L'Oise Agricole 30 juin 2019 à 10h00 | Par Gaëtane Trichet

Forte évolution de la production d’ovins sur les Hauts-de-France

Les adhérents de la coopérative ovine des Bergers du Nord-Est se sont réunis en assemblée générale le 19 juin dernier à La Vallée-au-Blé. L’occasion de confirmer, au vu de l’activité 2018, l’intérêt croissant pour la production ovine.

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La coopérative des Bergers du  Nord Est travaille sur les deux régions des Hauts-de-France et du Grand-Est.
La coopérative des Bergers du Nord Est travaille sur les deux régions des Hauts-de-France et du Grand-Est. - © Gaëtane Trichet

«Le nombre total d’adhérents à la coopérative continue de progresser. Il est passé à 553 éleveurs contre 539 en 2018» s’est félicité Thierry Vroman, directeur des Bergers du Nord Est, précisant toutefois que 310 sont des adhérents actifs, autrement dit, qu’ils ont eu une activité significative au cours de l’année avec la coopérative. Autre augmentation, celle du nombre de brebis, passant à 67.600 en 2019, soit 2.200 têtes de plus que l’an passé. En Hauts-de-France, on compte 40.000 brebis et 27.500 sur le Grand-Est.

La taille moyenne des troupes reste stable, à 218 femelles en moyenne. «La proportion d’agneaux de bergerie augmente par rapport à la production d’agneaux d’herbe et sur 2018, nous sommes à 57 % sur les brebis de bergerie, 18 % sur du mixte et 25 % sur du plein air».

Des ventes en augmentation

Côté activité boucherie pour 2018, là aussi les chiffres sont positifs. Le nombre d’agneaux commercialisés par les Bergers du Nord-Est atteint au total 61.059 animaux, soit une augmentation de 2.898 animaux par rapport à 2017, en hausse de 4,9 %.

«C’est une très bonne nouvelle, la coopérative a progressé de plus de 3.315 agneaux pour frôler les 54.200 têtes, alors que le nombre de réforme s’est réduit de 417 animaux, soit 6.901 brebis. À cela plusieurs phénomènes, le premier étant une dynamique positive sur des créations ou des agrandissements de troupes notamment sur la région Hauts-de-France et la partie Champagne-Ardenne et le deuxième, en 2018 il y a eu une très belle productivité sur la production d’agneaux d’herbe, et le troisième, qui devrait encore s’accentuer sur 2019, c’est la date de la fête de l’Aïd el-Kébir en août, période de vacances. Les agneaux de l’Aïd el-Kébir reviennent donc sur le circuit de la boucherie traditionnelle de la coopérative».

Le directeur a également annoncé des ventes de carcasses stables (34.661 en 2018 contre 34.677 en 2017) et une augmentation en ventes d’animaux vifs (20.307 contre 16.166). Les débouchés en carcasses sur 2018 type GMS, représentent en 2017, 28 % des ventes contre 24 % en 2016, le taux boucher» représente plus d’un tiers, les ventes bio poursuivent leur progression et représentent aujourd’hui 3 % des ventes carcasses soit 1.000 agneaux.

Après une baisse des ventes en 2017, le volume commercialisé auprès des boucheries et chevilles a augmenté cette année de 31 %, avec + 1.837 agneaux). «La valorisation des carcasses est réalisée sous différentes marques ou cahiers des charges comme la Filière Qualité Carrefour, l’Agneau d’Or, Saveur en Or, Tendre Agneau ou encore plus récemment l’Agneau Bio». Et pour être complet, Thierry Vroman a expliqué que 88 % des carcasses étaient commercialisées en région des Hauts-de-France essentiellement sur le Nord-Pas-de-Calais.

Des prix et des compléments de prix

«Au début de l’exercice 2018, les cotations ont été plus favorables, notamment à la période de Pâques, qu’en début 2017 qui avait connu un marché une situation de marché particulièrement compliqué. En revanche, elles sont restées plutôt stables sur l’année» a constaté le directeur.

Au niveau de la coopérative, afin d’assurer la commercialisation toute l’année et lisser les sorties importantes, les responsables de la coopérative apportent un complément de prix désaisonnement pour des agneaux de moins de 6 mois lors des périodes charnières entre les productions d’herbe et de bergerie.

Ainsi, selon les semaines, un système de primes pour les 15-20 kg apporte de 0,30 à 1,20 euros de plus par kilo, pour les 20,01 à 22 kg, de 0,15 à 0,60 euro par kilo.

Enfin une prime de conduite d’élevage, des agneaux de qualité, certifiés plein air oscille entre 0,30 et 0,70 euro de plus par kilo pour les agneaux de 15 à 23 kg. «Les agneaux de plein air doivent avoir pâturé au moins 50 jours pour bénéficier de ce complément» a tenu à préciser le directeur encourageant les éleveurs à produire des agneaux à l’herbe à l’automne pour une meilleure valorisation, «même si cela reste compliqué».

Il a ensuite fait un point sur le marché de la laine. «Le tonnage commercialisé par la coopérative a augmenté de 12 tonnes par rapport à 2017 avec des prix identiques sur les deux années, mais le marché de laine reste mondial donc très fluctuant et dépendant des exportations de la Chine».

L’année 2018 a été donc meilleure pour les Bergers du Nord-Est et pour les éleveurs d’ovins. «On retrouve un peu de dynamisme sur le terrain. De nouveaux projets d’agrandissement ou de création d’ateliers sont annoncés pour 2020-2021» s’est félicité Jean-François Potel, président de la coopérative. «Il y a de la place pour les personnes intéressées car aujourd’hui la production reste déficitaire par rapport à la consommation».

Il a encouragé les éleveurs à continuer l’agneau de boucherie, une valeur sûre. «Il faut continuer à développer la production ovine et motiver des jeunes et des moins jeunes dans cette filière. Même s’il y a parfois des passages compliqués, aujourd’hui les feux sont au vert» a-t-il conclu, avant de passer une vidéo dans laquelle Xavier Bertrand, président de la région des Hauts-de-France, a réitéré tout son soutien aux éleveurs ovins.

 

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