L'Oise Agricole 20 décembre 2019 à 10h00 | Par christophe Demeester

Enfin, les indicateurs de prix de revient validés par Bruxelles !

Suite aux différentes inquiétudes de certains opérateurs de la filière sur le caractère anticoncurrentiel des indicateurs, les acteurs de l’interprofession avaient décidé de notifier le tableau de bord d’indicateurs économiques, afin de recueillir l’avis de la Commission européenne.

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Le 6 décembre dernier, la Commission européenne a donné officiellement son feu vert pour la publication mensuelle par le Cniel du tableau de bord d’indicateurs économiques reprenant notamment les indicateurs de prix de revient en élevage laitier.

Pour rappel, ces indicateurs nationaux visent à représenter au mieux le prix de revient moyen des exploitations laitières françaises. Ils seront renouvelés chaque année sur la base d’un large panel de données provenant des différents centres de gestion. Le Cniel se dote ainsi d’indicateurs de prix de revient robustes en conformité avec le droit de l’Union Européenne.

La Fédération nationale des producteurs de lair se félicite de cette bonne nouvelle qui doit permettre une véritable concrétisation des Egalim pour les opérateurs de la filière laitière dans le contexte des négociations commerciales annuelles.

Alain, président FRPL NPA et administrateur FNPL
Alain, président FRPL NPA et administrateur FNPL - © Dominique Lapeyre-Cave

"Plus rien ne s’oppose à l’application des EGA par les transformateurs"

Un an, jour pour jour, après l’adoption de la loi Egalim les premiers effets sur le prix du lait sont réels, mais timides… Tous les éléments sont maintenant réunis pour que la seconde marche soit franchie et rien ne justifierait de ne pas assurer aux producteurs une rémunération à la hauteur de leur travail afin de leur permettre de pérenniser leurs exploitations.

Par ailleurs, le 8 décembre dernier, un arrêté du 29 novembre a été publié au JO venant homologuer les modèles de statuts des sociétés coopératives agricoles. Le texte, qui résulte de la loi Egalim, fait suite à l’ordonnance du 24 avril 2019 dont l’un des objectifs est d’améliorer l’information des associés coopérateurs, pour leur permettre de bénéficier des avancées de la contractualisation rénovée. Ces modèles de statuts vont permettre aux coopératives de faire évoluer leurs statuts pour apporter plus de transparence et de lisibilité pour le producteur associé coopérateur.

Avec la validation par la Commission européenne du tableau de bord d’indicateurs économiques du Cniel, ainsi que la publication de cet arrêté, tout est entre les mains des transformateurs, privés comme coopératifs, pour répondre aux objectifs portés par les EGA.

Il faut que les acteurs économiques de la filière prennent en compte l’indicateur Cniel de coût de revient dans les négociations de février et qu’ils figurent aux conditions générales de vente des contrats laitiers ou dans le règlement intérieur des coopératives. Nous appelons les entreprises privées et coopératives de transformation ainsi que la distribution à s’emparer largement de cet outil pour valoriser au juste prix les produits laitiers.

Nous comptons sur les membres de l’interprofession (transformation et distribution) pour garantir le respect des EGA auxquels tous ont souscrit.

Didier Halleux, vice président FRPL NPA (Fédération régionale des producteurs de lait Nord Picardie Ardennes)
Didier Halleux, vice président FRPL NPA (Fédération régionale des producteurs de lait Nord Picardie Ardennes) - © Agence de presse

«Un aboutissement… et un commencement»

Oui, c’est l’aboutissement d’un long travail de terrain engagé par la FNPL et ses sections pour faire reconnaître la valeur de notre lait de France dans sa triple dimension :

- assurer un produit de qualité sanitaire, nutritionnelle et de plaisir pour les consommateurs,

- assurer le bien-être de nos animaux dans un cadre de production diversifié

- et enfin d’assurer aux éleveurs la juste rémunération de leur travail et le bien être dans notre métier.

C’est tout le sens du plan de filière adopté par l’ensemble de l’interprofession laitière, de la loi Egalim et que l’Union européenne vient de reconnaître en validant les nouveaux indicateurs laitiers du Cniel.

Oui, c’est le véritable commencement d’une ère nouvelle dans la marche en avant de la construction du prix, en retenant la valeur du prix de revient du lait comme base. C’est une occasion unique visant à la création de valeur pour des relations commerciales loyales, plus transparentes de la transformation à la grande distribution en passant par la restauration hors foyer. C’est garantir aux consommateurs une alimentation de base locale qui rémunèrent le paysan. Les entreprises qui ont su enclencher le dispositif par anticipation ne doivent plus être dans le doute. C’est toute la filière qui avance dans le même sens.

Messieurs de la grande distribution c’est sur l’ensemble des produits que la loi s’applique de la marque aux MDD et ne vous cachez pas derrière de la segmentation de niche pour faire bonne figure. La segmentation c’est un cran au-dessus. Sachez que nous veillerons, nos équipes sont prêtes, nous ne lâcherons rien.

Je souhaite à nos producteurs de pouvoir prendre un peu le temps d’être dans la joie, de se retrouver avec leurs proches pour les fêtes de fin d’année.

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