L'Oise Agricole 04 juillet 2020 à 14h00 | Par JCD

Cristal Union déficitaire mais «optimiste»

Le groupe sucrier Cristal Union a affiché le 23 juin un déficit en 2019- 2020, principalement lié à sa réorganisation industrielle qui l’incite à demeurer optimiste.

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- © gutner archive

Sur l’exercice clos au 31 janvier, le résultat net atteint - 89 ME (contre - 99 ME un an plus tôt) avec cette restructuration (transferts d’activité, fermetures d’usine) pesant - 61 ME et dont «l’intégralité du coût est provisionnée». «Ce qui nous donne de l’optimisme», a déclaré en conférence de presse le président du conseil d’administration Olivier de Bohan, c’est que l’effort pour «renforcer notre outil industriel [...] commence à se ressentir». Cristal Union subit, comme l’ensemble du secteur, des prix du sucre dégradés sur les neuf premiers mois de l’exercice 2019-2020. Mais le groupe perçoit une «sortie du marasme», les cours ayant grimpé de 60 E/t (+ 20 %) sur le marché européen.

Des gains de surfaces en 2020

Le chiffre d’affaires, de près de 1,6 MdE (- 6 %), pâtit du recul des emblavements de betteraves l’an dernier, à 165 000 ha (contre 180 000 ha), partiellement compensé par une amélioration des rendements à 13 tonnes de sucre/hectare (contre 12,3 t ha). Pour la récolte à venir, une «légère augmentation» des surfaces intervient (à périmètre d’activité comparable), en partie liée au transfert de planteurs de Saint Louis Sucre vers la sucrerie de Sainte-Émilie (Somme), selon le directeur général Alain Commissaire.

L’Ebitda s’établit à 63 ME (contre 10 ME), dont 45 ME sur le quatrième trimestre traduisant une remontée des cours européens du sucre. Cette amélioration de la rentabilité opérationnelle va se poursuivre, assure le secrétaire général en charge des finances Jean-François Javoy, qui table sur un exercice 2020-2021 plus flatteur : «Nous aurons la totalité du rebond des marchés et un outil industriel remis dans la norme des coûts de production et de la compétitivité européenne.» Quant à la crise Covid-19, elle a un faible impact sur le groupe, d’après lui. Si un effondrement des cours du sucre intervient sur le plan mondial, leur niveau se maintient en Europe. Cristal Union montre «une exposition limitée au grand export», qui pèse 13 % du chiffre d’affaires. Avec le confinement, ses ventes de sucre en grande distribution affichent une hausse d’environ 50 %. L’activité de bioéthanol a, de plus, été réorientée vers la production d’alcool pharmaceutique. Une illustration, aux yeux du DG adjoint Xavier Astolfi, de la «flexibilité» de l’outil industriel.

Cap sur la décarbonation

Cristal Union souligne sa santé financière, qu’illustre un faible ratio d’endettement à 0,37 avec une dette nette de 409 ME (contre 490 ME). Cela lui permet de poursuivre une «stratégique industrielle offensive», marquée par 65 ME d’investissements en 2019-2020. Après la restructuration de l’outil, symbolisée par la fermeture des sucreries de Toury (Eure-et-Loir) et de Bourdon (Puy-de-Dôme), Cristal Union se consacre à la décarbonation. Il s’agit notamment de développer la méthanisation à partir des coproduits de la betterave pour produire du biogaz, des intrants organiques. Toutes les usines sont concernées, en particulier celles d’Arcis-sur-Aube, Sainte-Émilie et même Toury, en voie de démontage. Deux sont déjà équipées pour la production de biogaz, à Fontaine-le-Dun (Seine-Maritime) et sur le site Cristanol à Bazancourt (Marne). Dans un environnement jugé «instable», Cristal Union reste par ailleurs convaincu que des rapprochements vont s’opérer dans le secteur. «Nous continuons à analyser qu’il y a beaucoup trop d’entreprises [...] en compétition dans le marché européen», avance le DG Alain Commissaire : «On ne peut pas avoir cinq, six sociétés pour un marché aussi petit.»

3 000 tonnes de sucre de betterave bio vendues

Pionnier des betteraves bio, Cristal Union indique en avoir commercialisé cette année pour 3 000 tonnes de sucre. La récolte 2019, transformée à Corbeilles-en-Gâtinais, représente quelque 500 hectares. Et 1 000 hectares sont prévus en 2020. Le groupe espère doubler ses surfaces «année après année». Il va, par ailleurs, lancer la production d’alcool bio, s’appuyant sur le matériel de l’usine de Toury qui doit être transféré sur le site d’Arcis-sur-Aube.

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