L'Oise Agricole 17 juillet 2020 à 11h00 | Par L'Oise Agricole

Marchés européens : encore beaucoup d'incertitudes

Malgré l'épidémie de Coronavirus qui a fortement affecté la demande de produits agricoles, l'Europe prévoit pour 2020 une production à la hausse, mais de nombreuses incertitudes subsistent quant à l'ampleur de la reprise.

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De bonnes perspectives de production sont prévues pour les produits laitiers, le sucre, la viande porcine, l'huile d'olive, le vin et la tomate, malgré les difficultés économiques rencontrées.
De bonnes perspectives de production sont prévues pour les produits laitiers, le sucre, la viande porcine, l'huile d'olive, le vin et la tomate, malgré les difficultés économiques rencontrées. - © Pixabay

«L'épidémie de Covid-19 et les mesures connexes prises par les États membres ont créé un choc de demande plutôt que d'offre», rappelle la Commission européenne dans ses perspectives à court terme pour les marchés agricoles de l'UE, publiées le 6 juillet. Résultat : de bonnes perspectives de production sont prévues pour les produits laitiers, le sucre, la viande porcine, l'huile d'olive, le vin et la tomate malgré les difficultés économiques rencontrées par la plupart de ces secteurs.

Les perspectives d'exportation restent, elles aussi, bonnes dans l'ensemble. Avec la levée progressive des mesures de confinement dans toute l'UE et le début de la période des vacances d'été, la demande, en particulier dans le secteur de la restauration, devrait revenir à des niveaux normaux. Mais, préviennent les services bruxellois, de nombreuses incertitudes subsistent quant à la reprise économique, et donc quant à l'évolution de la demande dans l'UE et dans le monde.

En particulier, l'ampleur prévue de la récession est telle qu'elle devrait entraîner une forte augmentation du chômage dans l'UE, ce qui aura des répercussions négatives sur la consommation des ménages. Les effets des mesures de relance, notamment dans le cadre du budget européen pour 2021-2027, la capacité des différents secteurs à adapter leur production et la vigueur de la reprise, notamment sur les marchés d'exportation, seront autant de facteurs qui détermineront l'offre et la demande et auront une influence directe sur les prix et donc sur la rentabilité du secteur agroalimentaire, prévient la Commission européenne. Le secteur devrait néanmoins continuer de bénéficier du faible niveau des prix de l'énergie et des engrais, qui compensent en partie une éventuelle baisse des prix agricoles.

Le vin figure parmi les secteurs les plus affectés par les effets de la crise de la Covid-19, constate la Commission européenne avec une consommation et des exportations de vins qui vont diminuer de 7 % chacune en 2019-2020. En revanche, la production vinifiée pour d'autres usages connaît une augmentation de 33 % du fait des mesures exceptionnelles permettant la distillation de crise. Autre secteur en difficulté, avant même la pandémie de Covid-19, l'huile d'olive dont la production en 2019-2020 est restée inférieure de 4 % à la moyenne quinquennale. Mais en 2020-2021, elle devrait fortement augmenter et atteindre 2,3 millions de tonnes soit une hausse de 20 % en un an.

Prix de la viande en hausse

Du côté de la viande, après une baisse due à une diminution de la demande dans le secteur de la restauration, les prix de toutes les viandes ont commencé à remonter lorsque la demande des consommateurs (pour certaines coupes) s'est redressée à la suite de l'assouplissement des mesures de confinement liées du Covid-19. La production de boeuf devrait diminuer de 1,7 % en 2020, conséquence d'une baisse de la demande de la restauration. «Au plus fort de la crise, les prix de la viande bovine ont reculé de 5 à 7 %, mais ces dernières semaines nous avons des chiffres encourageant de reprises», commentait le 6 juillet devant les eurodéputés, le directeur général adjoint à l'Agriculture de la Commission européenne, Michael Scannell. Mais, a-t-il prévenu, «il faut s'attendre à une baisse beaucoup plus marquée de la production dans les mois à venir».

La production de volaille devrait, elle aussi, reculer, de 2 %, en 2020 de même que celles de viandes ovine et caprine (- 1,5 %). Seule la production de viande porcine devrait augmenter légèrement (+ 0,5 %) en 2020. Dans l'ensemble, la réduction de la demande des consommateurs pendant la crise et d'autres facteurs entraîneront une baisse de la consommation de viande de 2,5 % pour atteindre 65,4 kg par habitant en 2020.

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