L'Oise Agricole 07 mai 2020 à 11h00 | Par actuagri

Une situation contrastée selon les produits

Les campagnes de communication ont permis de soutenir la consommation de fruits et légumes. Et l’offre a été souvent insuffisante pour suivre la demande.

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Alors qu’elle était en fin de campagne, la pomme a bénéficié d’une demande accrue. Ce produit pouvant se conserver a attiré les consommateurs.
Alors qu’elle était en fin de campagne, la pomme a bénéficié d’une demande accrue. Ce produit pouvant se conserver a attiré les consommateurs. - © Pixabay

Comme l’ensemble des filières agricoles, le secteur des fruits et légumes continue à être impacté par la crise sanitaire, constate FranceAgriMer dans sa note de conjoncture mensuelle. Au niveau de la consommation, les Français se dirigent préférentiellement vers le pré-emballé, dont les ventes ont décollé, en particulier sur les premières semaines de confinement. Par ailleurs, «la communication mise en place a facilité une forte mise en avant de la production française en GMS et une reprise de la consommation des produits de saison (fraises, asperges ...)» considère FranceAgriMer. Avec la fermeture de nombreux circuits de commercialisation (en particulier la RHD), les centrales d’achat concentrent l’essentiel de la demande.

La tomate marche bien

Alors qu’elle était en fin de campagne, la pomme a bénéficié d’une demande accrue. Ce produit pouvant se conserver a attiré les consommateurs. Les achats sont en hausse sur la période de 12,5 % par rapport à la campagne précédente. La fraise est entrée en production au début du confinement. Elle a connu un début de campagne handicapé par l’absence de la demande. Puis, «la campagne de communication et le réassort des GMS avec principalement des produits d’origine France» ont permis d’écouler la production. Mais, la demande a rapidement dépassé l’offre, qui a souffert d’un ralentissement de la production dû à la baisse des températures début avril. Au final, sur la période, les achats en volume sont moins élevés que l’an dernier (- 13,5 %). En tomates, «la demande est très intéressée par toutes les variétés, à l’exception des petits fruits (cocktail et cerise)», note FranceAgriMer. La production, ralentie par la météo de début avril, est en recul. L’offre étant toujours déficitaire par rapport à la demande, et même si les achats sont en légère baisse (- 2,9 %), les cours se stabilisent mais restent élevés.

Des prix bien orientés

En asperges, dans un premier temps, les producteurs ont fait le choix de réduire la production face à une demande absente. Cependant, comme pour la fraise, la communication autour des difficultés de la filière a relancé la consommation. «La situation s’est donc inversée et la demande est devenue supérieure à une offre déficitaire», relève FranceAgriMer. La forte demande se maintient depuis le week-end pascal et la production est en hausse, bénéficiant de l’amélioration des conditions météo. Dans ce contexte, les prix sont stables. La production d’endives d’hiver a été fortement impactée par la crise sanitaire. Le manque de main d’oeuvre notamment a handicapé la mise en culture en bac. L’offre est déficitaire, face à une demande qui ne cesse d’augmenter, même si les achats sont moins élevés que l’an dernier (- 3,6 %). Les prix sont en hausse. Enfin, en pommes de terre en frais, les achats ont fortement progressé (+ 31,3 % par rapport à la même période de 2019).

La filière fruits et légumes frais s’organise pour poursuivre son activité

Depuis le début de la crise, l’interprofession des fruits et légumes frais (Interfel) se mobilise afin de permettre à l’ensemble de la filière de poursuivre son activité. Chacune des quinze organisations professionnelles membres de l’interprofession contribue dans les domaines qui sont les siens, à la gestion de cette crise. Ainsi, elles s’occupent de la distribution aux professionnels de deux millions de masques dont l’approvisionnement a été organisé par Interfel. Par ailleurs, pour faire face à l’augmentation de la demande de travailleurs saisonniers, l’interprofession a mis en ligne sa plateforme de mise en relation Urgence saisonniers (www.urgence-saisonniers.com). L’activité de communication en radio, et prochainement à la télévision sur les chaines publiques, se poursuit. Enfin, l’accès aux fruits et légumes pour tous étant une priorité, Interfel a fait connaître à Janusz Wojciechowski, commissaire européen à l’Agriculture et au Développement rural, son souhait de voir réaffecter les fonds résiduels non consommés par la France du programme «Fruits et légumes, et lait à l’école» pour les familles défavorisées. Cette mesure exceptionnelle pourrait prendre la forme de «chèques fruits et légumes» remis par les écoles aux familles les plus modestes.

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