L'Oise Agricole 28 août 2020 à 09h00 | Par Vincent Fermon

Le soutien de Pompili à l'éolien irrite la Région

Vice-président du Conseil régional des Hauts-de-France, Christophe Coulon s'oppose au souhait de la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili de voir plus d'éoliennes s'implanter dans la région.

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Selon Christophe Coulon, «la vision de l’avenir qu’à la ministre de la Transition écologique pour nos paysages et nos territoires
est (…) terriblement éloignée de la triste réalité des implantations anarchiques de l’éolien industriel en Hauts-de-France».
Selon Christophe Coulon, «la vision de l’avenir qu’à la ministre de la Transition écologique pour nos paysages et nos territoires est (…) terriblement éloignée de la triste réalité des implantations anarchiques de l’éolien industriel en Hauts-de-France». - © Agence de presse

Dans une interview réalisée par nos confrères du Courrier Picard parue le 2 août, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili expliquait ses priorités depuis sa récente nomination dans le gouvernement Castex. Au sujet des énergies renouvelables, elle soulignait ainsi «le besoin de développer les énergies renouvelables si on veut baisser la part du nucléaire de 50% d'ici 2035», faisant appel aux différents modes de production d'énergies. En ce qui concerne l'éolien, la ministre plaide d'abord pour «un vrai schéma de développement éolien». Quelques lignes plus tard, elle appelle «chaque territoire» à «prendre sa part», soulignant que «c'est le cas de la Somme (...) et un peu moins de l'Oise ou de l'Aisne».

Autrement dit, si l'ex-députée de la Somme reconnaît que le département où elle a été élue comporte déjà un grand nombre d'éoliennes, d'autres territoires à l'image des départements voisins de l'Oise et de l'Aisne pourraient en accueillir dans l'avenir... sans que cela fasse forcément l'unanimité.

La Région rappelle son opposition

Quand on connait la position du Conseil régional des Hauts-de-France et de son président Xavier Bertrand sur le sujet du développement de l'énergie éolienne, une réponse était logiquement attendue. Le 5 août dernier, la réaction de la Région est venue du vice-président Christophe Coulon, un picard, originaire de l'Oise, puis élu dans l'Aisne. Elle est sans surprise, en totale opposition avec les intentions de Barbara Pompili.

Selon Christophe Coulon, «la vision de l'avenir qu'à la ministre de la Transition écologique pour nos paysages et nos territoires est (...) terriblement éloignée de la triste réalité des implantations anarchiques de l'éolien industriel en Hauts-de-France». Le vice-président du Conseil régional rappelle ainsi «qu'un quart de l'énergie éolienne nationale est produite dans notre région». De fait, poursuit-il, «la Région Hauts-de-France se prononcera contre tous les projets qui seront présentés». Pour les élus des Hauts-de-France, alors qu'il est demandé des «efforts» pour développer l'énergie éolienne, «d'autres régions aussi vastes que la notre et bénéficiant des mêmes potentiels de vent produisent à peine le part de notre production régionale».

Un observatoire dénonce une «saturation» territoriale

En juin 2018, la Région Hauts-de-France lançait une expérience inédite en France : la création d'un Observatoire de l'éolien en Hauts-de-France chargé «de recenser l'ensemble des éoliennes déjà implantées ou en projet sur le territoire régional, et d'informer en temps réel et en toute objectivité les habitants des Hauts-de-France».

A cette époque (2018), les chiffres relevés par cet observatoire - plus de 1 500 éoliennes en place, 800 autorisées mais non encore construites, et 733 projets en cours d'instruction - montraient déjà un territoire «arrivé à saturation en terme d'implantation d'éoliennes», avec «un développement exponentiel et non maîtrisé dans ce domaine».

Le renouvelable, première source d'électricité pour l'UE début 2020

D'après une étude publiée par le think tank britannique Ember sur la base des données Entso-E, le réseau des transporteurs européens d'électricité, les énergies renouvelables seraient devenues au premier semestre 2020 la principale source d'électricité en UE-27. Une première, avec 40 % de la production totale contre 34% pour les énergies fossiles. «L'éolien et le solaire ont augmenté leur part de marché de 13 % en 2016 à 21 % sur la première moitié de 2020»,se réjouit Ember dans son rapport. L'hydroélectricité, complète le think tank, représenterait désormais 13% de la production énergétique. La bioénergie, elle, ne pèserait que 6 %, dont une partie liée à la combustion de bois. Alors que la demande en énergie a baissé de 7% par rapport à 2019 en raison du coronavirus, «la production d'énergie renouvelable a augmenté de 11 % au premier semestre», poursuit Ember. Cette augmentation s'expliquerait d'après le think tank par le développement des installations. «En six mois, l'éolien et le solaire ont atteint 64% de la production électrique danoise, 49 % de la production irlandaise, et 4 2% de la production allemande», souligne Ember, contre 57, 39 et 34 % en 2019. Le charbon aurait en revanche subi une baisse sans précédent de 34 % à l'échelle de l'UE-27, avec un recul notable de 39% en Allemagne.

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