L'Oise Agricole 24 juin 2019 à 10h00 | Par Cécile Peltier

Un moyen de communiquer sur la générosité des agriculteurs

À Tilques (62), les acteurs du don alimentaire ont échangé sur le moyen de communiquer sur la solidarité du milieu agricole.

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Solaal, un moyen de parler différemment d’agriculture.
Solaal, un moyen de parler différemment d’agriculture. - © Cecile Peletier

Depuis quelques temps déjà, les agriculteurs doivent faire face à l’agribashing et aux critiques successives du grand public sur leur manière de travailler. Un des moyens de contrer ces attaques est de montrer et de parler des actions positives portées par le milieu agricole. L’association Solaal créée par les agriculteurs, pour les agriculteurs, a un rôle à jouer. Elle est présente dans les Hauts-de-France depuis octobre 2018 et a pour objectif de faciliter le don alimentaire ainsi que de mettre en valeur la générosité du milieu agricole.

Le mois dernier, Antoine Helleboid, agriculteur à Tilques, accueillait chez lui, Cécile Peltier de Solaal Hauts-de-France, Élise Roussez, de la coopérative Sipema, Jean-Pierre Clipet, secrétaire général adjoint de la FDSEA du Pas-de-Calais, et les Restos du Cœur de Saint-Omer (62). L’objectif : communiquer, ensemble, sur le don agricole auprès des médias et de faire connaitre autour d’eux cette pratique.

Une agriculture solidaire

Antoine Helleboid produit des grandes cultures et des légumes : il vend ces derniers à Bonduelle et à la coopérative Sipema et fait de la vente directe de pommes de terre. Certains de ces produits peuvent ne pas répondre aux standards de commercialisation ou rester invendus. «Je donne aux Restos du Cœur de Saint-Omer depuis 2 ans. Ça me fendait le cœur de perdre des aliments consommables mais pas commercialisables. Ce que je souhaite aujourd’hui, est que l’on voie les agriculteurs d’une manière différente que celle décriée par les médias. Je veux redorer notre blason. L’association Solaal est un moyen de faire connaître nos activités par le don de nos invendus.»

La Sipema, coopérative de 45 producteurs, possède les mêmes intentions : «La coopérative fait part de ces invendus en cas de commerce difficile ou de surplus de production, via des distributions gratuites contrôlés par France AgriMer. Je suis sûre que certains agriculteurs adhérents seraient intéressés par le service proposé par Solaal», nous fait part Elise Roussez.

Cécile Peltier, chargée de mission chez Solaal, précise : «peu d’agriculteurs savent que faire un don est possible, peu en ont le temps et peu sont au courant qu’ils peuvent bénéficier d’une réduction d’impôt. Toutes ces méconnaissances sont des freins au don alimentaire dans le secteur agricole. C’est pour cela qu’en parler autour de soi et communiquer ces informations à son réseau est important».

Justement, Solaal Hauts-de-France recherche des personnes du milieu agricole qui souhaitent participer au projet en diffusant l’information afin de mobiliser de nouveaux donateurs et de promouvoir la générosité des agriculteurs auprès du grand public et des médias. Ils deviendraient des ambassadeurs Solaal, des créateurs de lien.

En parlant de lien, les bénévoles des associations de l’aide alimentaire en sont des adjuvants. En se déplaçant dans l’exploitation du donateur, ils en apprennent un peu plus chaque jour sur le métier d’agriculteur et partagent ainsi leur connaissance dans le milieu associatif. Un échange s’opère. «Le contact avec Antoine a toujours été agréable et nous sommes même devenus amis. Cela crée un vrai lien entre le monde agricole et celui de l’aide alimentaire», ajoute René Hanscotte, responsable des dons aux Restos du Cœur de Saint-Omer. «Pour certains agriculteurs, 500 kg n’est pas un volume suffisant pour effectuer un don. Pourtant, notre entrepôt nécessite, au minimum, 1.500 kg de produits frais par semaine. Cela revient donc à 1/3 des volumes nécessaires. Ce n’est pas négligeable. La rencontre entre nos deux milieux permet à l’un de se rendre compte, de la réalité de l’autre.»

Jean-Pierre Clipet conclut cette rencontre en appuyant sur le fait que «les agriculteurs ont pour rôle de nourrir la population. Donner leurs invendus permet à l’agriculteur de revenir à ce but premier.»

Depuis, Antoine Helleboid est devenu un ambassadeur Solaal. Il pourra, lorsqu’il le souhaite, participer à des évènements grand public pour parler de son métier, de ses actions pour lutter contre la perte des invendus alimentaires et de la générosité des agriculteurs !

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