L'Oise Agricole 18 janvier 2021 a 11h00 | Par Gaetane Trichet

Des clips vidéo déjantés pour combattre l’agribashing

Déjantée, marrante, top, géniale… les commentaires ne manquent pour la vidéo de Bruno Cardot, agriculteur à Moÿ-de-l’Aisne, «Ma France, ma campagne», une parodie de la chanson de Manau, «La tribu de Dana». Ce n’est pas la première… ni la dernière.

Abonnez-vous Reagir Imprimer
Bruno Cardot a toujours son portable, prêt à filmer…
Bruno Cardot a toujours son portable, prêt à filmer… - © G.T.

Fervent défenseur de l’agriculture et de ses pratiques, Bruno Cardot ne manque pas d’imagination pour contrecarrer l’agribashing. Et ce, depuis déjà quelques années. «J’ai créé un premier compte sur Facebook il y a environ 6 ans, un sur Tweeter il y a 4 ans et dernièrement sur TikTok. Au départ, je voulais simplement m’informer car c’est rapide et plus neutre que les chaînes TV ou certaines presses écrites» explique-t’il. «J’allais chercher des infos sur le matériel à titre professionnel. J’ai alors réalisé une première vidéo sur les outils que l’on nous enlève avec les réglementations. Je l’ai fait comme ça, en improvisant et en y glissant de l’humour. Et ça a cartonné» se rappelle celui qui s’est ensuite inscrit sur FranceAgritwittos, une association qui communique positivement sur l’agriculture, pour échanger avec ses collègues de tout le territoire.

En 2019, alors qu’il découvre un vol de 200 kg de pommes de terre dans son champ, il dénonce ces vols en postant une vidéo «coup de gueule» tournée sur l’instant, en ironisant sur le fait qu’il s’agissait de pommes de terre de fécule impropres à la consommation. «C’est de la fécule, ça bouche le trou du c...». Avec Dudule la fécule, il entre dans les annales des réseaux sociaux. Car oui, pour l’agriculteur, rien ne vaut l’humour, la satire et l’autodérision, surtout pour répondre aux attaques infondées. «En choquant, mais en restant toujours poli, on marque les esprits, on fait passer des messages et on rétablit la vérité» assure celui qui arrive à toucher tous les publics, jeunes et moins jeunes.

«On est en plein combat»

Bruno Cardot est en plein combat. Un combat contre l’agribashing. «Il faut le dénoncer, le hurler». C’est chose faite, comme par exemple, sa première parodie en juin 2020, de la chanson Antisocial, de Trust, renommée «Antifarmer, tu perds ton sang-froid». Sa dernière trouvaille, «Ma France, ma campagne» sur l’air de La Tribu de Dana, chanté par le groupe Manau. «Les paroles me viennent, je trouve les rimes, j’adapte les syllabes et je les associe au rythme d’une chanson qui correspond».

Son secret ? Sa passion pour la musique. «Je suis batteur donc j’aime le rock. En revanche, je ne suis pas chanteur». Mais qu’importe. «Pour Trust, j’ai crié pour casser ma voix et obtenir le résultat escompté». Pour Manau, c’est différent, c’est du rap. Bruno a transposé les paroles de La Tribu de Dana qui racontent l’épopée d’un guerrier celte, à son combat contre les détracteurs de l’agriculture. Il a laissé même 20 à 25 % du texte qui correspondait bien à son message.

Pour réaliser ce clip, Bruno Cardot fait appel à un copain, Sébastien Delval, agriculteur dans le Nord. Le duo s’affuble de perruques, de bijoux et autres tenues vestimentaires pour le côté décalé. «Nous ne faisons qu’une prise avec trois scènes filmées avec un smartphone par Justine, ma fille, qui m’aide à réaliser ensuite le montage de la vidéo». Résultat : le buzz assuré. Il a déjà dépassé 23 800 vues sur Tweeter, 228 000 sur Facebook et 33 500 sur TikTok rien que pour son dernier clip, Ma France Ma Campagne, posté fin décembre. Son dernier délire ces derniers jours : une parodie de l’américain Jake Angeli, «l’homme-bison».

Tous les agriculteurs peuvent être acteurs

Pour Bruno Cardot, qui est adhérent à l’Union des syndicats agricoles de l’Aisne et président de l’arrondissement de Saint-Quentin, tous les agriculteurs peuvent et doivent s’impliquer dans la défense du métier. «Avec les moyens de communication actuels, on peut se faire entendre. Une vidéo, un message, un rendez-vous, un dîner en famille, une ferme ouverte…, il existe de nombreuses manières d’expliquer notre métier. Si 400 000 paysans se mobilisaient contre nos détracteurs qui pourrissent notre vie en divulguant des infos fausses et injustes, nous pourrions les pousser dans leur retranchement et l’incohérence de leurs propos causera leur tort». Son combat, il veut le gagner mais pas tout seul. Pour lui, aucun doute, «l’union fait la force».

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions emises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Oise Agricole se reserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et reglements en vigueur, et decline toute responsabilite quant aux opinions emises,

L’actualité en direct
Chambre d'agriculture de l'Oise