L'Oise Agricole 21 février 2019 à 09h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

«Les adhérents de Tereos doivent pourvoir s’exprimer clairement»

Suite à la conférence de presse de Tereos et aux multiples rebondissements qui secouent le groupe sucrier, Gilles Bollé, membre de l’ACDT (Association de défense des coopérateurs de Tereos) répond à nos questions.

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Gilles Bollé
Gilles Bollé - © Dominique Lapeyre-Cavé

Tereos, dans sa conférence du 6 février dernier à l’intention de la presse agricole, déplore les contrevérités répandues par certains coopérateurs, qui, selon les dirigeants, nuiraient à la coopérative. Que répondez-vous ?

Gilles Bollé : Je ne vois pas du tout à quelles contrevérités il est fait référence. Dans toutes les réunions que nous avons menées sur le terrain, nous nous sommes contentés de faire part de nos inquiétudes quant à la santé financière de Tereos. Il y a trois mois, la réponse qui nous était donnée était : le groupe Tereos va bien et dans le même temps, perd 96 millions en 6 mois. Combien pour le reste de l’année ? Quand je lis que si notre minorité continue son acharnement à déstabiliser la coopérative, celle-ci n’est plus en mesure de garantir sa survie, je m’interroge. Avons-nous tant de pouvoir que cela pour que, trois mois plus tard, la coopérative soit en danger alors que tout allait bien dans le meilleur des mondes il y a peu ? Avouez qu’il y a de quoi s’interroger sur ce revirement de bulletin de santé !

Les membres du conseil de surveillance de Tereos estiment que le débat a eu lieu au cours des 40 réunions publiques qui se sont tenues en 2018. Quels sujets n’auraient pas été débattus ?

G.B. : Effectivement, de nombreuses réunions ont été tenues en 2018. Malheureusement, elles n’ont pas abordé les véritables problèmes car il n’y a aucune transparence dans les comptes consolidés. Et c’est bien ce qui nous inquiète. Nous affirmons que la diversification menée n’est pas bien gérée et est sans doute bien moins florissante qu’annoncée. C’est d’une mauvaise gestion qu’est née la crise de gouvernance.

Où en êtes-vous de la validation des signatures demandant la tenue d’une assemblée générale ?

G.B. : Tereos annonce que la pétition telle que présentée ne remplit pas les conditions énoncées par la loi et les statuts de Tereos. Or, dans les statuts de Tereos, rien ne précise quelle forme doit revêtir la pétition. Or, nous avons suivi les recommandations du HCCA (Haut conseil de la coopération agricole). Il est juste précisé que le coopérateur, individuel ou sous forme de société, doit être parfaitement identifié et sa signature valable. Dans le cas de société adhérente, c’est bien sûr le gérant qui peut signer. Et 20 % des adhérents doivent avoir signé la pétition. C’est aussi simple que cela. Et, croyez-moi, la pétition est sincère et véritable, nous n’avons pas obligé nos collègues à signer ! Franchement, cela se saurait si nous avions tenu le stylo de chacun ! Nous avions 2.598 signatures au départ, ce qui fait le compte, et nous continuons à en recevoir. Nous allons poursuivre nos réunions de terrain dans l’Aisne, la Marne, l’Aube, la Seine-et-Marne et le Loiret. La prochaine est prévue le 28 février et nous allons exposer notre point de vue afin que chacun se fasse une idée et puisse se prononcer.

Quelle suite donnerez-vous ?

G.B. : Mon engagement est clair. Si la pétition est validée, tous les planteurs seront appelés aux urnes pour une assemblée générale. Nous exposerons alors plus en détails notre projet pour la coopérative et les planteurs pourront se déterminer entre deux visions de la coopérative.

Je ne comprends pas pourquoi le conseil de surveillance refuse cette éventualité. Si nous avons tort, les planteurs donneront raison à l’équipe actuelle et il n’y aura rien à redire. C’est l’essence même de la vie démocratique dans une coopérative : on fait confiance à l’équipe en place ou on ne lui fait plus confiance. En cas de désaveu, je me retirerai. Ce combat que je mène avec mes amis, c’est pour clarifier la situation et prendre les décisions nécessaires à l’avenir de Tereos. Rien de plus. Vous imaginez bien qu’à 63 ans, je n’ai pas envie de me lancer dans une carrière de président de Tereos !

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