L'Oise Agricole 12 mars 2020 à 09h00 | Par MR, JCD, IL, AFP

Coronavirus: la filière alimentaire française veut rassurer

A l'image du p.-d.g de Système U, la filière alimentaire française a souhaité rassurer cette semaine contre le risque de pénurie. Elle demande toutefois des gages au gouvernement, notamment concernant les masques et la coordination des mesures sur le territoire.

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Si les marchés ont pu reprendre dans l'Oise, limitant les pertes pour les producteurs en vente directe, c'est l'ensemble du secteur agricole qui reste attentif aux événements. Déjà, les conséquences de cette crise sanitaire se font sentir sur le cours des céréales et font frémir le marché de la viande bovine.
Si les marchés ont pu reprendre dans l'Oise, limitant les pertes pour les producteurs en vente directe, c'est l'ensemble du secteur agricole qui reste attentif aux événements. Déjà, les conséquences de cette crise sanitaire se font sentir sur le cours des céréales et font frémir le marché de la viande bovine. - © Dominique Lapeyre-Cave

«Il n'y aura pas de pénurie dans les prochains jours», ni de manque de produits alimentaires dans les magasins en France en raison de l'épidémie de coronavirus, a affirmé Dominique Schelcher, p.-d.g de Système U, le 10 mars sur RTL. Pâtes, riz, mouchoirs, sauces, conserves de légumes: on peut voir quelques rayons vides à certains moments mais ce n'est pas parce que les produits manquent, c'est parce que les gens ont sur-stocké, donc le temps qu'on remplisse les rayons, il peut y avoir quelques rayons vides», a-t-il déclaré.

«Mais la chaîne entre nos fournisseurs, nos entrepôts et nos magasins fonctionne normalement, (...) Nous, commerçants, on redit qu'il n'y aura pas de problème de pénurie», a-t-il affirmé. Il évoque également un communiqué commun des distributeurs, producteurs et industriels pour «rassurer et dire qu'il n'y a pas de problème».

Des masques et de la coordination

Les principaux représentants des filières alimentaires étaient réunis le 10 mars par les ministères de l'Agriculture et de l'Economie. Dans un communiqué par le lendemain, l'Ania (agroalimentaire), la Coopération Agricole, la FNSEA, la FCD (distributeurs) et les autres distributeurs indépendants assurent qu'ils se «mobilisent pour continuer à fournir aux Français les produits alimentaires nécessaires». Et ils saluent «la décision du gouvernement de reconnaître le secteur comme prioritaire».

Mais selon un communiqué du gouvernement paru à l'issue de la réunion, les entreprises ont aussi «signalé attendre de l'Etat et de l'Union Européenne les mesures indispensables à une bonne fluidité des transports routiers». Et pas seulement. Dans leur communiqué commun, les professionnels font deux demandes au gouvernement: des masques «nécessaires pour poursuivre l'activité dans les entreprises» ; ainsi qu'une «coordination nationale et des informations en temps réel».

+5,6 % de ventes en GMS

Dans leur communiqué, les deux ministères rappellent aussi que les entreprises «se préparent à une augmentation durable des achats de denrées alimentaires, dans la mesure où la restauration hors domicile est en ce moment plus faible (écoles et cantines fermées, restaurants moins fréquentés).»

En effet, l'institut Nielsen a indiqué le 11 mars une «poursuite du stockage de produits d'épicerie, surgelés, hygiène», dont les ventes s'envolent début mars en GMS avec l'épidémie de coronavirus. Sur la semaine du 2 au 8 mars, les ventes (en valeur) de produits de grande consommation dans les hypers et supermarchés affichent +5,6 % en glissement annuel, selon un communiqué.

«Parmi les rayons en hausse: les produits d'épicerie (pâtes, riz, conserves...), les surgelés, les produits d'hygiène..., entraînant de fréquentes ruptures en rayon, notamment le samedi 7 mars et particulièrement en région parisienne», précise-t-on chez Nielsen. L'institut mesure des ventes à +21,1% en épicerie, +14,1% en aliments pour animaux, +9,4% en surgelés, +6,7% en alimentation infantile.

 

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