L'Oise Agricole 20 juin 2019 à 10h00 | Par Dorian Alinaghi

Elvea 60 s’adapte et prend le taureaux par les cornes

Elvea 60 a organisé son assemblée générale le 7 juin à Clermont. L’occasion pour l’association de faire le point sur l’année 2018, mais aussi de voir les perspectives pour 2019.

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Près d’une cinquantaine d’éleveurs ont assisté à l’assemblée générale.
Près d’une cinquantaine d’éleveurs ont assisté à l’assemblée générale. - © Dorian Alinaghi

L’actualité concernant la viande est plutôt forte, entre 780 tonnes de steaks hachés non conformes distribuées aux plus démunis en France, des prix stagnants, la fermeture de l’abattoir de Mondidier, une volonté sociétale d’avoir une viande de qualité.

C’est donc l’occasion pour Elvea 60 de montrer l‘importance du travail de l’association auprès des éleveurs, mais aussi au niveau de la qualité de la viande fournie localement.

«2018 n’a pas été une bonne année pour les prix en viande bovine. Les prix du marché sont restés bas dans toutes les catégories d’animaux. La politique du toujours moins cher construit notre travail dans les filières locales. La compétition se fait donc ressentir de plus en plus car, dans certaines filières, nos partenaires d’hier deviennent nos concurrents d’aujourd’hui. Pour se différencier d’eux, notre force est de pouvoir proposer de l’animation en magasins. La présence des éleveurs est très appréciée des consommateurs, des chefs bouchers mais aussi des patrons des enseignes. Nous devons rester novateurs, c’est pourquoi depuis quelques mois, l’association s’est penchée sur une réflexion concernant les modes de fidélisation dans les différentes filières existantes. Pour cela, nous avons pensé à la mise en place d’un label ou d’une appellation permettant de figer les contrats sur des quantités et une qualité particulière toujours dans l’objectif de réhausser les prix. Cela permettra de viser des nouvelles filières comme la viande non OGM. Outre cette information, à ce jour, 33 magasins sont partenaires avec notre association. Cela nous permet de commercialiser des animaux de toutes catégories et de toutes races. Nous avons également travaillé sur une nouvelle filière viande hachée locale. Les différents essais nous ont montré qu’il fallait être présents en magasin. Nous sommes en stand by sur un autre projet, celui de l’approvisionnement des établissement scolaires. Les élus politiques y sont favorables, mais l’administration reste encore très réticente. Le prix du repas reste toujours plus important que la qualité et l’origine des produits. Mais notre association est forte, car à ce jour, 80 % des adhérents ont commercialisé en filière locale de proximité» explique Francis Camus, président d’Elvea 60.

C’est l’occasion aussi de rappeler le succès de la 13e édition de la foire de la Sainte-Catherine avec 31.000 euros de plus-value (32.000 euros en 2017), 90 % d’animaux vendus (80 % en 2017) et 60 bovins présentés (69 bovins en 2017). De plus, Chistophe De Bruyne, chargé de missions à Elvea 60, a présenté le bilan des ventes de bovins aux filières.

«Avec la filière Intermarché, on a vendu 528 bovins (112.300 euros), pour E. Leclerc 156 bovins (53.500 euros), pour Carrefour 76 bovins (28.500 euros), pour le Ets Lucien avec 46 bovins (7.300 euros), pour le Super U avec 16 bovins (5.600 euros) et la boucherie Douchet avec 9 bovins (2.800 euros).»

L’année 2019 débute plutôt bien pour l’association. Récemment, une contractualisation avec le groupe Lildl s’est effectuée au sein de l’association. Ce contrat prendra effet pour le mois de septembre. Il s’agit d’une filière charolaise, femelle (vaches et génisses) avec pour critères : poids de 340 kg à 420 kg, classement R-, R= et R +. Les animaux seront abattus à Formerie.

Vers un changement de statut

Cette assemblée générale a révélé les évolutions réglementaires qui encadrent les organisations de producteurs de viande et la nécessité d’un accompagnement.

Les États généraux de l’alimentation et le nouveau cadre européen modifient en profondeur l’organisation des organisations de producteurs. «Grâce à la loi Egalim et à l’adoption des nouveaux statuts, nous allons pouvoir contractualiser les prix et les volumes avec nos acheteurs» souligne Francis Camus.

En matière de fonctionnement, cette pro­chaine loi agricole va instaurer une meil­leure parité, puisqu’on ne parlera plus d’OP «commerciale» ou «non commerciale», mais seulement d’OP avec ou sans transfert de pro­priété, dans l’idée commune de tendre vers les objectifs affichés. Le fonctionnement de l’association va da­vantage se recentrer sur les acheteurs qui en­treront dans le cadre des évolutions voulues ou imposées ; au regard du droit à la concur­rence, ils ne pourront plus être «membres à part entière» de l’OP ; ils seront dorénavant «désignés» pour travailler avec les éleveurs, et continueront dans ce cadre à prendre une part active au fonctionnement global de l’OP.

Les évolutions des OP concernent : le passage d’un collège acheteur à des acheteurs désignés ; les OP désignent «des acheteurs désignés» ; établir une relation durable et de partenariat avec les adhérents.

Concernant les impacts (plus de pouvoir de vote, mais une relation privilégiée avec l’OP), il s’agit des acheteurs qui deviennent des contributeurs de l’association et bénéficiaires de prestations de service de l’OP ; une livraison de 75 % de la production (hors vente direct) via les acheteurs désignés ; existence d’un mandat de négociation pour tout ou partie de la production et respect des conditions contractuelles.

Ces modifications statutaires des organisations de producteurs faisaient partie des résolutions annoncées par Elvea 60. Ces dernières ont été votées à l’unanimité.

Chiffres clefs de Elvea 60

  • 115 éleveurs adhérents.
  • 30 magasins sous signes officiels de qualité.
  • 93 éleveurs livreurs.
  • 833 bovins valorisés en filière locale.
  • 210.000 euros de plus-value en filières locales.

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