L'Oise Agricole 19 juillet 2019 à 14h00 | Par Vincent Fermon

Une feuille de route pour la Limousine régionale

L’association Limousine Hauts-de-France rassemble les détenteurs régionaux de la race à la seule condition d’avoir envie de la défendre et de la développer.

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Le nordiste Emmanuel Pouleur entend rassembler les éleveurs régionaux de vaches de race limousine et accompagner son développement.
Le nordiste Emmanuel Pouleur entend rassembler les éleveurs régionaux de vaches de race limousine et accompagner son développement. - © Vincent Fermon

près avoir collaboré depuis plusieurs années, les syndicats d’éleveurs bovins en race limousine du Nord, du Pas-de-Calais et de l’Aisne (Lim’02) ont décidé, il y a quelques semaines, de se rassembler au sein d’une unique association : Limousine Hauts-de- France.

«Cela faisait déjà longtemps que nous avions des échanges», explique son président, Emmanuel Pouleur. Éleveur associé en Gaec avec son frère à Marbaix (59), dans l’Avesnois, il était jusqu’alors président de NorLimousine, syndicat d’éleveurs de vaches limousines dans le Nord-Pas de Calais. «L’idée, c’est de rassembler à l’échelle des Hauts-de-France les éleveurs de Limousine. À l’heure où toutes les structures se régionalisent, cela a du sens et nous donne une meilleure visibilité», poursuit Emmanuel Pouleur. Composé de cinq membres, le bureau de l’association est le reflet de cet élargissement.

Parmi les deux vice-présidents, l’un est éleveur dans l’Aisne (Simon Bournonville) et l’autre (Hélène Lefebvre) dans la Somme. Installé dans le Pas-de-Calais, Antoine Mantel en est le trésorier, tandis que le secrétaire, Laurent Doublet, est originaire de l’Oise. Christian Vanpuyvelde (02), Alain Leclercq (62), Nicolas Plet (62) et Nicolas Bullion (59) complètent le conseil d’administration.

Pour adhérer à l’association, «il suffit d’aimer la Limousine, souligne son président. Tout éleveur est bienvenu, que ses animaux soient inscrits ou non au Herdbook, soumis au contrôle de performances ou pas.» La cotisation se veut aussi d’un montant raisonnable : 25 euros par an et par élevage. La création d’une association régionale spécialisée doit répondre à un engouement nouveau pour la race limousine.

Avec l’arrêt d’un certain nombre d’ateliers de production laitière dans la région, l’élevage d’animaux allaitants représente en quelque sorte une porte de sortie dont l’élevage limousin entend profiter : «Certains nous posent des questions pour se lancer. Nous sommes là pour les accompagner et faire en sorte que le projet fonctionne», assure Emmanuel Pouleur.

Engouement pour la race

Témoin d’un accroissement du troupeau régional, les concours organisés lors de Terres en Fête ou autres réunissent désormais uniquement des éleveurs des Hauts-de-France.

Lors de la prochaine Foire aux fromages de La Capelle (02), du 30 août au 2 septembre, un concours permettra aux éleveurs de présenter jusqu’à 45 animaux en provenance d’élevages des Hauts-de-France, de Normandie et de la Meuse. Les raisons pour expliquer l’intérêt croissant pour la limousine sont multiples selon le président de Limousine Hauts-de-France : «C’est une race qui a des qualités maternelles et qui transforme bien l’herbe en muscle. On a une vache avec des os assez fins et qui peut atteindre des poids de carcasse intéressants. La viande est bien rouge, tendre, avec du goût.» Si d’aucuns lui reprochent d’avoir du caractère, la sélection génétique adossée à une présence régulière de l’éleveur au sein de son troupeau tend à l’atténuer.

Développer un débouché rémunérateur

En étant plus nombreux au sein de l’association, Emmanuel Pouleur espère développer plusieurs services aux adhérents. «Certains d’entre-nous pratiquent déjà l’achat de taureaux en copropriété. En investissant à plusieurs, on peut se permettre d’avoir un plus gros budget et d’avoir accès à une meilleure génétique.»

La mise en relation entre les éleveurs doit aussi leur permettre de trouver «près de chez eux» des animaux de différentes classes d’âge pour augmenter la taille d’un troupeau ou tout simplement se lancer. L’ultime défi de l’association reste enfin de conforter la valorisation bouchère de la viande limousine, via une démarche de qualité au nom déjà connu : le Label rouge Blason Prestige.

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