L'Oise Agricole 11 juin 2020 à 09h00 | Par D.

L’Oise, au cœur des enjeux environnementaux et alimentaires

Énergies renouvelables, photovoltaïque, recyclage des matières plastiques, bâtiments performants… Dans la continuité de sa politique Climat Air Énergie, la Région relève les nombreux défis de la troisième révolution industrielle et a voté ce 28 mai plusieurs mesures en faveur de la transition écologique et énergétique du territoire.

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Le Fratri définit la politique régionale d’accompagnement des projets axés sur le développement des énergies renouvelables, des bâtiments performants et/ou producteurs d’énergie.
Le Fratri définit la politique régionale d’accompagnement des projets axés sur le développement des énergies renouvelables, des bâtiments performants et/ou producteurs d’énergie. - © Stéphane LEITENBERGER

La Région lance à compter du 10 juin 2020 un appel à projets de ce type d’installations auprès des secteurs tertiaires et industriels, des parcs d’activités ou commerciaux. Avec cet appel à projet, la Région souhaite faire émerger des projets exemplaires d’installations photovoltaïques en autoconsommation et soutenir les entreprises qui en font la démarche. La filière photovoltaïque possède un potentiel fort en termes de développement économique, de création d’emplois locaux et garantit un approvisionnement en énergie sûr et durable.

Au titre du Fonds régional pour l’amplification de la troisième révolution industrielle (Fratri), la Région financera 14 projets en 2020. Ces projets sont répartis dans les 5 départements.

Beauvais, l’alimentation avant tout

La ville de Beauvais souhaite favoriser l’ économie de partage et de fonctionnalité avec des jardins et composts en pied d’immeuble.Le projet est une poursuite d’un travail engagé depuis 4 ans. L’association poursuit son action d’accompagnement et de création de sites de compostage et de jardins. Des partenariats avec des associations locales se montent, comme le Tchô café et Adoma : accompagnement des sites par des rencontres régulières et des événements festifs et une mise en réseau des sites ; compost et jardin avec un développement sur la plantation de fruitiers et expérimentation d’utilisation de déchets canins (Saint-Jean, Tour) ; compost et jardin pédagogique en s’appuyant sur des structures associatives ou publiques (Bulle, association Rosalie, écoles, collèges et lycées des quartiers Saint-Lucien, Argentine et Saint-Jean) ; sensibilisation lors des manifestations organisées lors des fêtes de quartiers ; co-organisation d’événements impliquant d’autres partenaires (semaine réduction des déchets, du compostage de proximité) ; organisation d’ateliers cuisine à base de légumes des jardins ou d’invendus dans le cadre de la lutte contre le gaspillage.

Avec Itinér’air Gourmand, Beauvais mise sur le circuit court. Le projet consiste à mettre en place un service de cuisine d’insertion (traiteur et restauration collective) afin de créer un tremplin professionnel en permettant d’obtenir une formation qualifiante à l’issue du chantier. Ce projet s’appuie sur un constat de cumul des freins d’accès à l’emploi durable pour le public cible (maîtrise de la langue, mobilité, qualification, rapport à l’autre, hygiène…).

Les circuits courts et producteurs locaux sont privilégiés pour la confection des repas, ainsi que les produits de saison. L’activité s’approvisionne auprès des Jardins du plateau picard, qui est également un chantier d’insertion dans le maraîchage. De plus, 100 % des consommables sont bio-dégradables. L’activité devrait déménager dans le courant de l’année dans de nouveaux locaux (à confirmer) afin de développer son activité et son ouverture vers d’autres publics.

Le projet prend également en compte un accompagnement renforcé individuel et collectif, dans les démarches d’insertion socio-professionnelles. Des parcours de formation linguistique sont également mis en place. Pour l’année, 33 bénéficiaires sont prévus, pour des CDD insertion de 4 mois minimum.

Compiègne rayonne avec l’énergie solaire

Le centre technique municipal de Compiègne situé 1 rue du Camp est composé de plusieurs bâtiments : légers, de type industriel ainsi que des serres. Son bâtiment principal possède environ 5.300 m² de toiture.

