L'Oise Agricole 27 septembre 2018 à 09h00 | Par Lucie Deterpigny

Les chasseurs à l’heure de la peste porcine africaine

Vendredi 21 Septembre à 18h, a eu lieu l’assemblée générale de l’Association Départementale des Chasseurs de Grand Gibier de l’Oise, au siège de la Fédération Départementale des Chasseurs de l’Oise.

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La peste porcine africaine, aux portes de la France, et sujet d’inquiétudes chez les chasseurs de grand gibier.
La peste porcine africaine, aux portes de la France, et sujet d’inquiétudes chez les chasseurs de grand gibier. - © Lucie Deterpigny

Guy Harlé d’Ophove, président de la FDCO, a introduit la réunion par un bref discours, traitant de deux points principaux : la peste porcine africaine et la sécurité.

Alain Czapnik, président de l’ADCGGO, a ensuite présenté le rapport moral. Il est optimiste suite à la Fête Chasse & Nature, qui s’est déroulée les 1er et 2 Septembre à Compiègne. Les messages des chasseurs et des politiques ont été forts. Il rappelle que l’époque du « Pour vivre heureux, vivons cachés » est finie. Il faut communiquer, en faisant attention toutefois à certains médias comme les réseaux sociaux. Sur une note moins heureuse, il indique que les populations de grands cervidés en forêt sont en baisse. Il espèce que la nature sera plus forte que les hommes et que les populations de cervidés reprendront leur place. Enfin, il explique le renouvellement du Schéma Départemental de Gestion Cynégétique et la mise en place de la charte d’agrainage.

Après la présentation des comptes par le trésorier et leur approbation, le bilan de l’activité des conducteurs UNUCR du département et l’élection des administrateurs, une partie conséquente de l’assemblée générale était dédiée au bilan national des accidents de chasse. Alain Czapnik répète : « La sécurité, c’est notre priorité ! ». Au nombre de 13 pour l’année passée, les accidents mortels ont lieu majoritairement lors de battues aux grands gibiers, dans lesquelles les angles des 30° n’étaient pas matérialisés ni respectés. Les accidents de chasse sont en forte baisse depuis 2000 et le président de l’ADCGGO rappelle : « Chaque accident est inacceptable ! Il ne devrait pas en avoir. » Les chasseurs formés sur la question de la sécurité sont beaucoup moins concernés par les accidents : « La formation est primordiale ! ». L’assemblée générale a d’ailleurs continué par la remise des médailles aux candidats reçus au Brevet Grand Gibier.

Le sujet principal de l’assemblée générale a ensuite été abordé : la Peste Porcine Africaine (PPA). Trois personnes sont intervenues sur le sujet : Sylvia Dumont, interlocutrice technique SAGIR (réseau de surveillance de la santé de la faune sauvage) à la FDCO ; Pierre Zacharie, vétérinaire et conseiller scientifique et technique sur les pathologies ; Hadrien Jaquet, chef du service santé publique et protection animale à la Direction Départementale de la Protection des Populations.

Enfin, la parole a été donnée aux différents institutionnels pour clore l’assemblée. Pierre Gegou a donc pris la parole pour l’ONF et Joël Dubat pour la FDCO. Il a notamment expliqué que les dégâts de grand gibier étaient en baisse à la date du 21 septembre par rapport à l’année passée et que cela devait continuer ainsi.

 

La Peste Porcine Africaine s’exprime dans sa forme aiguë par une fièvre hémorragique. Il n’existe pas de traitement, ni de vaccin, ce qui entraine une forte mortalité de l’ordre de 80% des cas. Les vecteurs de la maladie sont au nombre de six, à savoir : les porcs vivants, les sangliers, les moyens de transports, les hommes, les produits à base de porc ou de sanglier non cuit et les tiques. La PPA n’est pas transmissible à l’homme, elle ne touche que les suidés.

La Belgique a déclaré huit cas de PPA sur des sangliers dans le Sud-Est du pays à proximité de la frontière avec la France (12 km). A ce jour, la France n’est pas touchée. Les premières mesures de surveillance et de lutte ont été immédiatement mises en place en Belgique : notamment l’interdiction de chasse et de circulation dans la zone forestière concernée. Une zone d’observation renforcée a été mise en place en France dans les quatre départements frontaliers avec la Belgique (08-54-55-57) en regard de la zone infectée avec la mise en place de mesures de prévention, surveillance et lutte renforcées pour éviter l’arrivée de la maladie sur notre territoire. Même si le mode d’introduction de la maladie en Belgique n’est pas élucidé à ce jour, l’hypothèse la plus probable est la contamination de sangliers sauvages par des produits alimentaires à base de porc ou de sanglier infecté, comme cela a été suspecté dans d’autres pays européens récemment. En termes de commerce, la Belgique a décidé de geler ses certificats export temporairement. Ses frontières ont été fermées par la Chine, le Japon, l’Australie, Taïwan, la Corée du Sud, la Biélorussie, le Mexique, les Philippines, l’Ukraine, la Serbie et Singapour (restriction temporaire). La Commission européenne a confirmé une action coordonnée entre ses Directions de l’Agriculture, du Commerce et de la Santé, envers les Pays Tiers afin de demander le principe de régionalisation. A noter également que suite aux cas belges, le budget de recherche européen pour essayer de trouver un vaccin contre la PPA a été augmenté de 10 millions d’euros (passage de 20 à 30 M€).

Des rencontres et échanges de la FNP sont prévus dans les jours à venir avec les pouvoirs publics, les homologues européens, ou encore avec les chasseurs (en lien avec la FNSEA) pour aborder nos demandes relatives à la PPA : régionalisation, anticipation d’éventuels cas en France (mesures d’accompagnement possibles, indemnisations...), intensification de la pression de chasse sur le territoire pour diminuer les populations de sangliers... Aussi, au niveau départemental, nous avons réitéré notre demande d’interdiction du transport de sangliers vivants dans l’Oise, que nous avions déjà sollicité en février 2018, sans obtenir de réponse.

 

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