L'Oise Agricole 22 novembre 2018 à 09h00 | Par Dorian Alinaghi

La 3e rencontre rurale se focalise sur l'école et les inondations

Le jeudi 15 novembre 2018 à Ressons-sur-Matz, le Conseil départemental a organisé pour la 3e édition des rencontres rurales de l'Oise. Cette année, les thèmes abordés concernent la lutte contre la fermeture de classes et les inondations.

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Nadège Lefebvre, présidente du Conseil départemental
Nadège Lefebvre, présidente du Conseil départemental - © Dorian Alinaghi

L'édition précédente se focalisait sur la vidéosurveillance et la désertification médicale. «Depuis trois ans, les Rencontres de l'Oise rurale sont devenues un événement quasi-incontournable pour nous, a rappelé Nadège Lefebvre, présidente du Conseil départemental. C'est en effet l'occasion de mettre sur la table un certain nombre de sujets qui concernent nos communes et préoccupent nécessairement leurs maires.» Cette année, les nouvelles préoccupations sont la fermeture des classes en zone rurale et les inondations qui dévastent des villages.

«Reprendre la main est possible, si vous prenez conscience que vous êtes majoritaires»

Que deviendra la ruralité dans l'avenir ? Quelles sont les solutions pour rendre la ruralité attractive ? Pour répondre à ces questions, le Conseil départemental a invité Christophe Guilluy, géographe indépendant et auteur du livre La France périphérique. Il a donc exposé sur une petite heure les enjeux de la nouvelle organisation du territoire français, partagé entre des agglomérations hyperpuissantes et des territoires périphériques délaissés. «Si l'on veut vous faire croire que tout se passe dans les agglomérations, la réalité est que ce sont les habitants des zones périphériques qui sont les plus nombreux» affirme-t-il aux maires.

Il tient à rappeler que, pour des raisons économiques, 54 % de la population française vit en zone rurale et qu'elle sera de moins en moins mobile. Ainsi, les élus doivent dès à présent inventer et créer des nouvelles solutions, tout en restant sur l'échelle du département. «La population va mécaniquement se rajeunir avec l'apparition de nouvelles opportunités de développement.» ajoute Christophe Guilluy. Dès lors, il a listé un nombre de projets importants venant de la volonté des élus locaux. «Les élus, sur ces collectivités, connaissent parfaitement leur territoire et les besoins des habitants.» explique-t-il. On y trouve donc le Futuroscope de Poitiers, le TGV Nord, ou bien Laguiole en Aveyron.

Anticiper, communiquer et agir

À la suite de cette intervention, deux tables rondes consacrées à l'école rurale et aux risques liés aux inondations.

Les participants de la première table ronde étaient Olivier Paccaud, sénateur de l'Oise, conseiller départemental du canton de Mouy, Nadège Lefebvre, présidente du Conseil départemental, Denis Vivant, adjoint au maire de Glaignes, Jacky Crépin, directeur départemental des services de l'Éducation Nationale, et Nicole Cordier, vice-présidente du Conseil départemental chargée de l'éducation et de la jeunesse, maire de Bonneuil-les-Eaux. Cette table ronde a permis d'exposer les difficultés dans les communes et d'apporter des solutions.

«L'école est notre préoccupation à tous. Avec l'école et les équipements connexes comme les cantines, les périscolaires, c'est souvent l'attractivité de nos communes qui est en jeu. Les territoires privés de services et d'écoles sont les plus touchés par le déclin de l'emploi et la disparition de la classe moyenne.Maintenir nos écoles est donc un enjeu fort pour les maires des communes rurales.» stipule Nadège Lefebvre.

Pour Olivier Paccaud, sénateur de l'Oise, il s'agit d'un problème politique. «Lors de la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron, le choix était de mettre l'accent sur le primaire. Ce qui est tout à fait juste car c'est dans les premières années que tout se joue. Et en France, trop longtemps on n'a pas assez fait d'effort financièrement. Pour le primaire, l'État dépense 6.300 euros par enfant, 8.500 dans le collège, 10.500 dans les lycées. C'est l'inverse dans les pays qui ont un meilleur résultat que nous. Aujourd'hui, l'État essaye de rechanger ; cependant, il met le paquet sur un autre point, les zones d'éducation prioritaires. Au niveau national, on trouve 1.097 collèges en réseaux d'éducation prioritaires et 9 sont en zone rurale, donc moins de 1 %. Les maires ne comprennent donc pas pourquoi il n'y a pas de moyens en zone rurale alors que les résultats sont bons.»

Les solutions données par Jacky Crépin sont, tout d'abord, liées à l'anticipation et à la prise en compte, plusieurs années en amont, de l'évolution démographique et parfois à plusieurs communes. Et ensuite, il ne faut pas hésiter à communiquer avec l'Éducation Nationale.

Pour la deuxième table ronde, se sont installés Cyril Logereau, chargé de mission à la Cellule d'assistance technique à l'entretien des rivières (Cater), Jacques Soufflet, maire de Pontoise-lès-Noyon, Nadège Lefebvre, présidente du Conseil départemental, Nicole Colin, vice-présidente du Conseil départemental chargée du cadre de vie, Philippe Lecot, maire de Boullarre, et Nicolas Sellier, chargé de projets, Sogeti Ingénierie.

Ici, il s'agissait d'évoquer les inondations, un phénomène qui dévaste de nombreux bourgs dans le département. «La gestion des eaux de ruissellement et la prévention d'inondations sont des sujets très complexes. On l'a vu, les solutions qui conduisent à déplacer les problèmes un peu plus loin en aval ou dans les champs voisins sont à proscrire. Bien souvent, la recherche de solutions efficaces nécessite de mettre autour de la table tous les élus du bassin, les agents techniques, les anciens mais aussi et surtout les agriculteurs», a expliqué Nadège Lefebvre. Dès lors, une assistance technique départementale et une nouvelle aide aux communes pour financer des diagnostics vont permettre d'aider à éviter ce fléau.

 

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