L'Oise Agricole 21 juin 2020 à 15h00 | Par Régis Gaillard

Puzzle Michèle Wilson : patience et longueur de temps

Les puzzles en bois Michèle Wilson prouvent depuis quatre décennies que l’on peut produire en France, développer son entreprise et affronter le marché mondial en misant sur la qualité. Ceci, grâce à un savoir-faire unique non seulement en France mais aussi en Europe.

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L’une des particularités de l’entreprise est d’offrir des jeux toujours uniques.
L’une des particularités de l’entreprise est d’offrir des jeux toujours uniques. - © A_Puppo

Découpeuse pour la marque Véra basée à Paris, Michèle Wilson voit son employeur cesser son activité. Elle décide, alors, en 1975, de créer sa propre société qu’elle installe dans sa maison située à proximité de Tournus en Saône-et-Loire. Une entreprise qu’elle vend en 1997. Sophie Ollé-Laprune poursuit l’activité artisanale de découpe de puzzles d’art en bois. Passionné de jeu, Julien Vahanian rachète à son tour l’entreprise en 2013.

Success story

Depuis les débuts, le succès ne se dément pas. Preuve, une nouvelle fois, que l’on peut parfaitement se confronter à la concurrence mondiale en proposant un produit non seulement qualitatif et différent mais aussi fabriqué en France et vendu bien au-delà des frontières hexagonales à l’image de l’Australie et des États-Unis. À l’image de nombreux secteurs de l’économie, il y a un pourcentage de clientèle qui souhaite acheter un produit et non un prix. Charge à l’entreprise de miser sur l’excellence, la créativité et l’originalité. Un créneau qu’a parfaitement su prendre l’entreprise Michèle Wilson. « Le puzzle est un jeu simple, connu de tous, où la pose de chaque pièce est une petite victoire. Il permet de se détendre seul ou à plusieurs, en découvrant de belles images », souligne Julien Vahanian.

Cela commence par la fabrication dans son atelier à Sennecey-le-Grand et ses trois boutiques-ateliers à Paris. Des puzzles (qui signifient énigmes en anglais) plus difficiles que les autres à assembler. La raison en est fort simple. Les pièces en bois de peuplier sont découpées à la main en des dizaines ou des centaines, voire des milliers de pièces, grâce à des scies à chantourner, par un artisan qui suit le motif et les couleurs d’un tableau ou d’une illustration. Ce qui leur donne des formes uniques. Ainsi, les ciels peuvent être découpés en forme de nuage et les bâtiments travaillés de manière à créer une impression de relief et de perspective. Avec, au final, des puzzles autrement plus séduisants que leurs homologues en carton. Un puzzle certes atypique mais qui nécessite environ deux années de formation pour arriver à un tel résultat qui fait de l’entreprise la seule en Europe à maîtriser cette technique si complexe.

Diversification

De 12 à 100 pièces pour les enfants, de 80 à 5 000 pour les adultes, les puzzles offrent une grande diversité de motifs entre ici un monument historique célèbre, là un tableau ou encore quelques paysages de notre belle France. Avec, en ce moment, une vraie préférence de la part des clients pour les puzzles de 250 pièces. Quant aux tarifs, ils oscillent entre 12 et 860 € selon le nombre de pièces. L’une des particularités de l’entreprise est de pouvoir re-fabriquer une pièce égarée pour les puzzles d’au moins 500 pièces. Pour cela, il suffit d’envoyer les pièces qui entourent le trou. Mais l’entreprise ne se contente pas d’exceller dans l’univers du puzzle. Elle propose également de très beaux jeux d’échecs, différents types de cartes à jouer (bridge, 7 familles, etc.) et même des casse-têtes. De quoi occuper les longues soirées… de post-confinement et, bien sûr, d’hiver.

Il était une fois…

Les jigsaw puzzles ou puzzles à la scie sauteuse naissent en Angleterre dans les années 1760. Pour apprendre la géographie aux enfants, un fabricant de cartes anglais réalise le premier puzzle en collant une carte sur une planche de bois d’acajou et en la découpant le long des frontières géographiques. Les puzzles d’enfant se développent par l’édition d’autres sujets éducatifs (religieux) puis de divertissement (animaux, comptines). La découpe se fait alors avec une scie manuelle. À la fin du XIXe siècle, on commence à utiliser des scies à chantourner électriques, peu différentes de celles utilisées aujourd’hui par Puzzle Michèle Wilson. Les puzzles pour adultes apparaissent autour de 1900 aux États-Unis. Ils deviennent à la mode dans la bonne société bostonienne, puis new-yorkaise. Très difficiles, coupés exactement le long des lignes de couleur, ils sont aussi très onéreux. L’aristocratie russe pratique aussi ce loisir assidûment et l’implante en France lors de son exil à partir de 1917 sous la marque Véra.

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