L'Oise Agricole 26 mars 2020 à 09h00 | Par Agence de presse

Une alternative au sucre de canne bio unique en France

Bio en Hauts-de-France travaille depuis trois ans à la création d’une filière équitable pour la betterave sucrière bio, afin de répondre aux interpellations de producteurs et à la forte motivation d’entreprises agroalimentaires souhaitant relocaliser leur approvisionnement.

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Le sirop de betteraves bios issus de la démarche mise en place par Bio en Hauts-de-France commence à être commercialisé dans différents points de vente spécialisés, mais aussi auprès d’entreprises du secteur agroalimentaire.
Le sirop de betteraves bios issus de la démarche mise en place par Bio en Hauts-de-France commence à être commercialisé dans différents points de vente spécialisés, mais aussi auprès d’entreprises du secteur agroalimentaire. - © Bio en Hauts-de-France

Le travail porté par l’association Bio en Hauts-de-France commence à porter ses fruits avec la création du premier sucre de betteraves bio et local désormais disponible. Pour les producteurs de betteraves, cela représente une motivation supplémentaire pour passer au bio dans la région. Pour les transformateurs, c’est l’opportunité de travailler des produits 100% made in Hautsde- France, dans une démarche de commerce équitable. Cette année, 110 tonnes de betteraves bio ont été transformées en 20 tonnes de sirop. Trois types de conditionnements sont proposés aux professionnels intéressés, magasins spécialisés, entreprises agroalimentaires ou encore producteurs en vente directe : pots de 500 g, 12,5 kg et 1 tonne. Les consommateurs peuvent trouver ce sirop dans la trentaine de magasins Biocoop de la région et demain dans de nouveaux réseaux de distribution.

Juste prix pour les producteurs

Depuis 2016, la betterave sucrière bio est expérimentée chez les producteurs partenaires du projet, ce qui a permis de déterminer un prix d’achat des betteraves rémunérateur pour les producteurs. En effet, cette culture est sensible à la concurrence des adventices et consommatrice d’éléments minéraux, ce qui a pour effet d’élever le coût de production. Il est donc important de rémunérer au juste prix le producteur pour ainsi inciter les agriculteurs à produire de la betterave sucrière en bio. Sébastien Lemoine, producteur bio dans le Cambrésis (59) très investi dans le projet, témoigne : «La betterave sucrière conduite en AB est gourmande en maind’oeuvre, notamment pour le désherbage manuel. Je préfère embaucher du personnel sur l’exploitation plutôt qu’investir dans un outil de désherbage mécanique qui me coûtera le même prix, c’est pour moi plus enrichissant et cela crée de l’emploi. Cependant, les betteraves doivent être payées au juste prix».

Bientôt une micro-sucrerie en Hauts-de-France

Mais le projet ne s’arrête pas là : une vingtaine d’acteurs régionaux et nationaux (organismes de recherche et développement, entreprises agroalimentaires, producteurs, transformateurs locaux, distributeurs, organismes de formation), soucieux d’inventer un nouveau modèle de production de sucre, s’organisent pour dessiner un modèle de micro-sucrerie. La mise au point de procédés d’extraction alternatifs et la motivation des entreprises à s’engager dans une filière reconnue «commerce équitable» laisse entrevoir à court terme la première sucrerie dédiée à cette filière unique en France. En attendant cet outil en région, les betteraves sont transformées en Allemagne dans une des dernières micro-sucreries d’Europe.

Un sirop déjà convoité et récompensé

France Cake Tradition, fabricant historique de gâteaux à Tourcoing (59) et partenaire de la première heure du projet, a développé un pain d’épices bio à base de ce sirop de betteraves : un défi récompensé par un Trophée de l’Excellence Bio, le 27 février dernier. Ce concours, organisé par l’Agence BIO et le Crédit Agricole, vise à valoriser les actions innovantes et exemplaires réalisées par la filière bio. Stéphane Debeunne, dirigeant de France Cake Tradition, explique : «Nombreuses sont les entreprises agroalimentaires qui cherchent à relocaliser leurs approvisionnements, notamment le sucre de canne bio. Pour notre pain d’épices, nous avons substitué le sirop de canne par du sirop de betterave. Nous avons ainsi le premier pain d’épices bio, plus riche en minéraux et issu d’une filière équitable et locale.» Ce pain d’épices sera disponible prochainement en magasins Biocoop et autre magasins spécialisés bio. De son côté, la brasserie paysanne de l’Artois (62), plus communément connue sous le nom de l’Epinette, a sorti la première bière bio 100% régionale. En effet, Mathieu Glorian, le malteur- brasseur-agriculteur a remplacé le sucre de canne bio, utilisé pour la refermentation, par du sirop de betterave bio. L’orge est issue de l’exploitation en agriculture biologique, le houblon bio des Hauts-de-France et maintenant un sucre bio local : une bière 100% bio régionale.

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