L'Oise Agricole 04 juillet 2019 à 09h00 | Par Dorian Alinaghi

Un accord Mercosurement pas !

Mardi soir et mercredi matin, les agriculteurs de l’Oise se sont rassemblés à la préfecture de Senlis et Beauvais pour dénoncer les «distorsions de concurrence» qu’ils craignent de subir avec l’accord de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur.

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«Le préfet a été très à l’écoute sur toutes les problématiques agricoles et notamment sur les effets qui découlent de cet accord. De plus, il a eu un retour du ministère qui est contre l’importation des produits qui ne sont pas aux normes sanitaires et environnementales. Une rencontre parlementaire va être également organisée via la préfecture pour montrer l’importance des distorsions de concurrence au niveau du Mercosur et au niveau européen», explique Linda Monnier, directrice de la FDSEA 60. (© Dorian Alinaghi) Cette manifestation pourrait être la première d’une série. Après l’accord Mercosur, l’Assemblée nationale devrait bientôt se prononcer sur l’accord Ceta de libre échange avec le Canada. Ici, devant la sous-pr © Dorian Alinaghi Cet accord de libre-échange concernera 780 millions de consommateurs. © Dorian Alinaghi

Fatigués, furieux, désabusés, les agriculteurs de l’Oise et de toute la France, sont venus exprimer leur mécontentement, devant les prefectures, face à l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur, composé de l’Argentine, du Brésil, du Paraguay et de l’Uruguay. Julien Grécy, secrétaire adjoint des Jeunes Agriculteurs de l’Oise, s’insurge sur le fait que cet accord va nuire à cette profession et surtout à l’avenir des jeunes qui viennent de s’installer.

«On produit déjà tout chez nous, on est l’une des agricultures les plus pérennes et durables du monde ! On est à l’écoute des consommateurs ! On sait produire de la qualité mais, avec toutes les contraintes, cela devient compliqué à produire tout court. L’importation à venir de produits sans traçabilité, bourrés de produits phytos ou de médicaments, va induire une distorsion de la concurrence, alors que de notre côté, on nous demande de produire avec de nombreuses règles et un respect de la transition écologique. En tant que jeune agriculteur, il s’agit de notre avenir, on en dépend complètement. Avec cet accord, notre carrière est floue…».

Les bottes, les cottes et une banderole taguée «n’importons pas ce que nous ne voulons pas !» ont inondé les façades de la préfecture.

«On va essayer de faire bouger les lignes puisque l’accord va être voté assez rapidement. Ce sont tout de même 90.000 tonnes de viandes qui vont être importées, 80.000 tonnes de sucre n’ayant aucun droit de douane… Pour nous, c’est inacceptable ! En Hauts-de-France, on ferme des sucreries ! On parle de réchauffement climatique, mais on va faire traverser des tonnes de produits dans des bateaux réfrigérés. C’est inadmissible. De plus, ceux que l’on va importer sont produits avec des phytos, plus d’une soixantaine, interdits en France. Il faut savoir également que la taille d’un élevage au Brésil, c’est la moitié du département de l’Oise, mais cela est également interdit en France. Il faut savoir ce que l’on veut ! Là, c’est la fin de l’agriculture française…» affirme Thierry Bourbier, président de la FDSEA 60. Plus largement, FDSEA et Jeunes Agriculteurs ont expliqué «également penser aux consommateurs qui vont être dupés.»

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BERTRAND (40) | 04 juillet 2019 à 16:09:06

Je comprends ces inquiétudes de nos agriculteurs qui risquent d'être mangé à toutes les sauces des marchés mondiaux? mais force de constater que nous voulons être à la mode: parcourir le monde du nord au sud, consommer et polluer la planète, et subir une politique libérale qui fera de plus en plus le jeu du business international comportant des modes et des structures de production les plus diverses, voir opposées. les couts de production , les fiscalités, les structures d'exploitation n'ont rien à voir entre un blé, un maîs où un tournesol ukrainien avec ces productions issues d'une exploitation moyenne de Beauce..

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