Le nombre de fermes recule, l’Agence bio tente de rassurer
Au Salon de l’agriculture, l’Agence bio a confirmé la baisse historique du nombre de fermes bio en 2025 et la reprise du marché. Son nouveau président, Bruno Martel, a tenté de rassurer sur le budget et la dynamique de fonctionnement de l’agence, malgré les rebondissements des douze derniers mois.

L’Agence bio a confirmé le repli historique du nombre d’exploitations bio, le 26 février en conférence de presse au Salon de l’agriculture. Pour la première fois, en 2025, le nombre de producteurs installés en agriculture biologique a baissé. Le nombre de fermes bio a reculé de 0,6 % sur un an, ce qui représente 386 fermes bio en moins. «C’est un signal qu’il ne faut pas prendre à la légère. Cette baisse est due à une augmentation des arrêts et à une diminution des nouveaux [entrants dans la bio]», a indiqué Marine Bré-Garnier, chargée de mission de l’observatoire de la bio. Ce recul concerne des fermes bio qui ont pour productions principales «la viticulture principalement, et l’élevage – tous types d’élevage», a précisé l’Agence bio. Le 25 septembre, à l’occasion du Salon Tech et bio, l’Agence bio avait déjà annoncé la couleur, avec un solde de -165 producteurs recensé sur le premier semestre 2025.
Concernant les surfaces bio, l’observatoire ne dispose pas encore des données consolidées, car «les organismes certificateurs ont jusqu’à fin mars pour refaire remonter les données» et le traitement informatique est en cours. Cependant, selon les «estimations» de l’observatoire, «on s’attend à une légère baisse», a indiqué Fanny Morel, chargée de mission Études. «On a des estimations assez proches [d’être finalisées] en grandes cultures, on serait sur du -1 %.»
Les données consolidées sur les surfaces seront présentées en juin. Pour rappel, la SAU bio a connu une première baisse inédite de 2 % en 2023, et une nouvelle baisse de 2 % en 2024.
Rebond de la consommation
En revanche, la reprise du marché est confirmée. Selon les données provisoires de l’Agence bio, la consommation de produits à domicile augmente de 3,5 % en valeur en 2025. La grande distribution présente une croissance des ventes de 1,7 % (après une baisse de 13 % entre 2021 et 2024). Les autres circuits «maintiennent leur croissance retrouvée dès 2022», avec +6,6 % pour les magasins spécialisés bio et +5,2 % en vente directe.
Au-delà de ce constat en demi-teinte, le nouveau président de l’Agence bio, Bruno Martel, a tenté de rassurer sur la situation de l’agence, qui a vécu une année 2025 mouvementée. Il a tout d’abord voulu rassurer sur le plan financier. «En 2025, on avait un budget de 17 millions d’euros (M€, ndlr), qui est reconduit pour 2026», a exposé le président. «Cette année, on a un budget de 8,8 M€ fléchés sur le Fonds avenir bio», qui permet de structurer les filières, «et un budget de 1,7 M€ pour accompagner les campagnes de communication, dont «C bio la France». Cette dernière enveloppe pour la communication inclut un abondement «de 900 000 €» de la part du ministère de l’Agriculture. «L’Agence bio, aujourd’hui, a les moyens de fonctionner», a répété à plusieurs reprises Bruno Martel.
Bruno Martel se veut rassurant
Il a aussi voulu rassurer sur les relations avec les décisionnaires politiques. «Les relations avec le ministère, contrairement à ce que vous pouvez entendre, ne sont pas mauvaises, elles sont bonnes. Nos ministères de tutelle participent à toutes nos réunions : le ministère de la Transition écologique et le ministère de l’Agriculture sont présents à chaque conseil d’administration, on partage ensemble nos enjeux», a-t-il assuré.
Enfin, Bruno Martel a voulu rassurer sur l’unité des membres de l’Agence bio (Chambres d’agriculture, LCA, FNAB, Synabio, FCD, Interprofessions régionales), malgré le départ en janvier du Synadis bio (distributeurs) en raison selon lui d’une «posture syndicale». «On leur a rappelé que la porte restait ouverte, parce que ce sont des éléments majeurs de notre écosystème», a déclaré M. Martel quelques instants plus tôt, lors de la passation avec son prédécesseur Jean Verdier sur le stand de LCA.
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