L'Oise Agricole 27 mai 2019 à 12h00 | Par Gaëtane Trichet

Les ventes de semences certifiées en hausse pour les céréales à paille

Pour la campagne 2018-2019, les certifications de semences ont augmenté en moyenne de 7 % en France pour les céréales d’hiver, de 3 % pour les céréales de printemps alors qu’à l’inverse, celles des protéagineux ont perdu 3 % par rapport à l’année précédente.

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En France en 2017, les industries de la biscuiterie, pâtisserie et des biscuits pour apéritifs ont utilisé environ 196.000 tde farine pour produire 433.200 t de produits finis. La consommation intérieure est de 8,2 kg par an et par personne.
En France en 2017, les industries de la biscuiterie, pâtisserie et des biscuits pour apéritifs ont utilisé environ 196.000 tde farine pour produire 433.200 t de produits finis. La consommation intérieure est de 8,2 kg par an et par personne. - © Gaëtane Trichet

C’est ce qu’a annoncé Benoît Laffineur, délégué régional Nord lors de la réunion régionale Nord et Est du Gnis (Groupement national interprofessionnel des semences) organisée à Maissemy, près de Saint-Quentin. «Sur le territoire Nord, on note une augmentation de 8,7 % toutes espèces confondues, avec de larges variations selon les espèces. Les blés tendres d’hiver, l’orge d’hiver, le seigle et le triticale font ressortir des chiffres positifs. Côté Est, l’augmentation atteint 7,9 %, elle aussi avec des tendances différentes. Par exemple, l’avoine d’hiver et de printemps, le blé tendre d’hiver, l’épeautre, l’orge de printemps, ou encore le seigle tirent les résultats vers le haut». Côté protéagineux, les ventes de semences certifiées ont baissé dans la région Nord de 8,6 % par rapport à 2017-2018 alors qu’à l’inverse dans l’Est, elles ont gagné 8,6 %.

Tout est question de prix

Qu’est-ce qui motive ou pas l’achat de semences certifiées ? Les cours des céréales. En effet, selon un sondage BVA, il ressort que les agriculteurs se tournent vers elles lorsque les prix des céréales sont bas et à l’inverse, utilisent leurs propres semences quand les cours sont hauts.

Les produits de traitements sont des freins à l’utilisation des semences de ferme pour 61 % des personnes interrogées dans la région Nord et 49 % dans la région Est. La main-d’œuvre aussi pour, respectivement 65 % et 47%.

«Avec la conjoncture économique actuelle, on note une tendance haussière d’agriculteurs qui s’équipent» a relevé Benoît Laffineur. 50 % des agriculteurs de la région Nord ont cependant optéen 2018 pour le triage à façon (Taf) et/ou le traitement de leurs semences de ferme de blé tendre d’hiver contre 39 % en région Est. «Alléger la charge de travail n’est pas le seul avantage du Taf ; éviter l’investissement arrive bien avant et également la meilleure qualité de travail. Encore une fois, le prix est le premier inconvénient, mais les agriculteurs sont nombreux à déclarer qu’il n’y en a pas» résume Benoît Laffineur.

Selon l’enquête, la majorité des agriculteurs ne faisant pas appel à un TAF ont été plus appliqués cette année. Ils ont été plus nombreux que l’année dernière à réaliser un triage (94 %) et un traitement (87 %) et deviennent des référents au niveau national. Cela étant, les semences certifiées gardent une bonne image et sont une valeur sûre. Ce qui fait d’ailleurs du secteur semences françaises, le premier exportateur mondial toutes semences agricoles confondues.

La Criv remplace la CVO

Julien Constant, secrétaire général de la section céréales à paille et protéagineux du Gnis, est revenu sur le nouvel accord interprofessionnel, la Criv (contribution recherche et innovation variétale) qui remplacera en juin, la CVO (contribution volontaire obligatoire), contribution prélevée à destination des semences certifiées et pour financer la recherche. Aujourd’hui l’accord est signé, mais qu’est-ce qui change entre les deux ?

Le taux de la cotisation à la collecte des céréales qui passe de 0,70 euro/t à 0,90 euro/t, et le taux de remboursement pour les semences certifiées qui passe de 2,80 euros à 5 euros/ql. «Ce changement est issu de la volonté des utilisateurs et des obtenteurs de pérenniser les moyens de recherche».

