L'Oise Agricole 25 juin 2020 à 14h00 | Par Vincent Fermon

Saint Louis Sucre : tout le monde veut prendre une place

Qui sera chargé d’ici quelques semaines de représenter les planteurs face à Saint Louis Sucre au sein de l’usine de Roye. Des élections sont en cours pour désigner les membres d’une commission interprofessionnelle.

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Les planteurs de betteraves livrant l’usine de Roye ont jusqu’au 6 juillet pour désigner douze représentants parmi eux.
Les planteurs de betteraves livrant l’usine de Roye ont jusqu’au 6 juillet pour désigner douze représentants parmi eux. - © Agence de presse

Les tentatives de mise en place d’une organisation de producteurs (OP) ayant échoué jusqu’à présent, les négociations entre les planteurs de betteraves livrant aux usines Saint Louis Sucre resteront régies pour au moins une année encore par une commission interprofessionnelle (CI) réunissant agriculteurs et représentants de l’industriel. Pour ce qui est de l’usine de Roye (80), les producteurs sous contrat avec Saint Louis pour 2020 ont jusqu’au 6 juillet pour exprimer leur choix. La mise en place d’une commission interprofessionnelle au sein de chaque usine est imposée par l’Accord interprofessionnel 2020 – il a été adopté en avril dernier –, et a pour mission de suivre le respect dudit accord, de définir les règles de l’échelonnement, du planning des livraisons, des modalités de déterrage et de protection des silos ou, encore, le suivi des réceptions des betteraves. Cette instance est composée de deux collèges : un collège «fabricants» comprenant des représentants de Saint Louis Sucre et un collège «planteurs».

Beaucoup de candidats pour douze sièges

Depuis le 16 juin dernier, les quelque 1 700 planteurs ayant contractualisé avec Saint Louis Sucre pour la prochaine campagne ont reçu la liste des candidats éligibles dans le collège «planteurs», avec un bulletin de vote. Douze sièges sont à pourvoir, répartis entre les départements de la Somme (5), de l’Oise (5) et de l’Aisne (2). Mais chose inédite, ce n’est pas une, mais bien trois organisations qui ont décidé de présenter des candidats dans les trois zones d’approvisionnement de l’usine samarienne pour un total de 35 candidatures. Il y a trois ans, lors de la dernière élection des membres de la commission interprofessionnelle de l’usine de Roye, «seuls» treize prétendants s’étaient présentés. Historiquement représentée dans la commission interprofessionnelle, la CGB devra peut être cette fois partager les douze sièges à pourvoir avec des des planteurs réunis sous la bannière «Collectif défenseur des planteurs Saint Louis Sucre» et/ou des membres d’Avenir Sucre. Sur le bulletin de vote qui leur a été envoyé, les votants ont la possibilité de «rayer» les candidats qu’ils ne souhaitent pas élire.

Résultat le 10 juillet

Du côté de la CGB, on rappelait en ce milieu de semaine que le fait de siéger au sein d’une commission interprofessionnelle n’est pas à prendre à la légère. Dans l’appel à candidature que le syndicat majoritaire adressait aux planteurs, il y a quelques semaines, son président Dominique Fievez attirait l’attention des candidats sur l’importance d’avoir «une bonne expertise des dossiers betteraviers», et «un esprit collectif pour l’intérêt général des planteurs et de la filière» et, enfin, d’être «disponible». Le dépouillement du vote aura lieu le vendredi 10 juillet. C’est donc à cette date que l’on connaîtra la composition d’une nouvelle commission interprofessionnelle, en présence des représentants de Saint Louis Sucre et du syndicat betteravier.

«Pour un dialogue équitable»

L’expérience au sein de la liste présentée par la CGB 80 a beau ne pas être équitable, l’esprit qui anime les candidats est semblable. Quels que soient les candidats interrogés sur leur motivations, chacun s’accorde sur l’esprit «positif et constructif» qui doit régner au sein de la commission interprofessionnelle renouvelée pour l’usine de Roye. Agriculteur à Bonnay, Alexandre Pointin souhaite ainsi «participer à la représentation des planteurs dans un contexte betteravier en pleine mutation». Le rôle du collège «planteurs» au sein de la CI consiste, selon lui, à «exposer au mieux les enjeux et les contraintes des agriculteurs face aux attentes de l’industriel». «En tant que planteur, ajoute-t-il, je suis conscient des difficultés que peut rencontrer l’industriel, mais celui-ci doit aussi tenir compte des contraintes et des difficultés rencontrées par les planteurs.»

Installé à Matigny, Guillaume Moizard décrit, lui aussi, un contexte «compliqué», en particulier pour Saint-Louis Sucre, mais continue d’espérer un avenir moins sombre pour la betterave en Picardie : «Le groupe Südzucker, auquel Saint Louis Sucre appartient, a fermé deux usines en France, dont celle d’Eppeville qui aurait du fêter ses cent ans, mais c’est ainsi. Aujourd’hui, il reste deux usines et nous devons tout faire pour les garder. Pour cela, il faut que l’industriel soit performant, mais il faut aussi que les planteurs s’y retrouvent en continuant à trouver un intérêt à produire de la betterave. Pour cela, il faut que la relation entre industriel et planteur soit constructive et transparente».

Avant de se présenter pour la représentation des planteurs livrant l’usine de Roye, Guillaume Moizard a siégé pendant une vingtaine d’années dans la commission interprofessionnelle de l’usine d’Eppeville. Outre son expérience personnelle, il sait aussi pouvoir s’appuyer les services de la CGB, dont il porte les couleurs dans ce scrutin : «Les planteurs ont le choix de qui les représentera, mais ce qui est intéressant avec la CGB, c’est de pouvoir profiter d’une expertise à la fois locale et nationale.» Et L’un comme l’autre de l’affirmer : «Nous ne sommes pas là pour entretenir une discorde. C’est l’intérêt général qui doit primer dans les discussions.»

- © Dominique Lapayre-Cave

Hans Dekkers, agriculteur à Friancourt, «La défense collective au service de tous»

Dans quelques jours seront élus les membres des commissions interprofessionnelles des usines SLS d’Etrepagny et de Roye. Suite à la signature des Accords interprofessionnels pour un an, les nouvelles Commissions interprofessionnelles seront installées également pour un an. La fonction de chaque CI est avant d’appliquer les AIP que la CGB a négociés avec le SNFS et Tereos, il y a quelques semaines. Ce n’est pas une commission économique, à l’inverse de la CRV (commission de répartition de la valeur). Ensuite, elle doit être objective et constructive pour répondre à deux finalités : approvisionner une sucrerie en betteraves avec toutes les règles interprofessionnelles prévues et les aménagements nécessaires. Enfin elle doit s’assurer du bon débouché pulpe pour répondre aux diverses demandes tout en privilégiant les productions animales.

La CGB, syndicat reconnu dans l’interprofession a la capacité d’apporter l’expérience et l’expertise nécessaires à une relation contractuelle équilibrée entre les planteurs et les fabricants. C’est dans cet esprit, que se sont constituées nos listes de candidats qui auront à cœur de défendre l’intérêt général, une relation équilibrée avec SLS et le maintien d’une filière betterave sucre sur nos territoires.

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