L'Oise Agricole 22 mai 2019 à 14h00 | Par Actuagri

Améliorer le fonctionnement des agences sanitaires

Si la sortie du rapport de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) sur l'évaluation des risques sanitaires et environnementaux par les agences a donné lieu à une polémique sur la cancérogénicité du glyphosate, l'OPESCT ne se prononce pas sur la dangerosité de la substance, mais promulgue un certain nombre de recommandations pour redonner confiance dans les évaluations effectuées par les agences.

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L'objectif du rapport n'est pas de statuer sur la dangerosité du glyphosate, mais plutôt de trouver les leviers pour redonner du crédit aux évaluations des agences sanitaires et éviter les polémiques.
L'objectif du rapport n'est pas de statuer sur la dangerosité du glyphosate, mais plutôt de trouver les leviers pour redonner du crédit aux évaluations des agences sanitaires et éviter les polémiques. - © DR

Quelques jours avant la présentation, le 16 mai, du rapport de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPESCT) intitulé «Evaluation des risques sanitaires et environnementaux par les agences : trouver le chemin de la confiance», les propos du sénateur Pierre Médevielle, l'un des co-rapporteurs assurant que le glyphosate n'était pas cancérogène, ont fait polé-mique. Pourtant, l'objectif du rapport n'est pas de statuer sur la dangerosité de la substance, mais plutôt, justement, de trouver les leviers pour redonner du crédit aux évaluations des agences sanitaires et éviter les polémiques qui jettent l'opprobre sur leur travail scientifique.

Le texte, qui résume un an et demi d'auditions, explique notamment les divergences d'avis entre les diffé-rentes agences, en s'appuyant notamment sur le cas du glyphosate. Car sur neuf agences sanitaires, seule une, le Circ (Centre international de recherche sur le cancer, créée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS)), a conclu à un classement du glyphosate parmi les «cancérogènes probables». Un résultat différent de celui auquel a conclu l'Efsa, l'autorité européenne de sécurité des aliments.

Pour l'OPECST, cette divergence s'explique par plusieurs facteurs, entre autres, le fait que le Circ ne se soit appuyé que sur les études académiques tandis que l'Efsa a utilisé aussi les bilans des industriels, par ailleurs, l'agence de l'OMS s'est penchée sur l'influence des coformulants tandis que l'autorité européenne a travaillé uniquement sur la molécule en elle-même. En outre, «l'Efsa a procédé à une évaluation plus complète que le Circ des effets du glyphosate, car le champ de ses investigations ne se limite pas à la cancérogénicité et s'étend à un ensemble plus large d'effets sur la santé», indique le rapport de l'OPECST.

Néanmoins, alimentée par les «Monsanto Papers» (la société Monsanto, l'une des principales à commercialiser le glyphosate, a fait écrire un certain nombre d'articles favorables à la molécule en les faisant signer par des scientifiques renommés), une polémique a émergé quant à la fiabilité des agences sanitaires et de leurs évaluations.

 

Des pistes pour restaurer la confiance

Le rapport de l'OPECST s'attache donc à analyser les leviers de perfectionnement des agences pour leur redonner du crédit et de la légitimité aux yeux de la société. Pour les parlementaires, il apparaît ainsi essentiel de renforcer les capacités d'évaluation des risques réglementés par les agences grâce notamment à un fonds de recherche inter-agences permettant de commander des études, de développer des instruments de surveillance en situation réelle des effets des produits réglementés, de mettre en commun des systèmes d'information partagés.

Pour améliorer aussi la transparence des travaux d'évaluation, le rapport préconise de mettre à dis-position du public l'intégralité des données figurant dans les dossiers soumis aux agences d'évaluation pour permettre une contre-expertise citoyenne, ainsi que de «contrôler les liens d'intérêt déclarés dans le cadre d'obligations déontologiques fortes pesant sur les personnels et experts des agences».

Il faut également, recommandent les parlementaires, conforter les agences dans leur rôle d'expertise des risques, en renforçant l'attractivité pour les scientifiques de la participation aux travaux d'ex-pertise menés par les agences, structurer le dialogue entre organes d'évaluation pour éviter les divergences d'appréciation sur les risques, et donner aux agences des compétences étendues pour l'identification des risques émergents. Enfin, l'évaluation des risques doit être rendue «accessible et compréhensible», pour un public non initié qui s'intéresse de plus en plus près à ces sujets en lien avec l'alimentation et la santé.

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