L'Oise Agricole 14 février 2021 a 10h00 | Par L'Oise Agricole

Les ados, l'argent de poche et la crise sanitaire

Pixpay, une application mobile pour gérer l'argent de poche, a réalisé une vaste étude sur la relation des ados et de leurs parents à l'argent et à l'argent de poche et l'impact de la crise sanitaire sur le comportement d'achat des 10-18 ans.

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L'argent n'est pas un tabou dans les familles : on en parle à ses ados pour leur en apprendre la valeur. (© freeepik)  © D.R.  © D.R.  © D.R.  © D.R.

L'enquête a été réalisée en ligne du 4 au 9 décembre 2020 auprès de 1.000 parents d'adolescents scolarisés au collège et au lycée. En moyenne, les ados commencent à recevoir de l'argent de poche à 11 ans et 2 mois, un âge pivot qui correspond à l'entrée au collège et à la prise d'autonomie des jeunes. Une évolution assez nette par rapport au baromètre 2020, où l'âge moyen était de 11 ans et 9 mois : les parents donnent de l'autonomie à leur ado de plus en plus tôt. Les parents donnent de l'argent de poche d'abord par volonté pédagogique : 80 % des parents donnent de l'argent pour inculquer à leur ado la valeur de l'argent, lui apprendre à gérer un budget ou le faire gagner en indépendance. Le don d'argent de manière régulière est privilégié par les parents. Ils sont ainsi 42 % à verser de l'argent régulièrement à leur ado : 8 % toutes les semaines, 27 % tous les mois et 7 % deux fois par mois. En revanche, 50 % des ados n'en reçoivent que de manière occasionnelle : 28 % lorsqu'ils en ont besoin et 22 % lors uniquement d'occasions spécifiques type Noël ou anniversaire. Enfin, 8 % des ados n'ont jamais d'argent de poche.

30 EUR par mois

Les parents donnent en moyenne 30 EUR par mois à leur ado. Un montant en baisse (- 3 EUR) par rapport au précédent baromètre de janvier 2020. La crise sanitaire a ainsi eu un impact direct sur le montant d'argent que reçoivent les ados chaque mois. Toutefois, plus les adolescents grandissent, plus le montant de leur argent de poche augmente. Ainsi, entre 10 et 12 ans, ils reçoivent enmoyenne 18 EUR contre 26 EUR pour les 13-14 ans, 37 EUR pour les 15-16 ans et 44 EUR pour les 17 -18 ans.

Régions privilégiées

Les parents de Provence-Alpes-Côte-d'Azur sont les plus généreux avec leurs ados avec 43 EUR par mois, suivi par les parents du Centre-Val-de-Loire (34 EUR) tandis que les parents bretons et normands sont plus raisonnables (ou plus radins ?), avec respectivement 20 EUR et 21 EUR par mois.

Côté régularité des versements, ce sont les adolescents de l'Île-de-France et du Centre-Val-de-Loire qui reçoivent de l'argent le plus régulièrement. À l'inverse de ceux d'Occitanie qui ferment la marche des régions au niveau de la fréquence des dons.

Proactifs pour gagner de l'argent !

Plutôt proactifs quand il est question d'argent, 26 % des ados ont déjà tenté de renégocier le montant d'argent de poche qu'ils reçoivent. Une mention spéciale pour ceux de l'Île-de-France, des Hauts-de-France et du Centre-Val-de-Loire qui se sont révélés les plus négociateurs sur le sujet !

Mais, loin d'être exclusivement dépendants de leurs parents, les ados se tournent aussi vers d'autres solutions pour gagner de l'argent : principalement (à 58 %) en vendant les affaires qu'ils n'utilisent plus, et ce dès le plus jeune âge et quel que soit leur sexe (52 % des 10-12 ans). Cette nouvelle façon de gagner en pouvoir d'achat détrône de loin le traditionnel petit job (22 %), l'échange de service (bricolage, tondre la pelouse, etc.) (36 %) ou la demande directe d'un complément d'argent de poche (37 %).

Dans le top 3 des régions où les ados revendent leurs affaires, on retrouve le Centre-Val-de-Loire (68 %), la Normandie (66 %) et les Pays-de-la-Loire (65 %). Dans le Top 3 des régions où les ados cherchent des petits jobs, on retrouve l'Auvergne-Rhône-Alpes, (31 %), la Bretagne (30 %) et la Nouvelle Aquitaine (27 %).

Des parents rassurés

Les parents sont assez rassurés quant à l'usage que les ados font de leur argent. Ainsi 79 % estiment que leur enfant à conscience de la valeur de l'argent, 82 % jugent que leur enfant parvient à économiser pour s'acheter quelque chose d'onéreux ou fait attention à son argent et 78 % qu'il fait preuve d'autonomie en matière de gestion.

Pas étonnant quand on sait que l'on parle d'argent dans 93 % des foyers et que 92 % des adolescents français reçoivent de l'argent. Qu'il s'agisse du coût de la vie, de la nécessité d'apprendre à économiser de l'argent, d'achats à réaliser ou simplement de questions d'argent en général, il n'y a pas vraiment de tabou dans les discussions entre parents et enfants. D'ailleurs, plus des 2/3 des adolescents connaissent le salaire de leurs parents.

Liquide et carte de paiement

Si la carte de paiement est plébiscitée par les parents pour sa praticité (55 %) et son côté pédagogique (73 %), seuls 26% des adolescents possèdent aujourd'hui une carte à leur nom. La cause majoritaire pour laquelle les parents n'ont pas sauté le pas de la carte pour leur enfant est qu'ils le jugent encore trop jeune ou immature (72 %). Cet outil arrive de fait assez tard dans le quotidien des ados, qui s'en équipent en moyenne à partir de 16 ans.

Pour les plus jeunes, c'est donc encore le liquide qui prédomine largement malgré les difficultés que cela implique. On note par exemple que 25 % des ados ont déjà perdu des pièces ou des billets et que 56 % des parents sont régulièrement à court d'espèces et doivent donc aller au distributeur pour pouvoir donner de l'argent de poche. Pas simple donc pour les parents de gérer l'argent de poche en liquide de leur enfant !

Crise sanitaire : plus d'achats en ligne

Comment revenir sur l'année 2020, sans parler de la crise sanitaire et de son impact sur le comportement d'achat des ados ? Depuis la fin du premier confinement, 32 % des ados ont diminué leurs visites dans les magasins physiques et dans les restaurants et fast-foods (pendant la période de réouverture) tandis que 27 % d'entre eux ont augmenté leurs achats en ligne. Un comportement qui se rapproche de celui de leurs parents qui sont eux-mêmes 46 % à affirmer utiliser moins d'espèces et 64% davantage le sans-contact depuis le début de la crise sanitaire.

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