L'Oise Agricole 19 décembre 2019 à 09h00 | Par D.

Agora tend vers une sortie des phytosanitaires !

La coopérative Agora a présenté une nouvelle fois un bilan positif. Cette très bonne santé lui permet d’aborder sereinement son changement de modèle économique, amorcé dès cet été par la dissociation du produit et du conseil, la baisse de 10 % de sa marge sur les phytos, la création d’un portail e-commerce.

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Thierry Dupont, président d’Agora, et Jean Xavier Mully, directeur de la coopérative.
Thierry Dupont, président d’Agora, et Jean Xavier Mully, directeur de la coopérative. - © D.

Le chiffre d’affaire de la coopérative pour l’exercice 2018-2019 est de 267 millions d’euros (une progression de 9 % par rapport à l’exercice précédent sur la même période). Cette hausse s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs. Le premier est la bonne collecte de céréales de 880.000 tonnes, le deuxième est la valorisation de 86 % du blé à un prix de campagne à 175 €/t, le troisième est la bonne maîtrise des charges.

Le résultat net de la coopérative est positif, à hauteur de 3 millions d’euros. Un résultat qui permet au conseil d’administration de proposer une distribution sous forme de ristourne de 25 % de son résultat net, soit 790.000 €. Cela représente un complément de 1 €/t livrée par chaque adhérent.

Grâce à une situation financière saine et solide, soutenue par sa trésorerie excédentaire, Agora affirme être prête à amorcer son changement de modèle économique. Sa ligne directrice est d’accompagner ses adhérents dans la recherche de performance technico-économique à travers de nouveaux modes de production comme l’agriculture de précision, de conservation, ou biologique. Mais il s’agit aussi d’accompagner sur de nouvelles pistes de valorisation (méthanisation, captage de carbone).

2018, l’année de la réussite

Forte de ses bons résultats, la coopérative a lancé dès 2019 des chantiers majeurs. Avec la réalisation d’une collecte de plus d’un million de tonnes céréales qui s’explique par les excellents rendements agricoles, la confiance de ses adhérents et la hausse de la part de marché. Cette hausse de volume est importante car elle permet de baisser le coût marginal et d’améliorer le prix payé à l’adhérent. L’aménagement d’un silo dédié au stockage des produits issus de l’agriculture biologique et l’installation de cinq groupes froids pour un stockage des céréales sans insecticides ont marqué l‘année.

Autre virage, celui engagé en agriculture de conservation des sols aux côtés d’Easi’Nov, sa structure d’expertise agricole : visite de la plateforme d’essai à Mouchy-Le-Châtel, constitution de groupes régionaux…

Un succès renouvelé lors de la 2e édition de l’Agora des collèges, avec plus de 675 collégiens de 4e qui ont exploré le terrain de l’agriculture du territoire. Un projet positif dans le cadre de la valorisation du métier de l’agriculteur. Lancement d’Aladin.farm by Agora pour numériser la relation commerciale et offrir à ses adhérents encore plus de transparence sur les prix et de flexibilité. Son ambition est de numériser 80 % des ventes d’ici 3 ans.

La coopérative est entrée depuis le 1er juillet dans une logique de transition de son modèle agricole et de distribution. Pour y arriver, Agora a dissocié le conseil du produit. Première étape concrète : la mise en place d’un catalogue offres et services et la numérisation de sa relation commerciale par le biais d’une plateforme e-commerce. «Nous souhaitons que le changement de modèle économique soit positif pour l’adhérent et qu’il soit source de valeur pour développer son revenu. La création de valeur apportée par la coopérative se fera par le conseil pour aller vers plus de performance technico-économique», explique Thierry Dupont, président d’Agora. Les techniciens d’Agora proposent depuis cet été aux adhérents trois formules, très imagées, afin de s’adapter aux attentes de chacun. La première est le conseil individuel dite «coccinelle», la deuxième est un conseil collectif complété par un conseil individuel à un tarif préférentiel appelée «abeille»,et la dernière est une offre à la carte nommée «papillon».

Agora va plus loin en incitant ses adhérents à entrer dans la mise en œuvre d’une agriculture de projet. Convaincue que plusieurs modèles de production, adaptés au système céréalier, s’offrent aux adhérents, la coopérative a décidé de spécialiser ses technico-commerciaux dans plusieurs domaines : le bio, la méthanisation, l’agriculture de conservation… Le principe est d’animer des groupes d’agriculteurs sur les différents sujets et les aider à progresser ensemble vers de nouvelles techniques culturales.

Pour transformer cette agriculture de projet en résultats concrets, la coopérative mise beaucoup sur une organisation qui favorise l’intelligence collective et le partage d’expertise. Cela passe par l’animation de deux GIEE, de groupes thématiques locaux et par le développement d’Easie’Nov.

Cette structure d’expertise agro-environnementale, économique et innovation va jouer un rôle majeur dans la transition du modèle en cours en formant les conseillers des coopératives partenaires et en proposant des offres dédiées sur la fertilité des sols, les charges de mécanisation, la mise en œuvre de l’agriculture de précision avec Be Api…

Après le développement réussi de la filière pois depuis deux ans avec Roquette, Agora propose pour les semis 2020 la production d’orge de brasserie protéinée. Pour rappel, la filière pois permet aujourd’hui aux producteurs de pois jaunes, qui cherchent une valeur complémentaire à l’intérêt agronomique, de dégager une marge supplémentaire de 250 €/ha par rapport à un pois standard.

L’orge de brasserie protéinée sera quant à elle valorisée en filière pour produire avec Boortmalt du malt, destiné à brasser la bière Budweiser. Une prime sera versée pour mieux rémunérer l’adhérent et valoriser les pratiques de fertilisation mises en œuvre pour aller chercher les derniers quintaux et les points de protéines.

Pour s’adapter aux nouvelles pratiques d’achat, Agora a opté pour la mutualisation et à choisi le projet proposé par Invivo Aladin.farm. Lancé à l’automne, la coopérative mise beaucoup sur ce nouvel outil qui va permettre d’apporter la transparence sur les prix. «C’est une opportunité unique de repenser notre relation adhérente, notre organisation sur le terrain et notre manière de construire les projets d’avenir. Aux côtés de huit autres coopératives, nous avons rejoint le groupe pilote pour développer le portail e-comerce aladin.farm. Notre objectif est que l’essentiel du chiffre d’affaire généré par les appros et les services passe par ce portail» détaille Jean-Xavier Mullie, directeur de la coopérative. «C’est un nouveau gage d’autonomie pour les adhérents et un gain de temps pour l’équipe commerciale. Ce temps est réinvesti au service des adhérents en les accompagnant au quotidien au travers de diagnostics, de conseils, d’expérimentations, de veille, d’études économiques…»

Chiffres cléfs

  • 2.540 adhérents
  • 23 administrateurs
  • 12 collaborateurs
  • 52 sites
  • 880.000 tonnes collectées en 2018
  • 753.000 tonnes de stockage
  • 81 millions d’euros de chiffre d’affaires appros
  • 100.000 quintaux semences produites
  • 5.000 microparcelles
  • 267 millions d’euros de chiffres d’affaires total

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