L'Oise Agricole 06 décembre 2020 a 11h00 | Par JCD

Ebranlé par la crise, Danone va supprimer 2 000 postes

Particulièrement affectée par la crise de la Covid-19, Danone a annoncé restructurer son organisation pour s’appuyer davantage sur le local. Au programme : 2 000 suppressions de poste dans le monde et près de 500 en France.

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Sur les neuf premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires de Danone a reculé de 5,4 %, et touche certaines catégories de produits plus d’autres en raison de la crise sanitaire.
Sur les neuf premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires de Danone a reculé de 5,4 %, et touche certaines catégories de produits plus d’autres en raison de la crise sanitaire. - © Agence de presse

Danone, qui compte quelque 100 000 employés dans le monde, a annoncé le 23 novembre, «des réductions d’environ 1 500 à 2 000 postes dans nos sièges mondiaux et locaux, avec jusqu’à 25 % des effectifs de nos sièges mondiaux». «Sur la France, ce sera 400 à 500 personnes», «essentiellement des directeurs, des managers», qui seront concernées par ces suppressions de postes, a précisé à l’AFP Emmanuel Faber, le PDG de Danone connu pour ces prises de position en faveur d’une transition écologique. Ces annonces s’inscrivent dans une logique de «simplification» de l’organisation du géant agroalimentaire, appelée «Local First», qui s’appuiera dorénavant sur une organisation par zone géographie et non plus par catégorie (Produits laitiers et d’origine végétale, Nutrition spécialisée, Eaux). «Nos entités dans les pays ne seront plus inféodées à une organisation mondiale par catégorie, mais réunies en une seule business unit locale, pour jouer avec puissance et efficacité sur toute la gamme des spécificités locales pour gagner en capacité à servir nos clients et nos consommateurs, et donc à croître», explique Emmanuel Faber. «Cette crise a démontré l’importance de réagir au niveau local», complète-t-il lors d’une interview dans la matinale de France Inter, le 24 novembre.

Les eaux en chute libre

Sur les neuf premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires de Danone a reculé de 5,4 %, à 18 milliards d’euros, et tout particulièrement pour les eaux en bouteille (- 20,5 %). «Nous sommes confrontés à la fermeture des canaux hors domicile, qui affecte partout notre activité d’eaux, à la réduction des gammes portées par nos distributeurs, au creux annoncé dans la dynamique des naissances, mais aussi à des coûts opérationnels plus élevés liés aux mesures sanitaires et à la sécurisation des approvisionnements et des flux», analyse le patron de Danone qui a fait du groupe la première entreprise à mission cotée en Bourse. «Nos actionnaires sont en situation difficile, le cours a baissé de 30 % depuis un an. La rentabilité est fondamentale. C’est le socle des investissements de demain», justifie-t-il également sur France Inter. Et il ajoute : «La protection de la rentabilité et du bénéfice est fondamentale pour n’importe quelle entreprise. C’est sa survie même qui est en cause.» Dans un communiqué, la FGA-CFDT a réagi en se disant «très vigilante» et en jugeant «inadmissible que les efforts pour mieux rémunérer les actionnaires portent une fois de plus uniquement sur les salariés».

Axéréal : une centaine de sites et plus de 220 emplois menacés

Des syndicats ont annoncé, le 24 novembre, que le groupe céréalier Axéréal, basé près d’Orléans (Loiret), envisage «plus de 220 suppressions de postes et plus de 100 fermetures de sites». «La direction d’Axéréal, de concert avec le conseil d’administration, a annoncé au Comité social économique (CSE) de l’entreprise un changement de modèle et la mise en place d’un projet de réorganisation, selon un communiqué de l’intersyndicale FGA-CFDT, Sdacoopa Solidaires et Unsa 2A. Les impacts sociaux risquent d’être très importants.» De l’avis des syndicats, le projet aura «des impacts concrets sur les régions, les agriculteurs et leurs modes de fonctionnement avec la coopérative». «L’ancien modèle basé sur la proximité va laisser place à un modèle basé sur la disponibilité en faisant notamment appel aux nouvelles technologies.» Cette évolution concerne en particulier des silos du groupe, implanté dans seize départements avec un ancrage en région Centre-Val de Loire. Les activités de meunerie, de nutrition animale sont aussi touchées, affirme une source syndicale. Contacté, Axéréal répond que «les échanges sont en cours avec les partenaires sociaux et les adhérents de la coopérative». Le projet s’inscrit dans un «virage stratégique», annoncé le 6 octobre, pour obtenir 30 millions d’euros de gains de compétitivité. C’est, complète aujourd’hui le groupe, «un projet majeur d’amélioration de la performance, visant à renforcer l’efficacité durable de son modèle économique». Au programme : «Des réorganisations notamment des infrastructures et une accélération des initiatives liées à la transition agricole et alimentaire.»

Axéréal dispose de quelque 320 silos depuis les Yvelines et jusqu’au Cantal, d’après une carte sur son site internet. Le groupe, dont l’effectif représente environ 4 000 salariés (1 000 à l’étranger), se présente comme le premier collecteur de grains en France, avec une collecte de près de 5 Mt.

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