L'Oise Agricole 07 février 2020 à 15h00 | Par Agence de presse

Les producteurs de colza dans l’attente de décisions gouvernementales

Entre craintes de ne plus pouvoir produire faute de moyens pour protéger leurs cultures et perspectives favorables liées à la transition écologique, les producteurs de colza et de pois demandent des décisions gouvernementales qui se font par trop attendre.

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- © Agence de presse

Faut-il redouter l’avenir et abandonner des cultures ou, au contraire, imaginer un futur très positif engendré par la transition écologique et les nouvelles demandes sociétales ? Les producteurs de colza, de tournesol, pois protéagineux, féveroles, lin ou soja se sont réunis à Paris, lors de l’Assemblée générale de la Fop, le 30 janvier, pour faire le bilan de leurs craintes face au déferlement de décisions juridiques ou réglementaires limitant leurs pratiques culturales, mais aussi pour rappeler les avantages de la filière en matière d’écologie via la production de biocarburants ou, encore, via la «souveraineté protéinique» de la France, laquelle aurait l’avantage de limiter les importations et de proposer une offre sans OGM pour la nutrition animale comme pour l’alimentation humaine.

Bientôt des annonces

Mais ce fameux «plan protéine», pourtant soutenu par le président de la République, Emmanuel Macron, nécessite un «plan d’action» du gouvernement qui a tendance à rester dans les tiroirs. «Pour l’instant, les pouvoirs publics sont aux abonnés absents», regrette Arnaud Rousseau, président de la Fop. Pourtant, la demande de protéines végétales va fortement augmenter et la filière entend bien développer son activité, comme elle l’a fait avec succès pour les huiles, il y a plus de trente ans. Le gouvernement ou le président de la République devraient toutefois, selon Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, faire des annonces concrètes lors du salon de l’agriculture «en mettant ce plan protéines comme un des axes prioritaires de son “Pacte productif”», avec des mesures de soutien à la production ou d’investissement dans la recherche, mais dont on ne connaît pas encore le détail.

Concrètement, on connaît les besoins de la filière, il s’agit de développer la production de soja sans OGM - dont les surfaces sont en forte croissance, mais aussi de favoriser les tourteaux de soja et de colza sans OGM dans la nutrition animale, notamment pour les viandes labellisées, avec une traçabilité qui va de la ferme à l’assiette. Il faut aussi développer la recherche pour augmenter les teneurs en protéines, notamment des pois et du colza, tout en maintenant les rendements pour répondre à l’équation économique. Pas facile, car au même moment, les Brésiliens, Argentins et Américains augmentent leur production, avec beaucoup moins de contraintes de production, et mènent une rude concurrence à la production française et européenne, avec des cours mondiaux en forte décroissance.

Des biocarburants dans le kérosène

Autre perspective très favorable à la filière, la production de biodiesel, qui permet de réduire les gaz à effet de serre, là, encore, une priorité du gouvernement pour la transition écologique. Assurément, la demande va s’accélérer, notamment avec l’incorporation de biocarburants dans les flottes captives des collectivités territoriales ou, encore, dans le fioul pour le chauffage, voire pour les voitures diesel, si cette motorisation, une fois améliorée, revient en grâce - ce qu’espère la filière - et encore dans le kérosène des avions, puisqu’il est prévu une incorporation de 2 % en 2025, 5 % en 2030 et 50 % en 2050. Pour la transition écologique, les biocarburants seront assurément de la partie et c’est évidemment favorable à la production d’oléagineux en France et en Europe. Mieux, on ne connaît pas encore le soutien économique qu’apportera pour la filière le fameux «Green Deal» européen annoncé à 1 000 milliards d’euros, ni même les nouvelles orientations de la future politique agricole commune (Pac) en la matière.

Pouvoir continuer de produire

Mais encore faut-il que les producteurs puissent continuer de produire. Or, sous l’effet des réglementations sur les phytosanitaires, les surfaces semées ont commencé à se réduire. Dans certaines zones, il est devenu impossible de lutter contre les attaques des parasites. Il est devenu également très difficile d’homologuer de nouvelles matières actives, et des améliorations génétiques sont contestées. «Les pouvoirs publics nous retirent des matières actives sans se soucier de leur impact économique dans nos exploitations et nous laissent sans alternative, dénonçait Armand Rousseau, président de la Fop. Il nous faut garder des moyens de production.»

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