L'Oise Agricole 12 septembre 2019 à 09h00 | Par Dorian Alinaghi

Union européenne/Canada : Ceta proscrire !

Une rencontre parlementaire a été organisée par les Jeunes Agriculteurs de l’Oise à Coivrel dans l’exploitation de Jimmy Dewaele. Ce lieu d’échanges a permis de montrer le mécontentement des agriculteurs et de l’avenir de leur profession avec l’accord du Ceta.

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Les élus LR du Sénat ont décidé de voter contre le Ceta.
Les élus LR du Sénat ont décidé de voter contre le Ceta. - © Dorian Alinaghi

Les Jeunes Agriculteurs de l’Oise ont accueilli au sein de l’exploitation de Jimmy Dewaele. Éric Woerth, député de la 4e circonscription de l’Oise (LR), Pierre Vatin, député de la 5e circonscription de l’Oise (LR), Olivier Dassault, député de la 1re circonscription de l’Oise (LR), Olivier Paccaud, sénateur de l’Oise (LR), Jérôme Bascher, sénateur de l’Oise (LR), Luc Smeassaert, vice-président de la FNSEA. Ils sont venus écouter les agriculteurs sur les accords polémiques du Ceta. Comme elle l’avait annoncé, la députée LREM Carole Bureau-Bonnard a décliné l’invitation. En tant que députée de la majorité, elle avait voté l’accord sur le Ceta (Canada/Europe), à la suite de quoi les Jeunes Agriculteurs avaient mené une action syndicale contre sa permanence à Noyon. La députée a expliqué être dans l’impossibilité de participer à cette rencontre car se déroulait en fin de matinée l’installation du nouveau patron des gendarmes de l’Oise à Beauvais, cérémonie où elle devait se rendre.

Concernant le Ceta, le Canada autorise encore «une quarantaine de substances qui ont été interdites depuis longtemps dans d’autres pays» souligne Pierre Potier, président des Jeunes Agriculteurs de l’Oise. Par ailleurs, il poursuit : «la culture des OGM y a été autorisée en 1995. Ce pays a été aussi le premier pays à commercialiser du saumon transgénique en juillet 2017».

Autre argument relevé également par la FNSEA, cette fois : outre l’autorisation de la culture d’OGM, «les rations à base de farines animales et d’antibiotiques activateurs de croissance sont autorisés», rappelle Luc Smeassaert, vice président de la FNSEA. Et, pour le syndicat agricole, «ni le Ceta, ni la réglementation européenne, ni les règles de l’Organisation mondiale du commerce ne permettent à l’UE d’empêcher les importations de produits ne correspondant pas à nos normes» ajoute Régis Desrumaux, secrétaire général de la FDSEA 60.

Pour expliquer la situation au Canada, une jeune agricultrice, Aurélie Sonneville, témoigne de son stage de six mois : «J’ai réalisé un stage en culture céréalière et un autre en élevage. Pour faire simple, on avait des températures qui descendaient jusqu’à - 30°C. Les Canadiens utilisent des produits qui ne sont plus autorisés en France depuis des dizaines d’années. Concernant l’élevage, les bêtes sont bourrées aux hormones. Je n’ai jamais vacciné autant d’animaux... Ils ne sont pas abrités lorsque les températures sont glaciales. Et plus choquant, le métier d’équarrisseur est très peu présent donc les cadavres des animaux sont jetés en pleine forêt... Je ne comprends vraiment pas ces accords alors que l’on nous demande d’évoluer dans notre profession...».

Un des jeunes agriculteurs a ajouté à la suite de cette intervention que l’agriculture française peut rendre autosuffisant l’Hexagone.

Olivier Paccaud et Jérôme Bascher ont voulu montrer l’intérêt des produits français et notamment locaux dans l’Oise. «Je veux parler de l’enjeu stratégique : si on continue d’aller vers cette politique de libre-échange, un jour ou l’autre, nous n’aurons plus chez nous des gens pour nous nourrir. Alors que la qualité française est une arme stratégique. Pour parler très concrètement, on travaille avec l’ensemble des collectivités locales. Depuis 2015, on a souhaité conventionner avec la Chambre d’agriculture pour développer des circuits courts. On essaye d’approvisionner les cantines en produits locaux. Résultat des courses, on a quasiment doublé la part de produits oisiens dans les assiettes des collégiens. On est passé de 20 % à 40 % dans l’Oise. C’est véritablement vertueux ! Dans le Ceta, il y a un aspect qui m’a beaucoup surpris car il a été volontairement été exclu des accords commerciaux, il s’agit de la culture. C’est-à-dire que les productions audiovisuelles, cinématographiques sont exclues parce qu’il faut protéger la culture européenne et notamment la culture française. Je pense que l’on doit aussi protéger notre exception agricole qui, d’ailleurs, rayonne sur le plan international.» explique-t-il.

«Plus d’écologie ? Plus de bien-être ? Des exploitations à taille humaine ? Moins de produits phytos ? Le juste prix ? ou un système qui favorise à tout prix le profit au détriment de tout avec n’importe qui ? Que mangeront nos enfants et petits-enfants dans les cantines ?» s’interroge Aurélie Sonneville.

Tant de questionnements, tant de demandes de la société, mais peu de réponses pour les agriculteurs…. Pour Olivier Dassault, il faut défendre la «ferme France et arrêter cette concurrence déloyale».

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