L'Oise Agricole 07 juillet 2020 à 11h00 | Par YG

De bonnes nouvelles pour la filière porcine

Un accord imminent sur l’enrichissement du label «Le porc français», Pékin qui confierait à la France l’agrément des futures entreprises exportatrices… L’actualité est favorable à la filière porcine française.

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Garantissant l’origine française de la viande de porc, le label «Le porc français» constitue le socle de base de la nouvelle segmentation prévue par le plan de filière porcine.
Garantissant l’origine française de la viande de porc, le label «Le porc français» constitue le socle de base de la nouvelle segmentation prévue par le plan de filière porcine. - © Pixabay

Le label «Le porc français» (LPF) se verra complété par des critères environnementaux et sur le bien-être animal «fin 2021», a annoncé Bernard Vallat, président de la Fict (charcutiers industriels) lors d’une conférence de presse le 24 juin. «Des obligations seront introduites», a-t-il précisé, se félicitant de cette «avancée majeure pour rejoindre la demande majoritaire des consommateurs».

Après des mois de discussions difficiles sur ce sujet - notamment sur le volet bien-être animal -, un accord a été trouvé «entre toutes les familles de l’interprofession», d’après M. Vallat, fraîchement réélu lors de l’assemblée générale de sa fédération le 18 juin. Militant de longue date pour cette évolution, le président de la Fict s’est félicité que sa fédération ait «influencé les autres familles de l’interprofession, notamment les producteurs et les abatteurs, pour transformer radicalement le cahier des charges».

Les contours de l’enrichissement du label LPF ont été validés par le conseil d’administration d’Inaporc en mai, confirme son directeur Didier Delzescaux à Agra Presse. Ce travail sera soumis au vote lors de l’assemblée générale de l’interprofession porcine, qui se tiendra le 30 juin à huis clos. En cas d’adoption, les nouveaux critères seront «déployés au deuxième semestre 2020, avant un bilan fin 2021 et un basculement en 2022», ajoute M. Delzescaux. Les mesures envisagées portent notamment sur «le bien-être animal et les équipements en élevages», confirme-t-il.

Garantissant l’origine française de la viande de porc, le label LPF constitue le socle de base de la nouvelle segmentation prévue par le plan de filière porcine. Il est présent sur 30 % des produits contenant du porc (Inaporc, 2018), une part qui monte à 85 % pour les produits de charcuterie. Au niveau des élevages, il couvre une écrasante majorité de la production, et l’objectif affiché dans le plan de filière est «d’amener plus de 98 % de la production porcine et des opérateurs de la filière porcine à respecter le socle minimum» du label LPF.

La Chine fait confiance à la France

Autre bonne nouvelle : la Chine a récemment décidé de «confier l’agrément des établissements [exportateurs] et leur inspection aux services vétérinaires français», s’est à nouveau félicité Bernard Vallat, lors de cette même conférence de presse. Et de préciser que «les services vétérinaires pourront proposer des listes et assureront l’inspection de la conformité aux exigences chinoises, qui resteront les mêmes et sont extrêmement lourdes».

Les autorités chinoises ont donné leur accord de principe «dans un courrier officiel la semaine dernière», confirme Didier Delzescaux. Mais les discussions sur les modalités sont encore «en cours». «En période de rodage, les Chinois ont souhaité que certaines inspections françaises soient accompagnées d’un reportage vidéo suivi en temps réel par leurs autorités», explique M. Vallat. Une disposition qui, espère-t-il, ne portera pas sur les charcutiers, mais seulement «sur certains abattoirs».

La décision de confier l’inspection aux services français - qui s’applique aux nouveaux candidats à l’exportation - résulte d’une «très longue action de lobbying avec le soutien des pouvoirs publics, y compris du président de la République lui-même», rappelle encore le président la Fict. «C’est un pas de géant pour l’accès au marché chinois», souligne-t-il. Actuellement, obtenir l’agrément pour y exporter suppose de «traduire un dossier de plusieurs centaines de pages en chinois, puis attendre une mission de validation deux ou trois ans». «Ça a été un parcours du combattant de faire agréer huit entreprises de charcuterie», relève le président de la Fict. Mais l’explosion de la demande chinoise, provoquée par l’épizootie de peste porcine africaine (PPA), a conduit à «un allègement qui a permis à des entreprises d’introduire treize demandes supplémentaires, actuellement en cours d’instruction», d’après M. Vallat.

- 15 % d’abattages en mai

Du fait des absences de salariés et des perturbations de marché liées au confinement, les abattages de porcs ont connu, en France, une baisse de l’ordre de 15 % durant le mois de mai (par rapport à mai 2019), engendrant «d’importants stocks de porcs sur pied dans les élevages», rapporte Benoît Defauconpret, chargé d’études économiques filière porcine à FranceAgriMer. «La filière porc s’en est mieux sortie que d’autres, avec tout de même des productions tournées vers la restauration hors domicile qui ont connu des difficultés significatives», constate-t-il.

«Certaines entreprises de charcuterie tournées majoritairement vers la RHD sont très concernées, on a des adhérents qui ont perdu 70 % de leur chiffre d’affaires», confirme Fabien Castanier, délégué général de la Fict (charcutiers industriels). «On essaie d’obtenir que ces entreprises puissent bénéficier d’aides», notamment les exonérations prévues dans le cadre du PLFR3 (troisième projet de loi de finance rectificative) pour 2020. Enfin, sur la question du stockage, la filière porc est «moins concernée [que les autres viandes blanches], mais on peut être interpellé sur nos capacités de stockage en cas de difficultés», a commenté Gérard Viel, vice-président du conseil spécialisé viandes blanches de l’organisme public.

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