L'Oise Agricole 06 septembre 2018 à 09h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Téréos : les soutiens des exclus demandent des élections générales

Plus de 250 de planteurs et anciens conseillers de région ont assisté à la réunion de l’Association de défense des coopérateurs de Téréos (ADCT), le 4 septembre à Estrées-Saint-Denis.

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Les planteurs Téréos se sont largement mobilisés autour des exclus.
Les planteurs Téréos se sont largement mobilisés autour des exclus. - © Dominique Lapeyre-Cavé

Xavier Laude, Gilles Bollé et Gérard Claye, les trois exclus, ont voulu informer les planteurs du «pourquoi on en est arrivé là». Mais ils ont surtout voulu montrer leur attachement à cette belle entreprise qu’est Téréos, même s’ils sont inquiets de la gouvernance qui s’exerce, dans le plus grand manque de transparence, selon eux.

Néanmoins, ils appellent à la recherche d’une solution qui puisse permettre de trouver une issue à cette crise. Pour cela, ils ont fait appel au Haut conseil de la coopération agricole (HCCA), présidé par Henri Nallet, ancien ministre de l’Agriculture, qui les a assurés de vouloir pleinement jouer son rôle de médiation. Avec le soutien de nombreux présidents d’organisations professionnelles agricoles départementales et nationales, les exclus et leurs soutiens, manifestement très nombreux, plaident pour l’organisation d’élections générales au sein de Téréos, pour repartir sur des bases saines après cette crise.

Les exclus attendaient d’ailleurs dans la soirée un appel téléphonique du HCCA, leur confirmant que François Leroux, président de Téréos, acceptait cette médiation sous l’égide du HCCA.

À défaut de cette médiation, l’ADCT invite les planteurs à signer une lettre demandant au président de Téréos d’organiser des élections rapidement et non pas en juin 2019 comme le propose la gouvernance de Téréos. «Il est hors de question que 7.500 planteurs ne soient plus représentés au conseil de surveillance pendant un an» ont plaidé les exclus, approuvés par la salle.

Ce qui a amené à cette crise ouverte, Gilles Bollé, Gérard Claye et Xavier Laude l’ont détaillé. Selon eux, tout a commencé il y a plus d’un an. Membres du conseil de surveillance, ils ont posé des questions sur les comptes de l’entreprise et de ses filiales car, contrairement au plan annoncé, l’endettement n’a pas diminué mais, au contraire, s’est envolé (2,5 milliards d’euros), d’où leur inquiétude. Sans réponse, ils ont cherché des renseignements et ont vite compris que leurs questions gênaient le directoire et une partie du conseil de surveillance. Le projet de regroupement des services de Téréos à Moussy, près de Roissy, a été un révélateur. Coût prévu : entre 70 et 100 M€, beaucoup trop pour les «opposants». Le vote fait apparaître un clivage au sein du conseil de surveillance. 10 voix contre, dont celle de nos trois exclus, et 11 pour ! Et ce clivage se retrouvera dans tous les votes qui suivront, preuve d’une réelle tension au sein de la gouvernance.

Les opposants obtiennent quand même la création d’une commission finances et d’un comité d’audit, assez tardivement, et dont ils comprennent vite que le fonctionnement ne sera pas de nature à éclairer le débat.

En décembre 2017, François Leroux est élu à la présidence à 11 voix contre 10. En janvier 2018, la création de la coopérative unique se fait dans la douleur et les réunions du conseil de surveillance sont de plus en plus tendues. La charte de l’élu empêche les membres de s’exprimer et de faire part de leurs inquiétudes quant à la gouvernance, alors que, dans le même temps, ils se sentent responsables de la confiance que les planteurs ont placée en eux en les élisant. D’où la démission en nombre et la mise à jour de la crise qui a abouti à l’exclusion de Gilles Bollé, Xavier Laude et Gérard Claye. Ceux-ci estiment que c’est le manque de transparence qui a entraîné cette crise de gouvernance. Ils pensent que Téréos est une belle entreprise, mais qui a besoin d’être reprise en mains au travers d’un processus électoral démocratique : un homme, une voix comme le stipulent les statuts de la coopération, ce qui n’est pas tout à fait le cas à Téréos où les voix sont proportionnelles au tonnage. En cela, ils ont reçu des planteurs présents le soutien qu’ils espéraient. Les exclus et leurs soutiens entendent continuer à informer les planteurs de la situation et à les inviter à se mobiliser en faveur de nouvelles élections. Le feuilleton Téréos n’est pas fini, loin de là.

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