L'Oise Agricole 16 janvier 2020 à 10h00 | Par Agence de presse

Des réclamations aux abattoirs facilitées

Grâce à un accord interprofessionnel, les éleveurs de bovins viande vont pouvoir contester plus facilement le poids et le classement des carcasses effectués par les abattoirs.

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Chaque année, environ 1 000 carcasses font l’objet de réclamations.
Chaque année, environ 1 000 carcasses font l’objet de réclamations. - © Pixabay

Les éleveurs de bovins disposent désormais des informations d’abattage de leurs animaux (poids et classement notamment) dès le lendemain de l’abattage à 7h, facilitant les éventuelles contestations. C’est l’une des mesures prévues par l’accord conclu au sein d’Interbev (interprofession bétail et viandes) le 19 septembre 2019, qui vient d’être étendu à l’ensemble des opérateurs par un arrêté paru au Journal officiel le 4 janvier 2020.

D’après l’accord interprofessionnel, les abattoirs doivent transmettre les informations d’abattage à Normabev (l’association en charge de la gestion de ces données) le jour de la tuerie, au plus tard à 22h. «Plus l’éleveur récupère ces informations tôt, plus il peut réagir et éventuellement contester un classement», explique Jean-Yves Kerveillant, directeur de Normabev.

Autre nouveauté incluse dans l’accord : l’association peut désormais traiter les réclamations même «dans le cas où la carcasse n’est plus entière et si la demande de réclamation a été faite dans les 24h après la mise à disposition des informations». De telles demandes étaient auparavant rejetées d’office. Normabev s’appuie désormais sur «des images, des estimations de classement réalisées par des tiers ou sur les résultats habituels de l’éleveur pour le type de bête en question», précise Jean-Yves Kerveillant.

La cotisation PPCM reste stable

Remplaçant un précédent accord de 2010, le nouveau texte introduit aussi plusieurs obligations pour les abattoirs, afin notamment de renforcer la traçabilité. Les opérateurs doivent par exemple être en mesure de retracer l’ordre de passage des carcasses sur la chaîne. Une disposition qui permet d’éviter les erreurs d’identification dues aux inversions de bêtes.

Les abatteurs doivent aussi être équipés de balances multi-échelons, dont la précision varie selon le poids de la carcasse pesée. L’accord fixe aussi des fréquences obligatoires pour les autocontrôles de la pesée fiscale selon les tailles d’abattoirs. Enfin, le seuil au-dessus duquel les abattoirs sont tenus d’utiliser une machine à classer passe à 4 000 tonnes

produites par an (contre 3 000 auparavant). «Au-delà de ce niveau, tous les abattoirs sont déjà équipés, affirme Jean-Yves Kerveillant. Et en dessous, ils ne disposent pas forcément de personnel qualifié pour les utiliser.» Mais toutes les mesures inscrites dans l’accord interprofessionnel s’appliquent à l’ensemble des abattoirs, avec ou sans machine à classer. Un seul article (portant sur les pénalités) n’a pas été étendu par les pouvoirs publics et ne s’applique donc qu’aux entreprises adhérentes d’Interbev.

Impact sur les prix payés

Chaque année, environ 1 000 carcasses font l’objet de réclamations (400 pour le poids et 700 pour leur classement), avec un impact parfois non négligeable sur les prix payés aux éleveurs. Par ailleurs, le financement du système de suivi interprofessionnel PPCM (préparation, pesée, classement et marquage) n’évolue pas en 2020, indique Normabev à Agra Presse. La cotisation reste fixée à 80 centimes par bête, répartis à parts égales entre l’éleveur et l’abatteur.

Étiquetage d’origine pour la viande : une consultation publique

La Commission européenne a ouvert jusqu’au 2 mars une consultation publique avec pour objectif d’évaluer si les règles européennes établies pour l’étiquetage obligatoire du pays d’origine pour la viande sont à la fois efficaces, pertinentes et apportent une valeur ajoutée à l’ensemble des États membres. L’évaluation se fera ainsi à partir de la collecte des avis des différentes parties prenantes (consommateurs, agriculteurs et organisations de producteurs, industries ONG, Universités, experts, groupes de réflexion, bureaux d’études ou encore le grand public...). La Commission utilisera les résultats de l’évaluation dans son rapport sur l’étiquetage d’origine obligatoire, qui doit être présenté et adopté d’ici avril 2020.

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