L'Oise Agricole 11 juin 2020 à 09h00 | Par D.

Une journée technique 4.0 chez Valfrance

Le 4 juin, Valfrance a organisé sa journée technique sous un nouveau format : les experts sont intervenus lors d'un webinaire.

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S'adaptant au contexte sanitaire actuel, la coopérative Valfrance et la Chambre d'agriculture de région Île-de-France ont décidé d'innover et de vous faire profiter malgré tout du contenu de leur plateforme commune d'expérimentation sous un format révolutionnaire, le webinaire. «Malheureusement, la France a connu une crise sanitaire sans précédent. Avec le Covid-19, nous avons dû changer le format pour le respect et la sécurité de tous. Nous avons donc opté pour une visite virtuelle de notre plateforme d'essai afin d'aider les agriculteurs avec les résultats que nous avons récoltés. Les internautes ont pu intervenir en direct en posant des questions. Nos experts ou les intervenants ont pu y répondre le plus efficacement et rapidement possible.» explique Christophe Grison, président de Valfrance.

La coopérative a choisi un système simple pour se connecter, il fallait seulement indiquer son adresse e-mail. Cette journée 4.0 pouvait être visionnée sur ordinateur et smartphone. Près de 130 personnes ont pu suivre en direct la journée technique. Comme pour une journée technique sur le terrain, Valfrance a choisi d'aborder cinq thématiques : variétés blé : quels critères choisir pour vos prochains semis ? ; lutte antigraminée en céréales : quelques nouveautés prometteuses pour l'automne, point sur le désherbage mécanique ; problématique JNO et pucerons d'automne : la tolérance variétale et l'apport des insecticides foliaires pour l'après-Gaucho ; faits marquants en oléo-protéagineux (colza, protéagineux, soja ou tournesol) ; et Cive d'hiver pour la méthanisation : les premiers résultats des essais biomasses.

Semis, que choisir ?

Devant leurs écrans, Delphine Bouttet, d'Arvalis-Institut du végétal, et Cyrille Ligeza, de Valfrance, ont présenté les meilleures variétés à semer pour l'automne. Chevignon est un blé de chez Saaten Union qui a été inscrit en 2017 qui a fait 105,7 % de la synthèse Valépi en 2019. C'est un blé au niveau qualité BPMF, 6 en termes de précocité épiaison et qui a une finition rapide donc il passe sur tout type de terre, tout type de précédent. Chevignon peut être semé du 5 octobre au 5 novembre sans aucun souci. Le PS est un peu faible, c'est du même niveau que Rubisco. Par contre, c'est un blé qui fait beaucoup de rendement. Du coup, il a tendance un peu à diluer la protéine donc ça implique qu'il faut l'accompagner au minimum par trois apports voire un quatrième pour assurer le taux de protéine. C'est une variété qui résiste très bien à l'oïdium et à la septoriose.

Le gros avantage de Fructidor, d'Unisigma, est qu'il s'agit d'un blé de premier semis. Vous pouvez semer du 5 octobre jusqu'au 5 novembre sans aucun problème sur tous type de sol et tous types de précédents, 6 en termes d'épiaison, 6 en maturité, tolérant au chlorto, une bonne fertilité. Cette variété est résistante à l'oïdium, peu sensible à la septoriose, et a une note mycotoxines de 5. Fructidor maintient un profil assez équilibré en terme de maladies.

KWS Extase est une variété de référence pour Valfrance. L'année dernière, il a fait de très bons scores puisque, dans la synthèse d'essais de Valépi sur la récolte 2019, la variété a fini à 107,4 %. Extase, en bonnes terres, a 2 % ou 3 % de plus en potentiel par rapport à Chevignon. C'est un blé VRM, non barbu, 6 en termes de précocité épiaison, 3 en montaison. Ce blé peut être semé jusqu'au 25 octobre. Il reste moyen en PS et en protéines donc c'est un blé à fort potentiel qu'il faut accompagner avec un quatrième apport d'azote pour maintenir les protéines. C'est une variété qui supporte le chlortoluron, résistant à la septoriose, à la rouille brune et à la jaune. KWS Extase a un profil maladie très équilibré. Il allie productivité et résistance aux maladies.

Pour Delphine Bouttet, son «chouchou» 2020 est Garfield. «J'aime bien gagner sur tous les plans : productivité, lutte contre les maladies et productivité. Je pense que Garfield a un vrai potentiel. Tout le monde devrait s'y retrouver. Par contre, cette variété n'est efficace que dans les sols profonds. Après, je pense qu'en terme de demi-précocité, la variété Winner a également un vrai potentiel.» affirme-t-elle.

Faits marquants en oléo-protéagineux

Comment cultiver son colza ? Face à un contexte phytosanitaire restreint et à la présence de résistance au problème d'altises (GA) et du charaçon et l'utilisation de divers leviers. cette année, plusieurs faits marquants ont été positifs et négatifs pour la campagne colza. Le côté positif concerne l'hiver doux et pluvieux, ce qui a permis une poursuite de la croissance en hiver, une reprise rapide sortie hiver, des conditions climatiques optimales à floraison et une faible pression sclérotinia. «Bien évidement, cette campagne a été fortement marquée avec des conditions d'implantation difficiles, une forte pression continue des larves de GA, quelques cas d'hydromorphie sortie hiver et de gel tardif», souligne Bastien Rémurier de Terres Inovia. Dès lors, il est donc question de mettre en place un colza robuste pour faire face aux aléas climatiques et aux pressions des ravageurs.

Il se définit par plusieurs facteurs : quatre feuilles au 20-25 septembre ; 25 g par plante au début de l'automne ; un système racinaire bien développé avec un pivot de 15 cm à l'entrée d'hiver ; une croissance continue tout l'automne ; 40 à 45 g par plante à l'entrée d'hiver. Pour acquérir un colza robuste, il faut semer tôt et l'associer à une légumineuse gélive. Le couvert de cette dernière doit être de 200 g/m2 minimum. Cela va permettre une diminution du nombre de larves d'altises par plante, un soutien de la croissance du colza à l'automne (moins de faim d'azote et une meilleure assimilation du phosphore) et en reprise au printemps, et un gain minimum de 30 u d'azote au printemps. Face au risque de larves GA, Bastien Rémurier préconise la méthode Berlèse : «celle-ci est à réaliser régulièrement durant l'hiver. Il suffit de prélever 25 plantes en coupant au collet sans les racines, couper les limbes des plantes en conservant la nervure centrale, disposer les plantes sur un grillage au dessus d'une bassine remplie d'eau et de mouillant, placer le dispositif dans une pièce bien chauffée pendant au moins 10 à 15 jours, compter le nombre de larves tombées dans les bassines tous les 2 à 3 jours, arrêter le comptage lorsqu'aucune larve ne sort depuis 3 à 4 jours, pour finir, calculer le nombre de larves par plante.»

Valfrance passe un cap sur le numérique ! Les vidéos ont été découpées selon les thématiques pour miser sur la facilité du visionnage. Elles sont disponibles sur l'extranet de la coopérative. Selon Christophe Grison, «cette méthode de visite virtuelle est à réitérer. Cela serait avantageux si par exemple lors d'une journée technique sur le terrain, nous faisons une vidéo pour les personnes ne pouvant pas se déplacer, mais aussi de prévoir un direct».

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