L'Oise Agricole 12 décembre 2019 à 10h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Éradiquer la BVD passe par l'action collective

Le Groupement départemental sanitaire de l'Oise proposait une réunion le 10 décembre pour faire le point sur la BVD et les dispositions de lutte obligatoires.

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C'est dommage, mais peu d'éleveurs avaient fait le déplacement pour cette réunion d'information sur la BVD.
C'est dommage, mais peu d'éleveurs avaient fait le déplacement pour cette réunion d'information sur la BVD. - © Dominique Lapeyre-Cave

La BVD, ou diarrhée virale bovine, est une maladie à virus qui se transmet par de multiples voies (respiratoire, fécale...) et circule rapidement, avec des conséquences graves : problème de fertilité pour le taureau, infertilité, avortement pour la femelle gestante et malformation des veaux, voire mortalité. La maladie se détecte souvent par la présence de veaux IPI, c'est-à-dire d'animaux qui peuvent paraître parfaitement normaux, mais sont souvent chétifs, avec un retard de croissance.

L'objectif de la lutte contre la BVD est stopper les pertes sanitaires et économiques, d'éviter les contaminations entre élevages, de faire chuter le nombre d'IPI le plus rapidement possible, de qualifier l'intégralité des bovins avec la garantie «non IPI» pour assurer la valorisation commerciale des bovins en France et à l'étranger.

Jusqu'en 2018, la lutte s'organisait au sein de chaque département et, dans les Hauts-de-France, les GDS ont voté la généralisation de la lutte contre la BVD avec le bouclage BVD pour tous et une aide financière et technique pour les éleveurs. Le dépistage s'opère grâce à la boucle «2 en 1»: l'éleveur pose la boucle identification et prélève par la même occasion le bovin pour analyse. On saura ainsi s'il est négatif ou positif. Dans la région, l'Aisne et l'Oise sont les départements les plus avancés dans la démarche. Dans l'Oise, 88 % des éleveurs représentant 95 % des naissances posent déjà des boucles BVD.

On peut se réjouir de ces résultats car, depuis le 1er août 2019, un arrêté ministériel rend le dépistage et la surveillance des troupeaux obligatoires. Pour ce faire, deux solutions : la boucle BVD, adoptée dans l'Oise, ou le suivi sérologique, c'est-à-dire l'analyse du lait. Cette dernière méthode peut paraître moins contraignante mais, en cas de résultat positif, il faudra réaliser des analyses de sang pour chacun des animaux présents sur l'exploitation. Certains départements, qui avaient plutôt choisi cette voie, semblent faire marche arrière et préconiser les boucles BVD.

Celles-ci présentent un surcoût de 1,11 EUR HT auquel il faut ajouter les frais d'analyse de 4,50 EUR HT. Mais le GDS prend en charge 2 EUR pour les éleveurs qui s'étaient engagés avant le 2 août.

Au 1er janvier 2020, le coût de l'analyse baissera à 4,25 EUR HT. Il restera 5,36 EUR par naissance à charge pour l'éleveur, sans préjuger d'une aide du GDS, soit un coût inférieur à celui de la maladie. Par ailleurs, les éleveurs reçoivent une indemnisation de 60 EUR pour tout veau IPI euthanasié dans les 15 jours et 100 EUR par bovin IPI éliminé sous 15 jours dans le cadre de l'assainissement par prise de sang des élevages découverts infectés (plus prise en charge de 50% des analyses).

À noter que chaque veau dépisté donne un statut également à la mère ; veau non IPI = mère non IPI.

Les éleveurs sont incités à se débarrasser au plus vite de tous les animaux infectés, même si c'est difficile à faire quand ils paraissent en bonne santé. Un éleveur présent dans la salle disait ne pas vouloir euthanasier deux veaux qu'ils trouvaient beaux et pour lesquels il ne voyait pas d'où peut venir l'infection. Un autre éleveur, Jacques Moutailler, de Berneuil-sur-Aisne, apportait son témoignage. Suite à un retour positif sur quelques veaux, il estime avoir réagi tardivement et, après prise de sang de tout le cheptel, il s'est avéré qu'un animal sur deux était positif. «Il a fallu euthanasier la moitié de mon troupeau et je conseille à tout éleveur de ne pas hésiter à éliminer un ou deux veaux IPI car, sinon, la contamination va très vite. Il ne faut pas prendre de risque inutile et jouer collectif. C'est comme cela qu'on y arrivera.»

La biosécurité en élevage

Comme le virus de la BVD est particulièrement contagieux, des mesures de prévention doivent être prise et notamment toutes celles qui visent à limiter les contaminations. Cela concerne par exemple les intervenants sur l'élevage qui doivent avoir un accès réservé, porter une blouse de l'élevage et passer dans un pédiluve par exemple. Il est également souhaitable d'avoir un quai de chargement-déchargement lorsque les animaux arrivent ou partent.

De même, la plus grande prudence est de mise lors de l'introduction de nouveaux animaux dans le cheptel, qui doivent d'abord être mis en quarantaine (voir schéma ci-dessus). Le nettoyage et les vides sanitaires sont des moyens de lutte à privilégier.

Au pré, la BVD circule facilement. Enfin, la réunion s'est terminée par la présentation du nouveau site internet du GDS. Jean-Michel Bonczak, directeur, et Alice Tarchaoui ont montré comment les résultats d'analyse sont consultables directement en ligne. Pour l'instant, seules celles pour la BVD sont accessibles mais, à terme, elle seront toutes à disposition, ce qui permettra un meilleur suivi sanitaire. Ce service est réservé aux adhérents du GDS.

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