L'Oise Agricole 14 décembre 2022 a 17h00 | Par D.A.

Le GDS Picardie alerte sur la progression de la besnoitiose

Comme chaque hiver, le Groupement de défense sanitaire réalise sa tournée en Picardie afin de faire part de son activité, mais aussi des enjeux à venir et des alertes.

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Ce moment d’échange a été l’occasion de rappeler aux adhérents l’importance des packs avortements, des kits d’analyses et des autres actions techniques que propose le GDS.
Ce moment d’échange a été l’occasion de rappeler aux adhérents l’importance des packs avortements, des kits d’analyses et des autres actions techniques que propose le GDS. - © D.A.

C’est à Méry-la-Bataille, le 8 décembre, que le GDS Picardie a organisé l’une de ses réunions hivernales. Ainsi, Léa Behaegel, conseillère GDS Picardie et référente du site de l’Oise, a réalisé un point réglementaire sur la loi santé animale (LSA). «L’Union européenne a reconnu le programme français d’éradication de l’IBR (rhinotrachéïte infectieuse bovine). Avec la LSA, les cheptels qualifiés «troupeaux indemnes d’IBR» conservent leur qualification. En revanche, certaines règles lors de mouvements d’animaux et les protocoles d’analyses en prophylaxie sont modifiées. De manière générale, la réglementation se durcit pour les élevages non indemnes et elle s’allège pour les élevages indemnes depuis plus de trois ans. L’objectif final, via un calendrier strict, est d’atteindre 99,8 % des troupeaux indemnes en 2027 et permettre ainsi à la France d’acquérir le statut Indemne d’IBR. Par exemple, le nombre de troupeaux indemnes dans l’Oise s’élève à 91,1 %». Autre temps fort, la suite de l’éradication de la BVD (bovine viral diarrhe).

En effet, la généralisation du dépistage par prélèvement auriculaire soufflera sa 4e bougie et il est temps de penser à la suite. Le GDS Picardie parle alors de sérologie. Mais une réflexion se pose avant le changement de méthode. Et elle repose sur six conditions : un taux de dépistage des naissances inférieur à 90 % sur deux années consécutives, un taux de viropositifs à la naissance inférieur à 0,1 % en PCR, un taux annuel d’élevages infectés inférieur à 2 %, un taux de bovins non IPI supérieur à 90 %, une connaissance de l’état vaccinal des bovins et une excellente gestion de la BVD lors des mouvements de bovins.

La besnoitiose, nouveau cheval de bataille

Il s´agit d´une affection dont les contaminations se produisent principalement en été, de juin à septembre, durant les périodes chaudes. «La besnoitiose est une maladie parasitaire qui peut toucher tous les types de troupeaux (viande/lait, toute race confondue) et qui se transmet soit par voie vectorielle, un insecte piqueur, soit par voie artificielle si les aiguilles ne sont pas renouvelées entre chaque bovin. Elle peut se manifester sous plusieurs formes selon les individus contaminés et le stade d’évolution de la maladie. Cette dernière s’exprime en trois phases dont les deux premières ne sont pas si évidentes à détecter au premier coup d’œil. La première dite «fébrile» (3 à 10 jours) signale une forte fièvre (40 à 41°C) et un bovin essoufflé avec le nez et les yeux qui coulent. La phase deux, dite «oedèmes» (1 à 3 semaines) se caractérise par une peau chaude, tendue et douloureuse, et l’apparition d’œdèmes sous-cutanés, sur la tête et en régions déclives (des membres, des fanons, du scrotum, des paupières…). Et la dernière phase dite de «sclérodermie» (à partir de 6 semaines) montre un épaississement de la peau qui se plisse, la formation de crevasses et un amaigrissement allant parfois jusqu’à la mort ou l’euthanasie de l’animal» détaille Thérèse Wauquier, vétérinaire chez Héliovet Clinique à Crèvecœur-le-Grand. Si d’autres cas sont signalés, des mesures seront mises en place dans le cheptel foyer. Premièrement, la réalisation d’une enquête épidémiologique permettra d’essayer de comprendre l’origine du foyer et de prévenir la diffusion de la maladie. Deuxièmement, la mise en place d’une stratégie d’assainissement en fonction de la prévalence. Troisièmement, des mesures de biosécurité seront instaurées pour limiter la diffusion de la maladie. À ce jour, il n’existe pas de vaccin pour lutter contre la maladie. Seul un traitement dans les tous premiers jours (phase fébrile) par de fortes doses de sulfamides peut agir. Le bovin traité peut reprendre du poids, vêler normalement ou être engraissé pour être commercialisé. «Par contre, alerte Léa Behaegel, traités et guéris en apparence, les animaux restent porteurs à vie du parasite. Ils constituent un réservoir de contagion pour le troupeau et doivent être rapidement éliminés.»

Une journée de formation sur la biosécurité

«La biosécurité peut être définie comme l’ensemble des mesures de protection pour prévenir l’introduction d’agents pathogènes, leur dispersion à l’intérieur de l’élevage et leur dissémination hors de l’élevage», explique Capucine Desreumaux, conseillère au GDS Picardie. La biosécurité vis-à-vis des risques extérieurs consiste à maîtriser les sources d’introduction de contaminants dans l’élevage via des mesures simples. La biosécurité en interne a pour but de limiter la propagation des germes qui seraient présents à l’intérieur du cheptel, leur sortie de l’élevage et leur persistance dans l’environnement. Le GDS Picardie vous propose donc un rendez-vous gratuit, «je préserve la santé de mon troupeau et la mienne avec la biosécurité» le 17 janvier à Domeliers, dans l’Oise. Pour plus de renseignements, envoyez un courriel à lea.behaegel.gdspicardie@reseaugds.com ou appelez le 03 44 11 44 13.

 

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