L'Oise Agricole 15 mai 2020 à 11h00 | Par Michael Hensch

Impacts du Covid-19 sur le comportement des consommateurs

La pandémie de Covid-19 a paralysé une très grande partie de la vie publique et sociale en France, notamment depuis le 17 mars, l'entrée en vigueur de l'état d'urgence sanitaire et des mesures de confinement. Dealabs, plateforme d'achat, a réalisé une étude auprès de 4.000 consommateurs afin d'analyser l'impact du coronavirus sur les comportements d'achat.

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Toutes les données brutes de l'enquête peuvent être consultées ici: https://mdz.me/enquete20.
Toutes les données brutes de l'enquête peuvent être consultées ici: https://mdz.me/enquete20. - © D.

Depuis le 17 mars, les consommateurs ont dépensé en moyenne 400,25 EUR en produits alimentaires et 51,86 EUR en produits d'hygiène. Un consommateur sur trois a acheté un article high-tech d'une valeur de 266,15 EUR et 39,2 % des consommateurs ont acheté un produit de divertissement d'une valeur de 83,17 EUR. Les principales conclusions de l'enquête Dealabs montrent que la consommation - contrairement à la vie publique - n'est pas au point mort. De plus, contrairement à ce que l'on pourrait penser, dans certaines catégories de produits, les comportements d'achat ont peu évolué.

Dépense des courses alimentaires

400,25 EUR, c'est le panier moyen pour les dépenses alimentaires des 4.000 consommateurs français interrogés par Dealabs au cours des quatre premières semaines de confinement. Les enseignes de distribution alimentaire ont ainsi pu bénéficier d'une augmentation significative de leurs ventes. 65,83 % des consommateurs ont augmenté leurs achats, et un consommateur sur six (16,58 %) déclare même avoir dépensé «beaucoup plus qu'avant».

Les dépenses sont d'ailleurs plus élevées chez les femmes (413,66 EUR) que chez les hommes (399,12 EUR). 70,57 % des femmes ont plus dépensé depuis le début de la crise, contre 65,26 % des hommes. Une femme sur cinq (21,52 %) déclare même avoir dépensé «beaucoup plus qu'avant». Chez les hommes, cette part est plus faible, ils sont 15,51 % à avoir réalisé «beaucoup plus» de dépenses alimentaires qu'avant.

Confinement oblige, les consommateurs se sont moins rendus dans les supermarchés durant les quatre premières semaines. Parmi les répondants, une personne sur deux (52,76 %) déclare moins faire ses courses qu'avant, et une personne sur sept (14,48 %) déclare même avoir «beaucoup moins» réalisé d'achats alimentaires. À l'inverse, seulement 23,86 % des personnes interrogées déclarent faire plus de courses qu'avant.

Les femmes sont plus réticentes à acheter : 61,86 % des femmes interrogées par Dealabs font moins de courses qu'avant, dont 17,72 % déclarent même le faire «beaucoup moins souvent qu'avant». Parmi les hommes, un répondant sur deux (51,0 %) réalise moins d'achats alimentaires, dont 13,9 % «beaucoup moins souvent qu'avant».

Concernant les lieux d'achat, peu de changements sont observés : 56,01 % des femmes interrogées par Dealabs et 63,95 % des hommes ont continué à s'approvisionner dans les mêmes endroits.

Au cours des quatre premières semaines, 93,25 % des consommateurs ont constaté qu'un produit qu'ils voulaient acheter était momentanément indisponible. Plus d'un consommateur sur deux (56,39 %) craint des problèmes d'approvisionnement dans l'alimentaire. Les femmes (60,28 %) semblent plus préoccupées par les pénuries alimentaires que les hommes (55,24 %). En revanche, les hommes semblent plus enclins à faire des stocks que les femmes.

Pour gérer leurs inquiétudes face à la pénurie de certaines denrées alimentaires, 17,13 % des hommes déclarent avoir déjà fait des réserves, contre 14,62 % des femmes. 10,97 % des femmes et 11,04 % des hommes avaient l'intention de faire des réserves alimentaires au moment de l'enquête. En revanche, 30,81 % des femmes et 27,99 % des hommes se sont renseignés sur les produits alternatifs.

Les dépenses pour les produits d'hygiène

Selon l'enquête, la pandémie en France n'a pas eu d'impact significatif sur le comportement des consommateurs dans cette catégorie de produits. 69,93 % des consommateurs interrogés par Dealabs déclarent dépenser autant qu'avant, 20,5 % ont plus dépensé en produits d'hygiène, et 15, 56 % déclarent avoir moins dépensé.

Les femmes ont en moyenne dépensé 49,52 EUR au cours des quatre premières semaines de confinement et les hommes, 53,07 EUR. Les dépenses en produits d'hygiène sont plus importantes chez les hommes, 20,54 % d'entre eux dépensent plus qu'avant, contre 19,31 % des femmes.

Seulement 2,77 % des hommes et 2,22 % des femmes déclarent «beaucoup plus» dépenser qu'avant. Contrairement à leur comportement d'achat dans l'alimentaire, la plupart des consommateurs n'ont jusqu'à présent pas changé la fréquence d'achat de produits d'hygiène. 64,26 % des consommateurs interrogés par Dealabs déclarent en avoir acheté «aussi souvent qu'avant». 15,3 % des consommateurs ont déclaré en acheter «plus souvent» et 20,44 % déclarent en acheter «moins souvent».

