L'Oise Agricole 25 novembre 2019 à 10h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Easi’Nov teste des couverts annuels ou permanents

Easi’Nov, structure commune aux coopératives Valfrance et Agora, proposait la visite des essais menés sur les couverts à Mouchy-le-Châtel.

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Luc Vandeputte devant un couvert de légumineuses, phacélie, tounesol, moutarde.
Luc Vandeputte devant un couvert de légumineuses, phacélie, tounesol, moutarde. - © Dominique Lapeyre-Cave

Preuve de l’intéret que suscite l’ACS, de nombreux agriculteurs sont venus écouter les explications de Luc Vandeputte, expert agronome Easi’Nov, et de Célie Lemoine, expert agronome Easi’Nov. Luc Vandeputte rappelait en préambule qu’il s’agit des premiers essais menés en agriculture de conservation des sols et que la conduite se fait par opportunité en fonction des fenêtres météo.

La première parcelle présentait un couvert semé le 11 juillet derrière des pois d’hiver récoltés en conditions très sèches. Il a fallu lester le semoir pour arriver à enterrer les graines. Le mélange est constitué de légumineuses, phacélie, moutrarde, tournesol. Seule la phacélie a levé après le semis et il a fallu attendre les pluies de fin juillet pour que le couvert ne décolle enfin. L’objectif de l’essai est de semer dans les jours à venir un deuxième couvert relais, mélange de légumineuses et de graminées avant l’implantation théorique d’un maïs au printemps prochain. «Il s’agira de semer de la féverole ou des pois d’hiver avec du blé, de l’orge d’hiver ou du printemps. On testera plusieurs modalités du mélange légumineuses-graminées : 70-30, 50-50 ou 30-70 %. À la sortie de l’hiver, on verra ce que donnent les différents mélanges pour privilégier l’espèce la plus développée et supprimer l’autre. Dans l’absolu, pour la modalité 50-50, on peut choisir de récolter la céréale et, au final, ne pas semer le maïs prévu. C’est cela la conduite en ACS : on ne fait pas toujours ce qu’on avait prévu au départ !» explique Luc Vandeputte.

«L’avantage de ces deux couverts successifs est que le sol est couvert depuis la récolte précédente et que le couvert capte du CO2. On peut utiliser des semences de céréales produites à la ferme à condition de les protéger contre les risques de carie et de charbon», précise le responsable.

Couverts permanents

La visite se poursuivait sur des essais de couverts permanents, c’est-à-dire des légumineuses, trèfle et luzerne, destinés à rester en place plusieurs années, ce qui amortit leur coût d’implantation. Le premier écueil est que le couvert concurrence la culture en place, par exemple du blé, et entraîne une baisse de rendement de 5 quintaux. Il faut donc trouver un moyen de réguler le développement du trèfle. Des essais déjà menés montrent que le fractionnement d’herbicides à petites doses limite le trèfle sans le détruire.

Après récolte du blé, il recolonisera sans souci la parcelle. «Pour ne plus perdre ces 5 quintaux, il vaut mieux semer le blé à une densité plus élevée (+ 15 %) et, réguler le trèfle dès l’entrée hiver» détaille Luc Vandeputte.

Comment implanter un couvert permanent dans une culture ? Un sursemis en trèfle lotier + luzerne a été tenté en février sur une parcelle de blé avec un semoir direct. L’essai a été concluant car le blé se remet vite de ce sursemis.

Sur colza, on peut tenter de semer du trèfle à la volée en février-mars, avant une pluie annoncée de préférence. Après la récolte du colza, le trèfle va étouffer les mauvaises herbes avant le porchain semis de blé. Il faudra alors réguler le trèfle avec du glyphosate et un anti-dicots.

Pour un semis de couvert sur maïs, il faut attendre que ce dernier ait atteint le stade 6-8 feuilles. Le semis de couvert peut être réalisé en même temps qu’un binage. Après la récolte du maïs, on pourra semer directement dans le couvert le blé suivant, sans broyer les cannes de maïs pour ne pas gêner l’enterrage des grains.

Dans tous les cas, pour permettre une bonne colonisation de la parcelle par le couvert, il est conseillé de récolter haut et de broyer les chaumes en scalpant la tête du trèfle ou de la luzerne.

En conclusion, Luc Vandeputte conseille de ne pas semer des graminées en interculture courte car elles sont des réservoirs à pucerons. En semis précoce, la moutarde d’Abyssinie est intéressante car il est rare qu’elle fleurisse et son rapport C/N est favorable. La moutarde blanche sera privilégiée pour des semis en août.

Un bon couvert devra comporter des plantes basses, moyennes et hautes ; il limitera ainsi l’accès à la lumière aux adventices. Un couvert dense a une efficacité certaine sur le développement des ray grass.

Des essais sont également menés pour des couverts sur colzas. Par exemple, du sarrasin et du trèfle ont été semés en même temps que le colza. La paille présente suite à la moisson a empêché une bonne implantation de la culture. L’essai ne pourra pas être analysé, mais l’un des enseignements est la nécessaire gestion de la paille en semis direct et peut-être l’utilisation de semoir direct à dents plutôt qu’à disques. Trouver le bon compromis entre développement de la culture et gain agronomique grâce aux couverts, c’est tout l’enjeu de ces essais.

Une nouvelle visite est prévue en mars sur les même essais pour suivre leur évolution et leur situation en sortie d’hiver.

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