L'Oise Agricole 31 juillet 2019 à 16h00 | Par Chambre d'agriculture de l'Oise

Manque de fourrage: anticiper pour réagir

Les épisodes de canicule, le déficit de pluviométrie, les observations effectuées sur plusieurs parcelles de maïs annoncent un déficit fourrager, en quantité et en qualité, pour cet hiver.

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Faire son bilan fourrager.
Faire son bilan fourrager. - © Bernard Leduc

Pour pallier à cette situation, plusieurs adaptations s’offrent à vous.
- Adapter les effectifs aux ressources et raisonner son renouvellement de troupeau
La première étant de réfléchir au nombre cohérent d’animaux en lactation à garder sur l’exploitation. Il faudra recalculer les besoins de renouvellement du cheptel en se séparant de l’excédent jusqu’au printemps prochain. Réfléchir à la cohérence d’agrandissement du cheptel s’il en était question dans la campagne à venir.


- Implanter des cultures fourragères à l’automne
Jouer sur la quantité de besoin des stocks de report pour le printemps-été 2020 : implanter à l’automne des cultures fourragères supplémentaires récoltables en avril-mai et pouvant se substituer aux quantités de maïs manquantes.
Exemple : méteil fourrager d’hiver récoltable en avril, à partir de juillet-août s’il pleut, un mélange d’avoine vesce + raygrass hybride + trèfle violet sous couvert, l’avoine-vesce se récoltant à l’automne, le ray grass hybride + trèfle violet se récoltant au printemps 2020. La culture d’herbe restant en place pour l’année 2020.
Tous les autres schémas de production à votre connaissance restent possibles en fonction de la pluviométrie. Exemple : colza fourrager mais à implanter sur des parcelles accessibles au pâturage.
Lien vers les couverts végétaux


Lien vers les cultures dérobées

- Introduire de la pulpe surpressée
Pour les vaches laitières, un maximum de 4 kg de MS est recommandé par jour, soit 15-20 kg de matières brutes par jour.
Pour les vaches allaitantes, les quantités vont de 5 kg à 8 kg de MS par jour.
Dans le cas des ovins, les quantités sont variables de 2 kg brut pour les brebis à l’entretien ou les agnelles en croissance et jusqu’à 5 kg brut pour les brebis ou agnelles en début de lactation.
Ces quantités sont à adapter en fonction des besoins, de l’état physiologique de l’animal et de l’apport de fibres dans la ration, important pour les bovins allaitants et les ovins.


- Utiliser de la paille
Pour les vaches laitières, un maximum d’1 kg à 1,5 kg brut peut être introduit dans la ration, surtout s’il y a un moyen de mélange. Les vaches taries peuvent recevoir jusqu’à 6 kg et les génisses laitières de 2 kg à partir de 6 mois et au-delà jusqu’à 5 kg.
Pour les vaches allaitantes, de 6 à 7 kg de paille et pour les génisses de 2 à 5 kg.
Pour les brebis en début de lactation, de 0,7 kg à 1,3 kg et pour les agnelles, de 0,5 à 0,9 kg de paille. 
Dans tous les cas, la paille doit être complémentée avec des aliments plus riches énergétiquement.


- Compenser le manque d’amidon
La deuxième céréale la plus lente à se dégrader dans le rumen après le maïs est l’orge. C’est pourquoi, pour les animaux en lactation, on préfèrera l’apport de l’orge pour éviter le risque d’acidose.
Exemple :
- Vaches laitières, un apport de de 2 kg en 2 repas par jour peut être effectué.
- Brebis : 0,9 kg d’orge en 2 repas par jour.
- Vaches allaitantes, un apport de 3 à 4 kg par jour d’orge en 2 repas.
- Chèvres, un apport de 300 à 600 g par jour en 2 repas.
Le blé, plus acidogène, doit, si possible, être destiné aux animaux à l’engraissement.
Les écarts de pommes de terre peuvent être introduits en complément d’amidon, l’apport est à réfléchir en fonction du prix auquel ils seront proposés.


- Introduire des coproduits
Nous avons la chance d’être sur une région avec plusieurs entreprises agro-alimentaires. Il est donc possible d’avoir accès à divers coproduits. Citons : 
- la drèche de brasserie : son introduction est possible chez les vaches laitières de 4 à 10 kg brut, chez les taurillons de 4 à 8 kg brut, pour les autres bovins de 4 à 6 kg et pour les petits ruminants, de 0,4 à 1 kg brut. Ce coproduit est relativement riche en énergie et en azote. 1,5 kg de drèche substitut la valeur d’1 kg de soja.
- le corn gluten feed : son introduction est possible chez les vaches laitières de 5 à 12 kg brut, chez les taurillons de 4 à 6 kg brut et pour les autres bovins de 5 à 12 kg. Cet aliment dépasse l’UF et est un coproduit de l’amidon de maïs.
- le gluten de blé, issu des fabrications du bio-éthanol, peut être introduit à hauteur de 2 à 8 kg brut chez les vaches laitières en complément de la pulpe surpressée. Il faudra donc en apporter à hauteur de 4 kg de MS totale, chez les taurillons de 2 à 6 kg brut, pour les autres bovins de 2 à 8 kg brut et pour les petits ruminants de 0,4 à 0,7 kg brut.


En conclusion, quelques solutions s’offrent à vous. Le choix parmi celles-ci se fera d’abord en effectuant un point des effectifs à nourrir pour cet hiver et des stocks de fourrages disponibles.
Ensuite, il conviendra de privilégier le scénario qui garantit un niveau de performance satisfaisant pour un surcoût le plus faible possible.

L’équipe de conseillers élevage de la Chambre d’agriculture de l’Oise est à votre disposition pour vous aider dans vos réflexions: état des stocks, rationnement hivernal, piste d’adaptation.


Christelle Récopé, conseillère lait 06 73 74 33 61
Noémie Renault, 03 44 11 45 61
Stéphanie Sevry, conseillère ovin-caprin 06 37 05 04 28
François Foulon, conseiller lait 06 82 69 74 03
Vincent Yver, conseiller lait 06 81 92 05 45

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