L'Oise Agricole 05 juillet 2019 à 11h00 | Par Vincent Fermon

Gènes Diffusion persiste et patiente

Candidate à devenir organisme de sélection (OS) en races holstein et charolaise, Gènes diffusion attend encore le feu vert du ministère de l’Agriculture.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
François Desmons, directeur de Gènes Diffusion.
François Desmons, directeur de Gènes Diffusion. - © Vincent Fermon

Pour la coopérative d’insémination artificielle (CIA) Gènes diffusion qui tenait son assemblée générale à Douai, le 27 juin dernier, «2018 aura été l’année du grand nettoyage» s’est félicité son directeur, François Desmons. Et ce dernier d’annoncer un retour à l’équilibre de ses comptes en 2019, après que la CIA Gènes diffusion ad essuyé un déficit de 384 366,78 € lors de l’exercice 2018. Évoquée à de nombreuses reprises, la cession de filiales du groupe Gènes diffusion - lequel se compose de la CIA Gènes diffusion et de l’Union Gènes diffusion - se poursuit. On pense notamment à celles installées en Belgique, aux Pays-Bas, en Colombie, et prochainement en Pologne. Pour François Desmons, «il s’agit d’activités pour lesquelles nous avons considéré qu’il n’y avait pas de perspectives de développement». L’abandon de ces filiales ne signifie pas pour autant l’arrêt des activités correspondantes : «Cela a été remplacé par des contrats de distribution avec des partenaires locaux», détaille en effet François Desmons. La prise de participation dans Origen Normandie est en revanche une manière pour Gènes diffusion d’être présent sur le marché de la reproduction bovine en race normande. D’autres prises de participation dans le secteur des biotechnologies (Innobiochips, ADNucleis) ou dans des technologies de monitoring et de contrôle de la santé des bovins (Medria solutions) sont également le témoin d’une volonté de diversifier l’activité.

Du changement dans les habitudes

Côté sélection, la race holstein reste, et de loin, la première race véhiculée par Gènes diffusion avec 72 % des inséminations artificielles réalisées en bovin laitier. Directeur adjoint de la CIA Gènes diffusion, Guy Dallery constate qu’il n’existe plus aujourd’hui en race holstein de taureaux «stars comme cela était le cas auparavant. La raison ? L’impact de la génomique qui entraînerait un renouvellement plus précoce des reproducteurs. Un changement d’orientation est également constaté dans les critères recherchés par les éleveurs : «L’index le plus recherché n’est plus forcément la productivité, constate Guy Dallery. Les éleveurs s’intéressent à des index autrefois secondaires, comme la longévité.» Pour le directeur adjoint du groupe Gènes diffusion, Claude Grenier, la réponse à ces changements passe par le lancement de nouveaux index en race holstein. On parle ainsi davantage de santé du pied, d’acétonémie ou encore d’efficacité alimentaire. En races allaitantes, secteur dans lequel il est «difficile de fidéliser les éleveurs», dixit Guy Dallery, Gènes diffusion entend «élargir sa gamme de taureaux pour répondre à la demande du terrain».

Des demandes d’agrément d’OS qui tardent

Justifiant aussi la décision de Gènes diffusion de se lancer dans la course à la reconnaissance en tant qu’organisme de sélection (OS) par une volonté de répondre aux attentes des éleveurs, les responsables de l’entreprise sont longuement revenus sur cette démarche. Mais pour Gènes diffusion, le temps est long. Après avoir déposé ses demandes d’agrément en février 2019 pour la holstein et en mars 2019 pour la charolaise, l’Union Gènes diffusion reste dans l’attente du feu vert du ministère : «Les deux mois d’instruction sont passés, rapporte François Desmons, mais nous n’avons toujours pas de réponse.» «Malheureusement, le temps de l’administration n’est pas celui de l’entreprise», regrette pour sa part Alain Guillaume, son président.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Oise Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui