L'Oise Agricole 29 octobre 2020 à 09h00 | Par Vincent Fermon, Dominique Lapeyre-Cave

Prise direct’ a dix ans et s’étend

L’enseigne de distribution de produits fermiers du groupe Advitam compte un nouveau partenaire dans son capital (Agora) et continue d’augmenter son nombre de points de vente.

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En Hauts-de-France, l’enseigne Prise Direct compte 9 magasins et 13 corners au sein des magasins Gamm Vert.
En Hauts-de-France, l’enseigne Prise Direct compte 9 magasins et 13 corners au sein des magasins Gamm Vert. - © Prise Direct

Depuis l’inauguration d’un corner dédié aux produits fermiers locaux dans le magasin Gamm Vert de Péronne (80), le concept de Prise direct’ a bien changé. D’abord, il ne faut plus l’appeler «Panier de mon terroir» comme à ses origines mais utiliser le nom «Prise direct’». Ensuite, le corner s’est agrandi pour se transformer en magasin à part entière.

Le concept de points de vente de produits fermiers développé par le groupe Advitam (Unéal) a ainsi bien grandi depuis 2010. Il compte désormais 9 magasins et 13 corners au sein des magasins Gamm Vert. Son chiffre d’affaires s’élève à 20 millions d’euros et 100 emplois ont été créés. La différence avec d’autres enseignes similaires, hormis les points de vente indépendants créés par des groupes d’agriculteurs, «c’est que ces magasins appartiennent aux agriculteurs», explique-t-on chez Prise direct’.

Une idée née en 2009

L’idée de «Panier de mon terroir» puis de Prise direct’ est née «d’une discussion entre les représentants des Chambres d’agriculture du Nord-Pas-de-Calais, de la Somme et la coopérative Unéal», se sou-vient Bertrand Hernu, agriculteur à Valhuon (62), président de la coopérative Unéal et du groupe Advitam. «À cette époque, nous nous sommes dits que nous pour-rions connecter les agriculteurs adhérents à notre coopérative directement aux consommateurs de ce grand territoire des Hauts-de-France en nous appuyant sur notre réseau de distribution déjà existant.»

En 2010, un premier espace de vente de produits fermiers est créé dans le magasin Gamm Vert de Péronne. Cinq ans plus tard, on en compte 13. En 2016, un magasin à part entière est créé dans le centre-ville d’Arras (62), sous l’enseigne «Prise direct’» ; laquelle est amenée à remplacer le nom «Panier de mon terroir».

La même année, une prise de participation du groupe Advitam dans le capital de l’entreprise Charlet permet d’améliorer la logistique en s’appuyant sur l’expertise et le maillage territorial du distributeur de produits frais.

Les faits marquants de 2020 sont la prise de participation dans Prise direct’ de la coopérative Agora, «à hauteur de sa participation dans le capital de Vertdis, soit autour de 12 %», explique Christophe Cannesson, administrateur d’Unéal et président d’Advitam Distribution. On notera aussi le développement d’un service «Click and collect» (vente en ligne). La mise en place d’un service de livraison à domicile, d’une carte de ne partie de leurs produits transformés directement auprès des consommateurs.

Plus de 1.200 produits locaux sont référencés dans les rayons frais pour un panier moyen de 26,50 euros. Chaque point de vente référence entre «15 et 20 producteurs». Leur profil ? «Il s’agit essentiellement d’adhérents qui ont déjà fait le choix d’aller vers le consommateur, détaille Jérémy Ghestem, responsable sourcing d’Unéal. Bien souvent, ils ont déjà une activité de vente directe sur leur exploitation. Mais nous avons aussi des agriculteurs qui cherchent à se diversifier.»

Dans ce cas de figure, Prise direct’ apporte son expertise sur le marché et ses conseils. L’adhérent peut ensuite travailler directement avec un magasin - c’est notamment le cas pour les produits laitiers -, soit s’intégrer dans une filière.

Des ouvertures dans les prochains mois

À l’horizon 2023-2024, Prise Direct’ devrait compter une vingtaine de magasins. Pour Jérôme Cousineau, directeur retail d’Advitam Distribution, chaque projet d’implantation doit faire l’objet d’une réflexion approfondie : «Il faut à la fois un emplacement à fort potentiel et que nous ayons des agriculteurs adhérents à proximité pour l’approvisionner.» Peu importe ensuite que l’emplacement soit «en ville ou en zone rurale, pourvu que ce soit rentable», poursuit M. Cousineau. Enfin, rien n’empêche l’aménagement de corners dans des magasins Gamm Vert existants, à condition de quelques aménagements : «C’est quelque chose que l’on va retrouver plutôt en zone semi-rurale, dans des magasins assez grands pour l’accueillir et dans lesquels il faudra amener des installations pour le froid.» Deux ouvertures de magasins en dur sont d’ores et déjà prévues, en Nord-Pas-de-Calais.

