L'Oise Agricole 15 juin 2019 à 14h00 | Par Martin Lenne

Un concentré de découvertes, d’échanges et de savoir-faire

Le Rallye Technique organisé le 4 juin par Avenir Conseil Elevage a réuni une bonne centaine d’éleveurs. Au cours de la journée, 4 élevages ont ouvert leurs portes pour mettre en avant des solutions et des choix techniques mis en place pour le confort à la traite, la santé des pattes des vaches, l’élevage des veaux ou bien encore la recherche d’autonomie.

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Aménagement des igloos à la Scea de la Chapelle.
Aménagement des igloos à la Scea de la Chapelle. - © Martin Lenne

Comme dans beaucoup d’élevages de la région, au Gaec Ouvré à Hornoy le Bourg, l’effectif du troupeau est en augmentation (de 142 vaches traites en 2017 à 179 en 2019). Pour limiter l’impact sur le temps de traite et la qualité du lait, les 3 associés ont fait le choix d’investir en 2016 dans un système particulier de griffe de salle de traite vendu par ADF Milking. «La griffe permet d’assurer le post trempage des trayons et la désinfection des manchons après chaque vache», explique Adeline Lavaquerie, conseillère Qualité du Lait à Avenir Conseil Elevage. En complément, un contrôle de la machine à traire a permis de revoir la pente du lactoduc. Cet investissement a permis aux éleveurs de gagner environ 1 heure par jour à la traite et sans dégrader la qualité de la traite. Toutefois, le nombre de mammites reste toujours important. «Actuellement, nous savons qu’ici nous sommes face à un modèle infectieux de type environnemental. La traite est bien gérée, mais c’est bien la surface de bâtiment par vache qui est limitante pour la bonne maitrise de l’aspect sanitaire».

Davantage de vaches, plus de boiteries ?

Au même endroit, l’équipe Boiteries & Parage d’Avenir Conseil Elevage a présenté les résultats d’un diagnostic réalisé au Gaec Ouvré. L’enregistrement quantitatif et qualitatif de quelques données (postures des vaches, soulagement des membres, axe entre les jarrets) permet de faire un premier état des lieux. Par la suite, 15 animaux sélectionnés sont parés en enregistrant les lésions rencontrées ainsi que leur niveau de gravité. A l’issue du diagnostic, Joséphine Saint Omer, pareure à Avenir Conseil Elevage détaille ses conclusions : «Nous voyons que c’est la Mortellaro qui entraine la plupart des boiteries dans l’élevage, viennent ensuite des lésions attribuées à la fourbure subaiguë dont les origines peuvent être multiples parmi lesquelles on retrouve l’acidose... La situation n’est pas catastrophique, mais cela peut vite se dégrader.» A l’aide de ces éléments précieux, les éleveurs vont pouvoir agir en conséquence : parage, pédiluve, veille sur la ration…

Deux exemples pour l’élevage des veaux

Au cours de la journée, les participants ont eu la possibilité de visiter la Scea la Chapelle à Hornoy le Bourg et le Gaec des Carbonnières à Bouillancourt en Séry. Les éleveurs de ces deux structures ont particulièrement travaillé à l’amélioration des conditions d’élevage des veaux. Dans les deux cas l’augmentation des effectifs a entrainé une surcharge de la nurserie qui n’avait pas subi de modifications contrairement au logement des vaches. Par conséquent, des problèmes pulmonaires et de diarrhées néonatales sont apparus entrainant des frais vétérinaires supplémentaires et malheureusement une augmentation de la mortalité.

Les veaux des deux élevages sont désormais logés dans des niches individuelles avec courette pendant 3 à 4 semaines, puis dans un système d’igloos avec parc couvert. «Lors de la mise en place de ces systèmes, il faut particulièrement veiller à la bonne orientation des niches et des igloos, aux matériaux qui les constituent et à la taille de l’ouverture de l’igloo. La forme ronde de l’igloo favorise le bien-être du veau. La possibilité de réparer ou changer une partie abimée constitue également un critère de choix important sans oublier, bien sûr, la ventilation.» détaille Anne Laure Bontemps, conseillère Bâtiment d’ACE. Les situations sanitaires des veaux dans ces élevages se sont améliorées et les éleveurs ne regrettent en aucun cas leurs choix. «Dans les deux situations présentées, le logement était problématique, les investissements ont logiquement été bénéfiques mais il y a eu aussi une multitude d’ajustements des pratiques en parallèle : seau à tétines, taxilait pour le mélange et la température du lait, désinfection du logement… Le logement est, certes, très important mais d’autres détails peuvent représenter une première étape vers l’amélioration de l’élevage des veaux», conclut Olivier Lebleu conseiller Génisses à Avenir Conseil Elevage.

Vers plus d’autonomie

A l’Earl de Baillon, le quatrième élevage qui ouvrait ses portes, les participants ont assisté à une démonstration de transformation de blé en aliment concentré équilibré par le procédé de la société Aliplus. «Cette méthode consiste à broyer le blé, puis à le mélanger avec de l’eau et un additif à base d’urée. Ce mélange est ensuite stocké pour le stabiliser. Au final, les valeurs alimentaires obtenues (tableau : valeurs alimentaires du blé) permettent de substituer une partie du soja dans les rations», a détaillé Julien Lamy, conseiller en Alimentation à ACE. L’éleveur justifie son choix ainsi : «J’étais à la recherche d’autonomie sur mon élevage, cette pratique me permet de consommer 50% de soja en moins et surtout je connais la provenance de l’aliment distribué».

Génisses

A l’occasion de la visite de la Scea de la Chapelle, Olivier Lebleu spécialiste Génisses à ACE a rappelé quelques points de vigilances pour atteindre les objectifs de croissance des génisses.

Les résultats des pesées de génisses laitières réalisées par Avenir Conseil Elevage montrent que seulement 26 % des génisses atteignent l’objectif raisonnable des 200 kg à 6 mois. Les animaux qui y parviennent sont très majoritairement ceux qui ont une bonne croissance au cours des 3 premiers mois de leur vie. Préparer les animaux au vêlage pour un veau en bonne santé à la naissance est la base pour ensuite assurer une croissance rapide pendant la phase lactée !

Premier point : distribuer le plus vite possible un colostrum de qualité. Pour cela, le conseiller a rappelé les moyens de vérifications qui existent : «Il est souhaitable de viser 25 au réfractomètre, deux colostro-balls vertes ou 1060 au pèse colostrum. Le fait de mesurer la qualité du colostrum est important pour le veau mais c’est également un moyen de valider l’alimentation des animaux à vêler.»

Pour la suite, la phase lactée doit rapidement atteindre la quantité maximale de lait en veillant à la régularité de la température et au temps d’ingestion. Pour ce dernier point, les seaux à tétines offrent l’avantage d’un écoulement limité laissant au veau le temps de saliver pour une bonne digestion.

Quant au choix de la poudre, «Il faut regarder l’étiquette, vous pouvez retenir les poudres à plus de 50 % de PLE, 19-21 % de MG et 24 à 27 % de protéines. La MG favorise le développement musculaire et les protéines le squelette. Une poudre bien formulée assure la bonne digestion et donc un bon GMQ. il ne faut pas la négliger !».

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