L'Oise Agricole 23 février 2020 à 13h00 | Par Agence de presse

En Allemagne, des fonds publics pour le bien-être ?

Une commission installée par la ministre de l’Agriculture préconise un plan de reconversion des élevages plus respectueux du bien-être animal financé par des taxes à la consommation sur les viandes et le lait.

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La label public allemand de bien-être animal prévoit des mesures qui pourraient être financées par des fonds publics.
La question fait débat.
La label public allemand de bien-être animal prévoit des mesures qui pourraient être financées par des fonds publics. La question fait débat. - © Pixabay

La ministre de l’Agriculture, Julia Klöckner, a installé l’année dernière une commission spéciale sous la présidence de l’ancien ministre de l’Agriculture, Jochen Borchert (CDU), pour faire des propositions de reconversion des élevages allemands. Cette commission comprenait des scientifiques, des représentants de l’économie et des éleveurs, des défenseurs des consommateurs et des représentants des protecteurs des animaux et de l’environnement. Elle vient de rendre sa copie. La commission propose un développement continu des élevages dans le cadre d’une stratégie à long terme tenant compte des exigences techniques et des attentes de la société en matière de protection des animaux et de la nature. Elle préconise la généralisation du label public de bien-être animal Tierwohl. Ce label prévoit au niveau 1, plus de place et du matériel d’occupation pour les animaux, au niveau 2, de la place supplémentaire et des contacts avec le climat extérieur et au niveau 3 et 4, encore plus de place qu’aux niveaux 1 et 2, et des parcours extérieurs, des pâtures, etc. En termes de calendrier, la commission prévoit l’introduction du label Tierwohl en 2020 pour les porcs et en 2021 pour les volailles et les élevages laitiers et de viande. En 2025, elle propose sa mise en place au niveau européen. Il serait obligatoire pour obtenir des aides. En 2030, le niveau 1 deviendrait le minimum requis pour tous les animaux et en 2040 le niveau 2 serait le minimum obligatoire pour les aides. Pour financer cette stratégie, la commission Borchert propose la taxation des viandes et des produits laitiers. Les taxations proposées seraient de 40 cts sur le kg de viande, 2 cts sur le kg de lait et d’oeufs, 15 cts sur les fromages, les beurres et les poudres. Les coûts du bien-être animal doivent être portés par le consommateur et le produit des taxes doit servir à compenser au moins 80 % des coûts supplémentaires dans les bâtiments et la conduite des élevages.

Le leader de la viande mobilisé

Pour le moment ces propositions suscitent plus de critiques que de soutiens. Est-ce que l’argent parviendra aux éleveurs ? Le soutien politique durera-t-il ? Les marchés suivront-ils ? D’autres considèrent que c’est une erreur de financer durablement des coûts supplémentaires avec des impôts. En attendant Tönnies, le groupe leader de la viande en Allemagne, a décidé d’encourager les éleveurs à s’impliquer dans le label Tierwohl et montre qu’il croit en l’avenir de la viande en plein débat sur le recul des élevages et de la consommation et de la montée en puissance des contraintes sur le bien-être animal. Le patron du groupe est également favorable à une taxe sur les viandes comme le propose la commission Borchert. Chez Tönnies il y aura au plus tard dans 5 ans, 70 % des porcs qui seront issus des programmes Tierwohl et de protection de la nature, assure-t-il. Si les ersatz de viandes et les viandes de culture vont se développer dans l’entreprise familiale Tönnies dans les décennies à venir, les protéines animales auront encore, et de loin, la place la plus importante, a-t-il déclaré.

Une hausse modérée des surfaces bios mondiales en 2018

Le FiBL (Institut de recherche en agriculture biologique) a publié le 12 février, à l’occasion de la Biofach, principal salon mondial de l’agriculture biologique (à Nuremberg en Allemagne), son rapport annuel sur l’agriculture bio dans le monde qui montre que le secteur a poursuivi sa croissance en 2017, notamment en Europe. En 2018, 71,5 millions d’hectares de terres agricoles biologiques, y compris les zones en conversion, ont été enregistrés contre 69,8 Mio ha en 2017, soit une hausse de 2,3 % nettement plus faible que l’augmentation record de 2017 avec +20 %.

L’Australie conserve la plus grande superficie agricole biologique au monde (35,7 Mio ha principalement des pâturages), suivie de l’Argentine (3,6 Mio ha) et de la Chine (3,1 Mio ha). Avec une forte hausse d’un million ha, l’Union européenne compte dé- sormais 13,8 Mio ha de surfaces bio (+ 7,6 % et soit 7,7 % des surfaces agricoles de l’UE) avec en tête l’Espagne (2,2 Mio ha), suivie de la France (2 Mio ha) et de l’Italie (2 Mio ha). Les hausses les plus importantes ont concerné la France (+ 290 000 ha, soit +16 %) et l’Espagne (+160 000 hectares). Huit pays de l’UE ont au moins 10 % de leurs terres agricoles consacrées à l’agriculture biologique. Côté marché, les ventes d’aliments et de boissons biologiques ont atteint près de 97 milliards E en 2018 (contre 90 Mrds E en 2017). Les plus importants marchés sont les États-Unis (40,6 Mrds E), l’Allemagne (10,9 Mrds E) et la France (9,1 Mrds E).

Les ventes au détail dans l’UE sont évaluées à 37,4 Mrds E avec un taux de croissance de 7,8%. Parmi les principaux marchés, la plus forte croissance a été observée en France (+ 15,4%). L’UE comptait en 2018 près de 71 000 de transformateurs et près de 5000 importateurs dans le secteur. Le pays qui compte le plus grand nombre de transformateurs est l’Italie (plus de 20 000), tandis que l’Allemagne est celui avec le plus d’importateurs (plus de 1700).

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