L'Oise Agricole 31 juillet 2019 à 16h00 | Par L'Oise Agricole

Sécheresse: la FNSEA en appelle au pragmatisme

Le 29 juillet, Christiane Lambert a rencontré Didier Guillaume. Avant la pause estivale, ils ont échangé sur les priorités et les actualités, notamment la sécheresse.

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Christiane Lambert, le 29 juillet, dans la cours du ministère de l’Agriculture.
Christiane Lambert, le 29 juillet, dans la cours du ministère de l’Agriculture. - © © D. R.

«Au niveau national, la situation est catastrophique. Le cumul sé­cheresse et canicule a entraîné de forte pénurie d’eau», s’est désolée Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, le 29 juillet, à la sortie d’un rendez-vous avec le ministre de l’Agriculture. La situation est particulièrement préoccupante pour les éleveurs qui ont de forts besoins en fourrage en raison de la sécheresse.

Durant le rendez-vous avec le mi­nistre, il a ainsi été convenu de mettre en place une cellule de coordination pour le transport du fourrage afin de lever le frein que représente le coût de transport. Christiane Lambert évoque ainsi la possibilité de rendre les péages gratuits. Elle appelle toutefois à être vigilant afin que ces mesures ne profitent pas à des transporteurs étrangers.

Afin d’augmenter les disponibilités de fourrage, le ministre a éga­lement décidé d’élargir à vingt-sept nouveaux départements supplé­mentaires la dérogation pour cas de force majeure afin de permettre aux éleveurs concernés par un manque de fourrage de valoriser leurs ja­chères. Soixante départements sont donc désormais concernés.

Pour la présidente de la FNSEA, cela devrait permettre d’augmenter les stocks, d’autant plus que des opé­rations de solidarité sont organisées par le réseau de la FNSEA depuis le 1er mai dernier. L’organisation syndicale reste tout de même at­tentive quant à l’évolution des conditions climatiques dans les autres départements de manière à soutenir cette même demande qui pourrait émaner de nouveaux départements.

Dérogation pour les SIE

Au regard des conditions clima­tiques difficiles, et à la demande de la FNSEA, le ministre a décidé de permettre aux exploitants qui le demandent de décaler au 20 août la date de début de présence obli­gatoire des cultures dérobées. Cette dérogation sera accordée en fonction de l’évolution de la si­tuation climatique. Les exploitants, dont les cultures n’auraient pas levé ou partiellement levé du fait des conditions climatiques, doivent dé­poser une demande de dérogation.

Pour la présidente de la FNSEA, il est nécessaire que les préfets, en charge d’accorder ces déroga­tions, soient facilitateurs et évitent les lourdeurs administratives. La FNSEA regrette ainsi que les agri­culteurs, qui auront valorisé leurs jachères déclarées en SIE, doivent adresser un courrier à leur DDT et que sa demande visant à étendre le cas de force majeure à un niveau «régionalisé», sans information in­dividuelle afin de limiter la charge administrative, n’ait pas été re­tenue.

Christiane Lambert exprime le même regret concernant l’exoné­ration de la taxe foncière non bâtie. Si elle apprécie que le dégrèvement automatique ait été retenu, elle se désole qu’il se fasse sous condition d’effectuer des zonages. La FNSEA invite ainsi les agriculteurs à se rap­procher de leurs DDT afin qu’elles identifient les pertes de récolte consécutives à la sécheresse sur les communes impactées.

Mieux anticiper et mieux protéger

Sur le volet assurance-récolte, le ministre a été interpellé sur la né­cessaire installation d’un «filet de sécurité» en cas d’arrêté d’inter­diction d’irrigation, rarement pris en charge par les assureurs, et ex­cluant les indemnisations tant par les assureurs que par le Fonds des calamités. A défaut de réponses claires du ministre, ce point es­sentiel devra être intégré dans les réflexions en cours sur la mise en place d’une «assurance généra­lisée».

Afin de mieux protéger les cultures et atténuer l’effet des sécheresses dans les années à venir, Christiane Lambert appelle à favoriser plus largement l’irri­gation pour permettre de pro­téger les cultures. «Les assureurs disent que, sans l’irrigation, les montants des indemnisations vont augmenter de 150 %, in­siste-t-elle. L’alternance inon­dations - sécheresse nous le démontre : il faut changer nos habitudes. Les agriculteurs ont déjà beaucoup adapté leurs pra­tiques, l’eau est plus efficace en agriculture. Pourtant, la France ne stocke que 2,7 % des eaux de pluie. C’est bien trop peu

Elle souhaite donc que sur ce sujet, comme sur celui du stockage de l’eau, le débat soit plus pédagogique, plus sain, plus pragmatique, d’autant plus que la révision de 2015 offre des pos­sibilités. «Il est possible d’effacer les craintes. Nous savons être plus efficaces dans notre utilisation d’eau, et nous sommes pour le partage de la ressource», appuie la présidente de la FNSEA.

Durant ce rendez-vous, la question de la prédation a, de plus, été abordée. Christiane Lambert accueille positivement l’arrêté du 26 juillet qui permet de prélever un plus grand nombre de loups. Toutefois, elle regrette que ces prélèvements ne soient pas toujours effectués, notamment dans le Sud-Est où la situation est catastrophique pour certains éleveurs. Là encore, elle appelle les préfets de Région à faciliter ces démarches.

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