L'Oise Agricole 10 juillet 2020 à 09h00 | Par Alix Penichou

«Nous avons besoin des moyens pour enseigner correctement»

Le 30 juin, les syndicats régionaux de l’enseignement agricole public se rassemblaient devant la Draaf, à Amiens. Ils déplorent une rentrée scolaire qui s’annonce dégradée, alors qu’ils ont redoublé d’efforts pendant le confinement.

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Une petite délégation d’enseignants a été reçue par Luc Maurer, directeur de la Draaf Hauts-de-France, le 30 juin, pour faire part de leurs revendications.
Une petite délégation d’enseignants a été reçue par Luc Maurer, directeur de la Draaf Hauts-de-France, le 30 juin, pour faire part de leurs revendications. - © Alix Penichou

L’enseignement agricole public «est une pépite». Cette vérité, basée sur le faible nombre d’élèves décrocheurs dans l’enseignement agricole (4 %), sort tout droit de la bouche de Didier Guillaume, alors qu’il était en visite au lycée agricole de Brie Comte-Robert (77) le 29 mai. Et pourtant… «Notre ministère malmène cette pépite», scandent les enseignants du secteur agricole.

Une quinzaine d’entre eux souhaitaient faire entendre leurs revendications en répondant à l’appel à la grève de la section régionale Snetap-FSU des Hauts-de-France, en intersyndicale avec Sud-Rural, devant les bureaux de la Draaf Hauts-de-France, à Amiens, le 30 juin. «Nous avons beaucoup donné pendant le confinement. Nous nous sommes démenés pour garder le contact avec nos élèves coûte que coûte, pour réaliser nos cours en visio… Nous nous attendions à une reconnaissance de la part du ministère de l’Agriculture, avec notamment un gel de la suppression des postes (trois-cents postes au niveau national, entre 2019 et 2022, ndlr). Mais c’est tout l’inverse qui se profile pour la rentrée 2020», se désole Sylvain Guenard, co-secrétaire régional du syndicat Snetap-FSU, enseignant au lycée du Paraclet.

Les syndicats regrettent «une rentrée scolaire qui s’annonce fortement dégradée» pour plusieurs raisons. Entre autres, «les DGH (dotation globale horaire) ne permettront pas d’assurer des besoins d’enseignement obligatoire, des suppressions de postes d’enseignants contractuels se multiplient…», liste Sylvain Guenard. Le sujet qui leur tient surtout à cœur est celui des heures d’enseignements individualisés (accompagnement personnalisé - soutien et orientation). «Elles ne seront plus rémunérées en intégralité, mais seulement à 50 % car, selon le Ministère, elles ne nécessitent pas de préparation ni de corrections», s’indigne-t-il. «Ces heures sont pourtant d’une importance cruciale pour les élèves. Elles leur permettent de définir leur avenir professionnel.» Pour résumer, «nous avons besoin de moyens pour enseigner correctement», s’accordent-ils tous à dire.

«Un seul poste supprimé en région»

Des revendications que Luc Maurer, directeur de la Draaf régionale, a écouté d’une oreille attentive. «Nous avons tout d’abord tenu à réitérer nos remerciements au corps enseignant du secteur agricole. Nous sommes reconnaissants et admiratifs de l’engagement dont ils ont fait part pendant le confinement», assure-t-il. Luc Maurer c’est également engagé à «reporter les revendications au niveau national», mais a aussi apporté quelques précisions.

La réduction de postes décriée concernerait un seul ETP (équivalent temps plein) au niveau régional, pour la rentrée 2020. «Il s’agit donc d’une réduction faible en Hauts-de-France. Cette réduction des moyens est par ailleurs justifiée par le fait qu’en dix ans, le nombre d’élèves a diminué, alors que le nombre d’heures effectuées par les enseignants n’a pas bougé.» Concernant l’accompagnement au choix de l’orientation, «rien n’a changé, il s’agit d’une question de présentation des faits et d’un angle de lecture», assure-t-il. Les modalités techniques seront définies par chaque établissement.

 

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