L'Oise Agricole 12 décembre 2019 à 16h00 | Par Agence de presse

Un plan à un milliard pour les exploitations

Le ministre de l’Agriculture a signé avec les banques le plan de financement conjoint entre l’État et l’Union européenne visant à garantir des prêts pour plus d’un milliard d’euros. Il servira d’abord à l’installation des jeunes ou à soutenir des projets favorisant la transition écologique.

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Didier Guillaume, ministre de l'agriculture
Didier Guillaume, ministre de l'agriculture - © Gutner/SIPA

Initiative nationale pour l’Agriculture française (Inaf) : c’est le nom du nouveau véhicule mis en place par l’État français et l’Union européenne via son Fonds européen d’investissement (FEI) pour les quatre ans à venir et qui devrait permettre de lever 1,099 milliard d’euros pour l’installation de jeunes agriculteurs ou pour des projets répondant à des critères de compétitivité ou de transition écologique. Ce plan avait été annoncé par le président de la République, Emmanuel Macron, lors des États généraux de l’alimentation, mais il restait à sélectionner les banques intermédiaires. C’est fait. Le Crédit agricole apportera la plus grosse part avec 625 millions d’euros, le Crédit mutuel, 241 millions d’euros, les filiales de Banques populaires caisses d’épargne (BPCE), 136 millions d’euros et enfin Arkéa, 97 millions d’euros.

«C’est un moment très important, les banques ont été proactives, nous sommes désormais à l’issue de la sélection des banques et je les remercie de leur engagement», a déclaré Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture, lors de la cérémonie de signature. «C’est le point de départ d’une nouvelle offre de financement de l’agriculture pour des projets ambitieux. Jusqu’alors, les agriculteurs prenaient trop de risques ou renonçaient. Ils obtiendront avec l’Inaf des conditions de prêts plus avantageuses qui facilitera la transition écologique.»

Outil de garantie

Les 1,1 milliard d’euros que devraient prêter les banques aux exploitants agricoles - en tant que personnes physiques ou leurs sociétés à objet agricole, tels que les Gaec ou EARL - sont obtenus grâce à un effet de levier. Le ministère de l’Agriculture a mis 60 millions d’euros au pot - déjà budgétés dans la loi de finances 2020 - et le Fonds européen d’investissement (FEI) 45 millions d’euros puisés dans le fameux «Plan Juncker», le fonds européen pour les investissements stratégiques. Ces aides financières de départ donnent un effet de levier multiplicateur de 11, d’où le milliard d’euros au total. Ce mécanisme va permettre aux quatre banques d’offrir un outil de garantie pour permettre d’accompagner au mieux la dynamique de transformation des exploitations agricoles. L’Inaf pourra couvrir une partie des pertes éventuelles.

En cas «d’appel de garantie», c’est le FEI qui paiera les pertes subies. Les prêts devraient être accordés à des conditions très préférentielles, même si les banques restent maîtresses de leurs offres commerciales. Certaines promettent de renoncer aux frais de dossier, par exemple. «L’Inaf constitue un signal fort de l’Union européenne et ses institutions pour bâtir une agriculture européenne solide, incarnée aujourd’hui par les territoires, les filières et les agriculteurs Français», a précisé Pier Luigi Gilibert, directeur général du FEI.

Qui va vraiment profiter de l’Inaf ? Des critères sont imposés. L’instrument vise d’abord l’installation des jeunes agriculteurs lors du renouvellement des générations, mais aussi les nouveaux entrants ou encore les projets ayant pour but la montée en gamme, la création de valeur ajoutée, la transformation des systèmes de production ou encore la recherche de diversification des revenus, par le lancement de produits ou la conquête d’un marché, par exemple. Bref, le spectre est large.

10 000 projets attendus

Au total, ce sont environ 10 000 projets «d’un montant moyen de 110 000 euros» que le ministre entend voir surgir dans les quatre années à venir. Mais il s’agit d’une moyenne, les besoins d’investissement pouvant être de 20 000 comme d’un million d’euros. Les banques constitueront les dossiers avec les exploitants agricoles, «selon les procédures habituelles d’octroi de crédit».

Le système a déjà fait ses preuves puisque le FEI avait déjà proposé un instrument financier semblable avec les régions Nouvelle Aquitaine et Occitanie. Une ferme dans l’Aude qui fabrique des fromages et des yaourts a pu transformer sa salle de traite, par exemple. Didier Guillaume et le président de la République ont donc décidé de reprendre l’idée pour l’ensemble de la ferme France, qu’il s’agisse d’exploitations laitières, céréalières ou viticoles. Le Crédit agricole, le Crédit mutuel, la BPCE et Arkea devraient proposer le nouvel instrument à partir

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