Sandrine, responsable du corner Prise direct’ du Gamm vert de Beauvais, et Patrick Masse, responsable de réseau.
Sandrine, responsable du corner Prise direct’ du Gamm vert de Beauvais, et Patrick Masse, responsable de réseau. - © Dominique Lapeyre-Cave

«Un beau potentiel de développement dans l’Oise»

À l’heure actuelle, seuls deux corners existent dans l’Oise, à Beauvais et à Saint-Maximin, essentiellement approvisionnés auprès de producteurs de la région. «Les magasins Gamm vert de ces villes remplissaient les deux conditions nécessaires à l’ouverture d’un corner Prise direct’, à savoir l’espace suffisant et des clients réguliers», explique Patrick Masse, directeur de réseau chez Prise direct’.

À Beauvais, Gamm vert s’est installé il y a environ 10 ans derrière l’enseigne Delbard, en regroupant deux points de vente qu’elle avait sur l’agglomération beauvaisienne. Puis le corner Prise direct’ y a pris ses quartiers il y quatre ans. «La vente d’épicerie fine dans les deux magasins regroupés avait du succès et, sur ce site, on avait la place d’installer le corner», détaille le responsable. «L’offre s’est étoffée petit à petit et surtout, il a fallu habituer la clientèle, qui vient pour le végétal, à voir et à acheter des produits alimentaires de qualité. Car ce que nous privilégions, c’est de mettre l’agriculteur et le consommateur au cœur de notre démarche», s’enthousiasme Patrick Masse.

Car Prise direct’, issue de la coopération, veut trouver des débouchés à ses adhérents diversifiés. Pour l’instant, à Beauvais, peu de producteurs de l’Oise, mais beaucoup de la Somme, du Nord et du Pas-de-Calais. Mais cela ne demande qu’à évoluer et, au vu du chiffre d’affaires en hausse, tous les espoirs sont permis, y compris dans l’ouverture de nouveaux corners dans le département. «C’est une équipe sourcing indépendante qui se charge de trouver les producteurs que nous accueillerons dans nos rayons. Nous sommes exigeants sur la qualité, les modes de production. Dans nos rayons, nous vendons une histoire aux clients, celle de l’agriculteur passionné qui se démène tous les jours pour offrir les meilleurs légumes, la viande la plus goûteuse, la bière la plus appréciée.»

Le lien mis en avant

L’équipe commerciale du magasin est très engagée dans la vente et dans le lien avec les producteurs fournisseurs. Il n’est pas rare que les vendeurs aillent dans les exploitations découvrir comment le produit est élaboré afin de pouvoir mieux en parler à l’acheteur. «Nous développons une vraie relation avec nos producteurs avec lesquels nous contractualisons pour l’année suivante, ce qui leur assure un prévisionnel. Nous pouvons aussi leur apporter quelques suggestions, comme à ce maraîcher à qui nous avons proposé de produire de la patate douce, réclamée par nos clients», poursuit Patrick Masse.

Ceux-ci se montrent très fidèles au corner Prise direct’ de Beauvais, y commandent leurs volailles festives pour Noël et profitent de l’ouverture du dimanche matin pour faire leurs courses. Car on y trouve de tout ou presque et c’est la force du concept : tous les produits fermiers en un même lieu. Le corner a bénéficié du capital confiance des clients envers la jardinerie. Et ce succès ne demande qu’à s’étendre, «pour défendre le territoire, les valeurs, les producteurs et rappeler la saisonnalité des produits. Tout en garantissant un juste prix, qui satisfasse le producteur et permette au consommateur d’accéder à une nourriture locale, saine et de saison», assure le responsable réseau. Seule exception, la présence d’agrumes et de bananes, mais avec une qualité assurée puisque les bananes sont antillaises et oranges et citrons viennent du Portugal ou d’Italie, pays soucieux du goût.

Avec une population en hausse dans l’Oise, un lien plus fort à l’agriculture que dans les zones urbanisées du Nord, une prise de conscience dans les bienfaits d’une alimentation locale et de qualité, Prise direct’ a sans doute un bel atout à jouer.

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