L'Oise Agricole 03 avril 2020 à 14h00 | Par Agence de presse

Plus de place en GMS pour des produits français

Depuis le 23 mars, toutes les enseignes se sont engagées à mettre en avant les produits frais français les plus pénalisés par les conséquences du coronavirus : fraise, asperges et agneau notamment.

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- © jc gutner

Des fraises, des asperges... oui, mais produites en France: l’ensemble des distributeurs ont entonné cet air dès le 23 mars en s’engageant à mettre en avant les produits frais d’origine France. «Nous avons pris l’engagement de mettre encore plus de produits français», a lancé Jacques Creyssel, président de la FCD (distributeurs intégrés), le 24 mars sur BFMTV. Une annonce qui concerne les fraises et les asperges, donc, qui rentrent en pic de production et se voient privées d’un débouché important par la fermeture des marchés de plein air. Mais aussi l’agneau, qui se prépare à une Pâques catastrophique pour cause de confinement.

«Toutes les chaînes sont en train de passer à un approvisionnement français. Les produits étrangers qui sont présents en rayon seront écoulés, mais après il n’y aura pas d’approvisionnement hors de France», expliquait il y a quelques jours la FCD au quotidien Les Echos. Un engagement qui se traduit aussi sous forme de campagnes de publicité.

Chez Leclerc, des légumes 100% français

De son côté, le patron des magasins E. Leclerc a indiqué s’être engagé auprès de la FNSEA à «stopper toute autre origine que France sur les filières asperges, tomates et concombres». «Idem pour la fraise française, qui sera poussée en priorité», a déclaré Michel-Edouard Leclerc dans un billet posté sur son blog le 23 mars. Il a précisé qu’il pourrait y avoir des exceptions dans quelques magasins afin d’honorer les contrats passés, mais que «ce sera anecdotique». L’enseigne Système U s’est aussi engagée auprès de la FNSEA à faire valoir le made in France sur ses étals. Le groupe coopératif assure mettre «tout en oeuvre pour promouvoir les ventes des produits de saison de France et ainsi soutenir la production nationale».

En matière d’origine France, les distributeurs ne partaient pas d’une feuille blanche : «Concernant les fruits et légumes, l’origine France est majoritaire en grandes surfaces», affirmait la fédération dans un bilan de 2019. Dans ce document, on apprend qu’en 2017, 94 % des magasins proposaient de l’asperge française (contre 68 % pour l’origine Espagne), d’après FranceAgriMer. En fraises, 90 % des magasins proposaient des gariguettes françaises en 2018. La première variété espagnole, Fortuna, n’était présente que dans un magasin sur cinq. Un bilan également élogieux en viande bovine (plus de 98 % des références en libre-service) et en lait liquide (à 97 % d’origine française.)

Un appel entendu

Mais, avant de s’engager à favoriser, encore plus, le made in France, les enseignes ont tout de même subi plusieurs jours de pression syndicale agricole. Un appel relayé par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire : «J’appelle les grands distributeurs à un nouvel effort: approvisionnez-vous en produits français», a-t-il lancé le 24 mars sur FranceInfo. «Je sais que [ces enseignes] le feront parce qu’elles sont solidaires dans cette crise [...] de façon à ce que nos agriculteurs ne soient pas pénalisés par cette décision» de fermer les marchés, avait-il ajouté.

Des millions de fleurs détruites chaque jour aux Pays-Bas

En pleine saison des tulipes, les horticulteurs néerlandais se voient contraints de détruire des millions de fleurs chaque jour, une situation inédite causée par la pandémie du nouveau coronavirus qui a fait chuter la demande. D’énormes tas de tulipes, roses, chrysanthèmes et autres plantes s’alignent depuis une semaine dans le plus grand marché aux fleurs du monde, obligé de se débarrasser d’une majorité de sa production face à une montagne d’invendus. «La seule solution est de les détruire», regrette Michel van Schie, porte-parole de la coopérative Royal FloraHolland, le géant néerlandais de l’horticulture. «Le marché aux fleurs aux Pays-Bas existe déjà depuis plus de 100 ans, et c’est la première fois que nous sommes confrontés à une telle crise», a-t-il déclaré à l’AFP. Royal FloraHolland estime que «70 à 80 % de la production totale (de fleurs) est en train d’être détruite» aux Pays-Bas, les producteurs néerlandais recourant à la même solution dans leurs propres pépinières. La fermeture des marchés et commerces, ainsi que le confinement de la population ordonné dans plusieurs pays d’Europe, entraînent des conséquences «dramatiques» pour le secteur horticole néerlandais, déplore Prisca Kleijn, directrice de l’Association royale des producteurs de bulbes (KAVB).

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