L'Oise Agricole 30 janvier 2020 à 09h00 | Par Agence de presse

La viande bovine française fait ses premiers pas en Chine

À raison de «100 tonnes par mois», selon l’Idele, les exportations de viande bovine française vers la Chine pourraient dépasser les 1 000 tonnes en 2020. Sur ce marché hautement concurrentiel, la France vise le segment haut de gamme.

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- © François d'Alteroche

Après avoir posé un premier pied en Chine fin 2019, la filière bovine française espère s’y installer plus durablement en 2020. Cette année, les envois de viande bovine hexagonale vers l’Empire du milieu «pourraient atteindre quelques milliers de téc (tonnes équivalent carcasse, ndlr)», estime l’Idele (Institut de l’élevage) dans un communiqué du 21 janvier. Aujourd’hui, la France envoie 100 tonnes par mois et les exportations devraient se poursuivre sur ce rythme, voire se développer», précise Jean-Marc Chaumet, en charge de la veille sur la Chine à l’Idele. «Des contrats ont été signés mentionnant des durées», rapporte l’analyste. Un signe qui reflète pour lui l’établissement d’«un flux pérenne à moyen terme vers la Chine». Un exemple ? La filière limousine a récemment indiqué s’être «engagée à exporter 4 500 bovins» depuis début janvier. Un contrat qui sera officialisé lors du Salon de l’agriculture. Comme ses concurrents, le boeuf français profite d’un report de consommation provoqué par l’épizootie de peste porcine africaine (PPA). La maladie décime toujours le cheptel chinois et provoque une flambée des prix du porc sur les étals. Des conséquences qui «poussent de nombreux consommateurs à se reporter sur d’autres protéines animales», peut-on lire dans la lettre Chine-Abcis, élaborée par l’Idele, l’Itavi (volailles) et l’Ifip (porc). Dans le sillon du porc, la viande bovine a vu son prix de vente exploser, avec + 20 % entre mai et novembre, avant de se stabiliser.

Pékin diversifie ses approvisionnements

Même si elle a atteint un «record historique» en 2019, la production bovine chinoise ne parvient pas à satisfaire la demande. D’où une forte hausse des importations qui ont gonflé de 57 % sur les onze premiers mois de 2019 (par rapport à 2018), d’après Abcis. Ce contexte pousse Pékin à «diversifier ses approvisionnements afin de satisfaire sa demande et atténuer sa dépendance aux grands fournisseurs», indique encore la lettre. 95 % des importations chinoises proviennent de cinq pays (Brésil, Argentine, Australie, Uruguay, Nouvelle-Zélande). La France fait partie des quinze autres exportateurs qui se partagent les 5 % restants (soit 74 000 téc).

Cinq abattoirs français sont agréés pour envoyer de la viande en Chine depuis juin 2019, mais le coup d’envoi a véritablement été donné lors de la visite d’Emmanuel Macron début novembre 2019. Accompagné d’une délégation de la filière viande, le chef de l’État avait fait déguster de la viande française à son homologue Xi Jinping.

Depuis, «au moins deux opérateurs ont envoyé de la viande en Chine, Bigard et Puigrenier», poursuit Jean-Marc Chaumet. Les volumes restent modestes, mais concernent «le segment haut de gamme», estime-t-il : «On s’adresse à des consommateurs aisés, jeunes et connectés, qui ont envie de découvrir de nouvelles viandes. En Chine, la viande française n’est pas encore banalisée. Elle n’est pas utilisée pour la transformation, mais plutôt en restauration.» Un positionnement qui «n’empêche pas la pression sur les prix», constate M. Chaumet.

La hausse chinoise «pourrait ralentir»

Si elles se poursuivent au rythme actuel, les expéditions françaises pourraient atteindre au bas mot 1 200 téc en 2020. Des volumes qui restent toutefois marginaux, comparés aux 230 000 téc que l’Hexagone a exportées en 2019, toutes destinations confondues. «En Chine, il ne faut pas espérer de retours rapides, mais plutôt viser le moyen et le long terme, relativise Jean-Marc Chaumet. C’est une manière de consommer différente, il faut éduquer le consommateur.» Comme souvent sur le marché chinois, un retournement de la conjoncture ne peut pas être exclu. La «hausse des importations pourrait ralentir dans les prochains mois, prévient Abcis. Certains commerçants estiment que le report de la demande chinoise sur la viande bovine aurait été surestimé, menant à des importations trop importantes et donc à des stocks volumineux».

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