Les consommations en énergie du site sont importantes, avec une consommation électrique d’environ 275 MWh/an (soit l’équivalent de 55 foyers français), et un chauffage au gaz, aussi bien pour les bureaux administratifs, les ateliers, mais également pour les serres du service des Jardins.

Le développement des énergies renouvelables sur ce bâtiment qui s’inscrit dans le Plan climat air énergie territorial (PCAET) et le contrat d’objectifs territorial pour la troisième révolution industrielle (Cottri) permettra de poursuivre la dynamique de transition énergétique amorcée en 2018 par la rénovation du Parc technologique des Rives de l’Oise de Venette (dans le cadre du territoire à énergie positive pour la croissance verte : TEP-CV) et qui doit s’accélérer avec le verdissement du réseau de chaleur grâce à une chaudière biomasse ainsi que les travaux sur les équipements publics du futur Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine).

L’ambition de la collectivité est de faire de ce projet un projet exemplaire permettant la montée en compétence des professionnels du bâtiment du territoire à ces nouvelles technologies, aussi bien en interne au sein de la collectivité, que des professionnels du bâtiment impliqués dans le projet (maître-d’œuvre, entreprises, contrôleur technique et sécurité et protection de la santé).

Une sensibilisation plus large des professionnels du bâtiment du secteur (pays Compiégnois), mais également des industriels et des collectivités voisines sera faite à travers une visite de chantier organisée transversalement entre la plateforme de rénovation énergétique de l’Agglomération de la région de Compiègne (Arc), Habitat rénové, le pôle développement durable et le pôle de développement économique de l’Arc.

Le taux d’autoconsommation prévu à ce stade sera augmenté par une gestion intelligente des usages tels que la mise en charge des véhicules électriques pendant les heures de production photovoltaïque notamment sur la pose méridienne et après 16 h 30. Le stockage dans les batteries des véhicules pourrait être utilisé pour l’éclairage nocturne du site ou pour des consommations à mettre en évidence, ce qui représente une innovation.

Une instrumentation de l’installation pour un suivi exhaustif des données de production et de consommation est prévue en parallèle de l’installation. Elle permettra de maximiser l’autoconsommation tout en détectant les anomalies sur l’installation devant donner lieu à une intervention de maintenance.

Ainsi, grâce à une mini-station, des vérifications en temps réel de la production au regard de l’ensoleillement seront réalisées et des alertes seront générées aussitôt que des anomalies seront détectées. Cela permettra d’optimiser la production.

Un panneau d’affichage de la production des panneaux photovoltaïques (instantanée et depuis la mise en service) sera apposé sur le bâtiment afin de sensibiliser les usagers du bâtiment et les visiteurs à cette production d’énergie renouvelable.

Durant les travaux, des visites de chantier organisées conjointement par la plateforme de rénovation énergétique de l’Arc (cofinancée de 2016 à 2019 par l’Ademe et la Région), le pôle développement économique et développement durable, et en lien avec les fédérations professionnelles (Capeb, FFB), seront réalisées pour sensibiliser le tissu économique du Compiégnois. Seront ainsi conviés des collectivités voisines, des industriels ainsi que des professionnels du bâtiment du secteur.

La consommation électrique annuelle de l’installation s’élève à 276 MWh et est plus élevée en hiver qu’en été.

La perspective de la partie réseau et de l’autoconsommation constitue un changement de paradigme pour les acteurs du solaire en région Hauts-de-France, les projets en cours étant encore des projets de revente totale de la production. L’installation sur le CTM de Compiègne présente un profil de consommation et d’activités adapté à l’autoconsommation photovoltaïque. De ce fait, le projet qui fait l’objet de la présente délibération contribue de manière tout à fait favorable au déploiement de l’autoconsommation photovoltaïque en région Hauts-de-France. L’instrumentation de l’installation permettra en outre un suivi précis et exhaustif des données de production et de consommation. De plus, le maître d’ouvrage s’engage à participer à la dynamique régionale de capitalisation des installations photovoltaïques en autoconsommation. Le coût total de l’opération s’élève à 150 679,00 €.

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