L'Oise Agricole 10 décembre 2020 � 09h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

À Paillart, la volaille est reine à la ferme du Val-de-Noye

Installée au cœur d’un petit village au nord de Breteuil, la ferme du Val de Noye élève, abat et transforme toutes les volailles, et particulièrement pour les fêtes de fin d’année.

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Delphine Mahieus gave 800 canards par an. Un énorme travail avant l’abattage, la découpe et la transformation.
Delphine Mahieus gave 800 canards par an. Un énorme travail avant l’abattage, la découpe et la transformation. - © Dominique Lapeyre-Cave

En ce début d’après-midi, le téléphone de Delphine Mahieus, éleveuse de volailles, n’arrête pas de sonner et les clients se succèdent dans le magasin installé sur l’exploitation, en plein centre bourg. Les amateurs de belles volailles bien élevées viennent chercher leur commande pour les fêtes de fin d’année ou réservent chapons, dindes ou pintades. «J’ai déjà vendu tous mes foies gras pour les fêtes de fin d’année. C’est bien mais j’aime bien pouvoir en proposer aux clients qui en cherchent en dernière minute», explique Delphine Mahieus.

Avec son mari Marc, cette fin d’année représente le plus gros de leur activité d’élevage de volailles. Sur leur exploitation de 130 ha, une partie du blé et du maïs produite, environ 120 tonnes par an, moitié blé et moitié maïs, est dédiée à l’alimentation des 2.500 poulets, 450 pintades, 800 canards gras et presque 350 dindes, ainsi que des poulardes, des chapons et quelques oies pour les inconditionnels.

«Nous achetons nos volailles à un jour et les élevons jusqu’à l’abattage, la vente entière ou la transformation. Au blé et au maïs produits sur l’exploitation, nous ajoutons une complémentation au soja non OGM, ce qui ne nous satisfait qu’à moitié. Du coup, l’année prochaine, nous allons cultiver des pois et du lupin pour nourrir nos volailles. J’espère que l’introduction de ces nouveaux aliments se passera bien», confie Delphine Mahieus.

Vendre directement

L’exploitante ne se destinait pas à prendre la suite de sa maman Ghislaine puisqu’elle a suivi des études dans le commerce, un DUT (diplôme universitaire technologique) techniques de commercialisation. «Un jour, ma mère m’a demandé de l’aider à vendre sur un marché, à la période de Noël. J’ai adoré l’ambiance festive, le contact avec les clients, vendre. Cela m’a convaincue et, après mon BPREA, je suis allée six mois en stage en Lozère pour me perfectionner sur les canards gras, leur élevage et la transformation. Et je suis revenue m’installer à Paillart», confie Delphine Mahieus.

Elle vend sur place dans son joli magasin bien aménagé, elle effectue des livraisons régulières en divers points où les clients peuvent venir récupérer leurs commandes, elle participe au marché du terroir de Saint-Just-en-Chaussée une fois par mois, livre la Ruche qui dit Oui de Beauvais, Maisoncelle-Saint-Pierre et Bailleul-sur-Thérain, le Locavore de Clermont et deux Amap. Et puis son site internet permet des achats en ligne depuis février, avec un paiement Paypal. «J’avoue que le site et ces différents circuits de vente m’ont permis de bien m’en sortir pendant le premier confinement. J’ai reçu de nombreux nouveaux clients que j’ai voulu fidéliser avec des colis barbecue livrés. Malheureusement, et je crois qu’il en est de même pour tous les producteurs fermiers, ces clients ne le sont pas restés après le confinement et ont repris leurs habitudes de consommation», déplore l’exploitante.

Heureusement, depuis tant d’années, elle a une clientèle fidèle régulière et beaucoup de commandes pour les fêtes de fin d’année. La gamme de produits est impressionnante : volailles, volailles prêtes à cuire, volailles festives, produits transformés (terrines, saucisses, cordons bleus; boudins), découpes fraîches (cuisses, escalopes, rôti, crépinettes), brochettes et colis barbecue à la belle saison et bien sûr, en vedette, le canard gras : foies gras entiers crus, mi-cuit, cuits, magrets, rôti, cuisses ainsi que pâtés et terrines. «Le canard gras, c’est un gros travail. Comme toutes nos volailles, ils sont élevés sur paille et gavés pendant 12 jours avec du maïs cuit, matin et soir. Sanitairement, ce sont les dindes les animaux les plus délicats, que ce soient les rousses des Ardennes (3 kg) ou les bronzées d’Amérique (5 à 6 kg). Les risques de contamination sont plus importants et nous en prenons grand soin», détaille Delphine Mahieus.

Des projets ? «Participer à des nouveaux marchés qui se mettent en place, mettre au point de nouvelles préparations comme des galantines, mais il n’est pas facile de trouver des formations pour apprendre. Et puis, déjà, arriver à satisfaire mes clients et honorer toutes les commandes de fêtes. C’est un énorme travail qui nous attend encore jusqu’à la fin de l’année», souffle-t-elle. Et déjà le téléphone sonne alors que des clients viennent au magasin chercher leurs commandes. La ferme du Val-de-Noye est bien le rendez-vous des amateurs volailles .

Un joli magasin accueillant et qui propose une large gamme de produits fermiers.
Un joli magasin accueillant et qui propose une large gamme de produits fermiers. - © DLC

Un mal pour un bien

Depuis que Delphine Mahieus s’est installée au premier janvier 2020, elle n’a subi que des années particulières : une moisson catastrophique en 2016, une moisson 2017 correcte mais avec des prix très bas et, en 2018, l’incendie de ses installations, magasin et laboratoire. «Au final, ce désastre aura peut-être été une chance pour nous. Nous avons dû réinstaller rapidement un abattoir en structure légère, un laboratoire, le tout aux normes d’hygiène CE, ainsi qu’un nouveau magasin, ce qui nous permet d’élargir la gamme de nos produits», reconnaît Delphine Mahieus.

En effet, cette norme l’autorise à fabriquer des produits à base de viande hachée comme des saucisses de volailles, des saucissons de canards, des cordons bleus et des boudins.

«En période estivale, je propose ainsi des caissettes barbecue avec des brochettes, des saucisses à griller, fabriquées avec les cuisses de poulets et de canards.» Elle produit aussi des jambons de volaille et a dans la tête plein d’autres recettes.

Infos pratiques

Le magasin à la ferme est situé au 2, rue du Pont-aux-Ânes à Paillart.

Fermé le lundi.

Mardi : de 10 h à 18 h. Mercredi : de 14 h à 18 h 30. Jeudi : de 10 h à 17 h 30. Vendredi : de 10 h à 18 h 30. Samedi : de 10 h à 18 h 30. Dimanche : de 10 h à 13 h.

Ou sur rendez-vous au : 03 44 07 11 30 - 06 81 02 50 10.

Distributeur sur place.

Rôtisserie le dimanche.

Boutique en ligne sur www.lafermeduvaldenoye.com

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