, l’activité agricole et la rémunération» des producteurs, alerte Dominique Chargé. Des ajustements d’effectifs, avec un moindre recours à l’intérim et aux contrats courts, sont aussi à prévoir.

Relancer la compétitivité

Pour faire face, la Coopération agricole demande un «plan de relance pour s’inscrire dans la durée avec des objectifs de restauration de souveraineté alimentaire et de réponse aux attentes sociétales». «Le but, dans la dynamique de sortie de crise, est de permettre aux activités des coopératives agricoles et agroalimentaires de pouvoir traverser cette crise, d’être soutenues et de pouvoir être accompagnées», explique Dominique Chargé. Les coopératives proposent au ministre de l’Agriculture une trentaine de «mesures d’avenir» réparties en quatre axes : renforcer un modèle agroalimentaire compétitif sur tous les marchés pour restaurer la souveraineté alimentaire française et européenne ; utiliser les atouts du modèle coopératif pour renforcer la structuration des filières et accélérer la transition agroécologique du champ à l’assiette dans les territoires ; financer la décarbonation et les transitions agroécologiques du producteur au consommateur ; promouvoir le «produire en France» pour une alimentation saine et durable accessible à l’ensemble des consommateurs européens.

Partout, le maître-mot y est la compétitivité. «La compétitivité de nos filières est inséparable de la transition agroécologique, a martelé Dominique Chargé. La décarbonisation doit être soutenue pour ne pas affecter la compétitivité des filières alimentaires.» Il demande également une harmonisation des «règles du jeu» au niveau européen ou, à défaut, «si les distorsions persistent, qu’elles soient compensées pour ne pas créer des distorsions de compétitivité».

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