Les femmes ont moins dépensé dans cette catégorie de produits que les hommes. Une femme sur quatre (24,52 %), et un homme sur cinq (19,49 %), déclarent acheter «moins souvent» des produits d'hygiène. En revanche, 15,2 % des hommes, et 14,71 % des femmes, en achètent «plus souvent» depuis le début de la pandémie en France.

Peu de changement au niveau des lieux d'achat dans cette catégorie. 76,88 % des consommateurs interrogés ont déclaré avoir acheté ces articles aux endroits habituels. 10,96 % ont privilégié les achats en ligne, 9,14 % en supermarchés et 3,03 % en pharmacies.

14,42 % des consommateurs interrogés par Dealabs déclarent avoir acheté des produits en grande quantité notamment du papier toilette, et seulement 5,7 % envisageaient de le faire au moment de l'enquête. Cette préoccupation se retrouve notamment chez les femmes, 17,25% d'entre elles déclarent avoir fait des stocks pour les quatre premières semaines de confinement, contre 13,49% des hommes.

Parmi ceux qui ont fait des réserves ou qui prévoyaient d'en faire, 38,33 % l'ont fait parce qu'ils avaient constaté que les produits n'étaient plus disponibles, et 27,53 % ont fait des stocks parce qu'ils craignaient des difficultés d'approvisionnement.

Une très grande majorité des répondants déclarent ne pas avoir acheté de désinfectants au moment de l'enquête : 65,63 % des consommateurs interrogés par Dealabs - 64,4 % des femmes et 65,9 % des hommes. 26,54 % déclarent en avoir acheté et 5,68 % prévoyaient d'en acheter au moment de l'enquête. Principales raisons : 74,31 % estiment que le savon suffit, 37,01% pensent que les médecins et le personnel infirmier en ont beaucoup plus besoin qu'eux.

Les masques sont également peu utilisés au moment de l'enquête. 78,82 % des consommateurs interrogés par Dealabs ont déclaré ne pas avoir acheté de masque. 8 % avaient acheté un masque au moment de l'enquête et 11,39 % avaient l'intention d'en acheter un.

Jusqu'à présent, ce sont principalement les hommes (8,3 %) qui ont acheté des masques au cours des quatre premières semaines, contre 6,96 % des femmes. Cependant 12,66 % des femmes ont l'intention d'acheter un masque, contre 11,13 % des hommes. La majorité des consommateurs qui n'ont pas acheté de masques au cours des quatre premières semaines de confinement se sont abstenus d'en acheter un pour plusieurs raisons : parce qu'ils pensent que les médecins et le personnel infirmier en ont beaucoup plus besoin qu'eux (63,51 %), parce que les masques n'étaient plus disponibles (15,29 %), ou parce qu'ils les jugeaient «trop chers» (9,77 %).

Produits high-tech toujours en vogue

Un consommateur sur trois (33,84 %) a acheté un produit high-tech au cours des quatre premières semaines de confinement, et 7,37 % des consommateurs avaient l'intention de le faire au moment de l'enquête.

Les achats high-tech seraient plus importants chez les hommes (35,99 %) que chez les femmes (22,31 %). 7,35 % des hommes, et 6,33 % des femmes, envisageaient de faire un achat high-tech au moment de l'enquête. De même, les dépenses en produits high-tech sont plus élevées chez les hommes (271,21 EUR) que chez les femmes (233,49 EUR). De la mi-mars à la mi-avril, les smartphones et les écouteurs ont été particulièrement plébiscités par les consommateurs. 12,86 % des répondants qui ont effectué un achat high-tech se sont procuré un smartphone ou des écouteurs. Ce classement reflète le quotidien des Français qui passent beaucoup plus de temps à la maison. Après les smartphones et les écouteurs, les consoles occupent la troisième place (12,86 %) des meilleures ventes high-tech, suivies de près par les appareils ménagers tels que les aspirateurs (10,17 %) et les imprimantes (9,45 %).

Dans le reste du classement, on retrouve les appareils de cuisine (7,81 %), les ordinateurs portables (6,89 %), puis les souris d'ordinateur (6,5 %), les PC (6,17 %) et les écrans d'ordinateur (6,04 %).

Dans le secteur high-tech, la pandémie a eu peu d'impact sur les comportements d'achat. Un consommateur sur deux (50,33 %) ayant acheté un produit électronique au cours des quatre premières semaines a déclaré qu'il aurait dans tous les cas réalisé cet achat. Un consommateur sur quatre (26,77 %) a déclaré qu'il aurait «probablement» acheté le produit.

Et seulement un consommateur sur vingt (5,77 %) a répondu qu'il n'aurait pas acheté le produit si l'épidémie de Covid19 n'avait pas éclaté en France. En revanche, cette situation a plus particulièrement poussé les femmes à acheter un produit high-tech. À la question «auriez-vous acheté ce ou ces produit(s) si la crise n'avait pas éclaté en France ?», une femme sur sept (14,05 %) a répondu «non», contre 4,60 % chez les hommes. 23,24 % des femmes et 15,8 % des hommes ont répondu qu'ils n'auraient «probablement pas» réalisé ces achats. Le développement du télétravail a également joué en faveur des marchands high-tech : 6,94 % des femmes et 5,4 % des hommes ont déclaré avoir acheté un produit électronique spécialement pour le télétravail. De plus, 6,76 % des femmes et 14,07 % des hommes utiliseraient également cet article à titre personnel.

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