L'Oise Agricole 08 octobre 2020 à 09h00 | Par Alix Penichou

Qui sont les nouveaux chefs d’exploitation des Hauts-de-France ?

Des céréales, des cultures industrielles et de la polyculture- élevage : voici le top 3 des activités des nouveaux installés en région, de 2014 à 2018. Le service de statistique Agreste Hauts-de-France dresse un état des lieux.

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Un tiers des installations de la région entre 2014 à 2018 sont spécialisées
en grandes cultures (céréales et cultures industrielles), un autre tiers est tourné vers la polyculture-polyélevage.
Un tiers des installations de la région entre 2014 à 2018 sont spécialisées en grandes cultures (céréales et cultures industrielles), un autre tiers est tourné vers la polyculture-polyélevage. - © Pixabay

Dans les Hauts-de-France, pour cent exploitants agricoles déjà en exercice, trois s’installent chaque année. C’est le chiffre que livre Agreste Hauts-de-France, service de statistique, d’évaluation et de prospective agricole.

Premier constat : en région, l’agriculture séduit les jeunes générations. En moyenne annuelle sur 2014-2018, 846 non salariés se sont nouvellement installés en tant que chef d’exploitation agricole (champ MSA, première affiliation) dans les Hauts-de-France. «Parmi eux, 572 ont quarante ans ou moins», soit 72 %. «Dans la région, la proportion de ces jeunes agriculteurs parmi les nouveaux installés est légèrement supérieure au niveau national : 68 % contre 65 %», est-il précisé. Les installations des moins de quarante ans ont progressé entre les périodes 2010-2013 (518 en moyenne) et 2014-2018 (572 en moyenne). Sur les 274 installations tardives (plus de quarante ans), cinquante concernent un transfert entre époux (6 %). Les femmes cheffes d’exploitations, elles, sont toujours minoritaires, mais leur nombre n’est pas à négliger : elles sont 38 % parmi les nouveaux installés, soit un point de plus qu’en France métropolitaine.

Grandes cultures et polyculture-élevage

Quelles sont les principales activités de ces nouveaux installés ? «Un tiers des installations de la région entre 2014 à 2018 sont spécialisées en grandes cultures (céréales et cultures industrielles), le double qu’à l’échelle nationale (17 %). Un autre tiers est tourné vers la polyculture-polyélevage, nettement plus qu’en France métropolitaine (12 %)», répond l’étude.

Avec 9 %, la troisième activité choisie par les nouveaux installés concerne l’élevage de bovins, avec une nette préférence pour les bovins-lait. Ensuite, 7 % des installations se font dans l’élevage de chevaux et activités qui y sont liées, part similaire à l’échelle nationale. Le maraîchage et l’horticulture réunis attirent 3,9 % des nouveaux installés et la viticulture 2,6 %. Les vignes ont toujours été une activité phare pour une partie de l’Aisne, pour le Champagne, mais des vignobles commencent à pousser dans les autres départements régionaux.

Pas besoin d’une surface exorbitante pour s’installer. Trois exploitations appartenant à un nouvel installé sur dix ont moins de 10 ha. Elles concernent principalement la viticulture, le maraîchage et les élevages de volailles ou de chevaux.

Concernant la structure juridique, à l’inverse de l’ensemble des exploitants de la région, les nouveaux installés, qu’ils aient plus ou moins de quarante ans, sont 60 % à privilégier la forme sociétaire à la forme individuelle. «L’EARL est la forme sociétaire préférée même si elle perd peu à peu du terrain ces dernières années. Les nouveaux installés en grandes cultures, bovins lait et polyculture-polyélevage sont les plus nombreux à choisir cette forme sociétaire.» Les statuts individuel et Gaec sont plus prisés par les quarante ans et moins que par les plus âgés : 42 % des quarante ans et moins prennent un statut individuel (contre 36 % des plus âgés), et 13% celui du Groupement agricole d’exploitation en commun (Gaec) (contre 6 %).

Des éleveuses et des vigneronnes

Qui a dit que l’élevage n’attirait plus les jeunes ? Agreste révèle le contraire : «les jeunes agriculteurs sont particulièrement présents parmi les nouveaux installés dans l’élevage bovin (79 %), le maraîchage et l’élevage d’ovins, caprins (76 %), la polyculture-polyélevage et l’élevage de granivores (74 %).»

Ces chiffres sont tirés vers le haut par les agricultrices. «Les femmes sont davantage attirées par les activités d’élevage pour lesquelles elles représentent 48 % des nouveaux installés que par les cultures (38 % des effectifs) ou la polyculture-polyélevage (36 %).» La moitié des nouveaux installés dans l’élevage de chevaux et 41 % en élevage d’ovins ou caprins sont des femmes. Un nouvel installé sur deux dans la viticulture est aussi une femme, ce qui semble constituer une spécificité du vignoble de Champagne : la proportion de femmes en viticulture est bien moindre dans l’ensemble de la France métropolitaine (38 %).

Sur la période 2014-2018, un tiers des exploitations des nouveaux installés hors transfert entre époux ont une superficie de 50 ha ou plus dans la région contre un quart au niveau national. Cette part est de 35 % pour les quarante ans ou moins et de 26 % pour les plus de quarante ans. La plupart de ces grandes exploitations en surface sont orientées en grandes cultures ou en polyculture-polyélevage.

Double activité

Entre 2014 et 2018, 24 % des installés hors transfert entre époux déclarent avoir également une activité non agricole, part supérieure à la France métropolitaine (20 %). Les installés de moins de 40 ans sont 22 % et les plus de quarante ans, 30 %. «Les installés dans les grandes cultures sont les plus nombreux à déclarer avoir une autre activité non agricole (32 %), ils sont 25 % en polyculture-polyélevage, beaucoup moins en élevage bovin ou en maraîchage (12 %)», précise l’étude.

Sur les quatre dernières années, le taux de renouvellement est de trois nouveaux installés par an pour cent exploitants déjà en exercice, en Hauts-de-France comme en France métropolitaine. Le taux de renouvellement est le plus faible pour l’élevage bovin ou porcin, le plus élevé pour les autres types d’élevage et pour le maraîchage.

Lorsqu’on s’installe en tant qu’agriculteur, cela est souvent pour du long terme. Pour preuve : «les chefs d’exploitation installés en 2012 sont à 86 % encore exploitants agricoles en 2018 dans les Hauts-de-France, contre 82 % en France métropolitaine». Ce taux de maintien à six ans s’élève à 90 % pour les quarante ans ou moins et à 72 % pour les installés plus âgés. Il varie sensiblement selon l’orientation de l’exploitant : il est le plus élevé pour les éleveurs de bovins ou de volailles, pour les agriculteurs pratiquant la polyculture-polyélevage et pour les céréaliers.

Quelles installations par département ?

Les installations se répartissent par département de façon à peu près conforme à la répartition des exploitations déjà existantes : 28 % dans le Pas-de-Calais, 25 % dans le Nord, 18 % dans la Somme, 16 % dans l’Aisne et 13 % dans l’Oise. Conformément aussi aux exploitations existantes, la part des exploitations de 50 ha et plus est plus faible dans le Nord (22 %) et le Pas-de-Calais (31 %) que dans les départements de l’ex-Picardie (Aisne et Oise 39 % ; Somme 37 %).

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