Aussi, la contribution pour la recherche s’élèvera à 10,50 euros/ha (au lieu de 12 euros en CVO) en utilisant des semences certifiées et celle pour les semences de ferme à 6,50 euros contre 5 euros précédemment. «La différence entre les deux contributions se réduit, passant de 7 euros en CVO à 4 euros/ha avec la CRIV. C’est un rééquilibrage des contributions qui permettra d’accéder aux progrès génétiques» a-t-il poursuivi, détaillant ensuite tous les moyens de communication mis en place par le Gnis pour les agriculteurs.

Les biscuitiers attendent un blé spécifique pour leurs productions

«Le marché des blés biscuitiers, en croissance, reste limité à moins de 2 % des surfaces de blé en France». C’est ce qu’a annoncé Philippe Lemaire, directeur général Lemaire Deffontaines, en expliquant l’importance des variétés de blé. La qualité des blés biscuitiers est un sujet complexe avec des exigences technologiques très diversifiées et liées au type d’application. 80 familles de biscuits sont référencées en France entre les biscuits salés type crackers, les biscuits sucrés (gaufrettes, petit Lu…) et les biscuits moelleux.

«La qualité des farines doivent être adaptées aux différentes utilisations et aux attentes recherchées comme la texture plus ou moins croustillante, plus ou moins légère, le besoin de dimensions maîtrisées…» a expliqué Philippe Lemaire. «Il faudrait autant de variétés qu’il y a de familles de biscuits. Or, il existe peu de variétés recommandées par la meunerie et on compte moins d’une inscription par an en France».

Il existe deux types de blés pour les biscuits : ceux avec une dureté de type soft, c’est-à-dire que la dureté reflète l’état de texture du grain et qu’elle joue un rôle sur l’énergie nécessaire à la mouture. Les blés son classés selon une échelle allant de soft à hard. Et la majorité des blés français sont de type medium-hard.

À l’inverse des autres marchés, les débouchés biscuitiers nécessitent des teneurs en protéines basses. L’optimum se situe entre 10,5 et 11 %. À côté de cela, l’industrie attend une faible force boulangère pour obtenir des pâtes extensibles et élastiques issus de blé dont le W est compris entre 80 et 120. Et enfin, pour une pâte plus résistante, le P/L doit se situer entre 0,15 et 0,4. Un taux d’absorption bas (52-54 %) ou une viscosité à froid basse sont aussi des arguments de réussite. «Certaines applications comme les cornets de glace, les gaufrettes nécessitent des valeurs les plus basses possibles et seules quelques variétés répondent à cette exigence». Donc pour le sélecteur qu’est Lemaire Deffontaines, trouver un blé adapté reste un enjeu fort. Il faut sélectionner pour un marché plutôt limité (2 % seulement), choisir des lignées parentales qui permettent de répondre aux objectifs de sélection, et conserver dans la descendance des lignées éliminées dans les programmes classiques de sélection en raison de leur faible W, du taux de protéines bas, du poids spécifique plutôt faible…

Généraliser la charte Lu Harmony

Le blé est le premier ingrédient utilisé dans la fabrication de nos biscuits Lu. Il y a 10 ans, la marque Lu a lancé le programme Lu’Harmony avec l’ensemble de la filière blé (agriculteur, coopérative, meunier) afin de cultiver le blé de manière plus durable et ainsi réduire l’empreinte environnementale des biscuits Lu.

«Nous avons donc créé la charte Harmony, un ensemble de bonnes pratiques agricoles pour promouvoir une culture du blé plus respectueuse de l’environnement et de la biodiversité locale» ont expliqué avec Isabel Moreira, responsable recherche céréales et Ariane Derimay, coordinatrice qualité Harmony chez Mondelez.

«Démarré avec 68 agriculteurs situés à proximité de la Haye-Fouassière sur la marque Petit Lu, le programme a été déployé d’année en année à l’ensemble de nos usines en France et approvisionnées, aujourd’hui, par 1.500 agriculteurs partenaires. Depuis 2013, le programme s’est étendu à nos autres usines européennes et à l’heure actuelle, 75 % du blé nécessaire à la fabrication de nos biscuits en Europe de l’Ouest est cultivé par des agriculteurs partenaires Harmony, ou 60 % à travers l’Union européenne dans son ensemble. Aujourd’hui, nous avons la conviction que nous pouvons aller encore plus loin. Notre ambition est de couvrir 100 % de nos marques biscuits en Europe d’ici 2022».

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